Procès Yé Yaké Camille : 3 millions F CFA par mois, mais des questions explosives sur l’origine des fonds

Le procès de Yé Yaké Camille et de ses co-prévenus s’est poursuivi ce jeudi 26 février 2026 au Tribunal de grande instance Ouaga I, marqué par de longues heures d’interrogatoire à la barre. Lydie Bonkoungou et Yé Yaké Camille ont tour à tour réaffirmé leur méconnaissance des faits qui leur sont reprochés.

Poursuivie pour complicité de détournement de deniers publics, Lydie Bonkoungou a rejeté en bloc les accusations. Elle soutient avoir simplement exécuté une tâche administrative relative à la prise en charge des participants à un atelier d’élaboration du rapport de performances 2023 du ministère de l’Action humanitaire.

Selon ses explications, elle aurait retiré un chèque afin de payer les participants. Un reliquat serait resté après les paiements, somme qu’elle dit avoir confiée à Kouka Dimanche Yaméogo pour conservation dans un coffre-fort, en attendant la disponibilité d’Amidou Tiegnan pour faire le point.

Lire également 👉Affaire des pagnes du 8 mars : Yé Yaké Camille face aux incohérences des témoins

Or, ces fonds seraient restés environ sept mois dans le coffre-fort du ministère, sans être restitués. Une situation qui a suscité l’incompréhension du procureur, lequel s’est interrogé sur les raisons d’une si longue conservation. À ce jour, les fonds seraient toujours conservés au ministère.

Interrogée sur sa situation patrimoniale, la prévenue, qui affirme percevoir un salaire mensuel de 187 000 FCFA, a répondu avec ironie à une question du procureur sur l’existence d’éventuels immeubles.  « Que Dieu t’entende ! », a-t-elle lancé, niant tout enrichissement.

Yé Yaké Camille maintient sa ligne de défense

Appelé à la barre à 11h45, Yé Yaké Camille, poursuivi pour blanchiment de capitaux et enrichissement illicite, a de nouveau nié catégoriquement les faits. « Je ne reconnais pas avoir détourné de l’argent. J’ai fait ma déclaration de patrimoine, et mes biens proviennent exclusivement de prêts bancaires et de mes activités de consultation », a-t-il déclaré.

Le prévenu a versé au dossier des pièces justificatives, notamment des contrats de consultance auprès de certaines entreprises. Le tribunal a toutefois insisté pour connaître avec précision ses revenus personnels.

Concernant l’auberge « Le Petit Baobab » à Boromo, dont le chiffre d’affaires cumulé serait estimé à 361 millions FCFA ces dernières années, il affirme percevoir entre 2 et 3 millions FCFA par mois en tant qu’actionnaire. Il précise que l’établissement aurait été construit pour un coût d’environ 300 millions FCFA.

Des montants qui ont suscité l’étonnement du procureur, lequel a relevé qu’un revenu annuel avoisinant 60 millions FCFA poserait question quant au recours à un nouveau prêt bancaire de 31 millions FCFA, en plus d’autres emprunts déjà contractés. Observation consignée au dossier à la demande du parquet.

Yé Yaké Camille a également indiqué avoir investi à Bagassi et à Borgho sur fonds propres, niant toute utilisation de deniers publics. Il a par ailleurs précisé que ses prestations à l’ENAM et à l’ENAREF couvriraient essentiellement ses frais de fonctionnement, sans générer d’importants bénéfices.

Daouda ZONGO (Stagiaire)

Burkina 24

Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page