Procès Yé Yake Camille : Adama Ramiba s’explique sur les bordereaux de livraison et les marchés de carburant

Le procès Yé Yake Camille et co-prevenus se poursuit ce mardi 03 mars au Tribunal de grande instance Ouaga I. A la barre, le témoin Adama Ramiba a apporté des précisions sur la gestion des bordereaux de livraison dans le cadre des marchés de carburant conclus entre le ministère de la Femme et la société Pluf.

Appelé à la barre, il a expliqué que ce n’est pas le ministère qui établit les bordereaux de livraison. « C’est la structure qui livre le carburant qui les établit. C’est cette seule structure qui peut dire tel bordereau est rattaché à tel marché. Je ne peux donc pas dire exactement que tel bordereau est lié à tel marché », a-t-il expliqué devant le tribunal.

Le témoin a également indiqué qu’à l’issue du contrôle mené en 2018 par l’ASCE-LC, aucun manquement n’avait été relevé dans sa caisse. Il a toutefois reconnu avoir signé de nombreux bordereaux de livraison, tout en précisant que certains documents ne portaient pas sa signature, notamment un bordereau de 55 millions FCFA présenté par le procureur.

Interrogé par le juge sur le marché de 115 millions FCFA, Adama Ramiba a déclaré n’avoir signé qu’un seul bordereau de livraison établi par avance, d’un montant de 10 millions FCFA, émis par la société Pluf de Ramata Bamba.

Il a expliqué que, dans la perspective du contrôle de l’ASCE-LC, il avait transmis le dossier au Directeur de l’administration et des finances (DAF), Billa Pasco, pour vérification. À son retour, le DAF lui aurait assuré que le dossier était complet, ce qui l’a conduit à le transmettre à l’ASCE-LC. Adama Ramiba a précisé avoir cru que le DAF avait complété le dossier avec les pièces manquantes.

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La défense a fait valoir que, pour le contrat de 40 millions FCFA, après déduction des charges, il resterait 36 millions FCFA. S’agissant du contrat de 115 millions FCFA, la déduction des charges ramènerait le montant à 106 millions FCFA. Ces éléments permettraient, selon elle, de déterminer la quantité réelle de carburant livrée au ministère. La sommation des bordereaux signés en 2016 atteindrait 124 millions FCFA, laissant, selon lui, un écart qui exclurait tout détournement.

Cette analyse est soutenue par le prévenu Billy Zongo, poursuivi pour complicité de détournement de deniers publics. Celui-ci a estimé que s’il y avait eu une volonté de détourner des fonds, cela aurait pu se faire sur les montants restants.

Pour le procureur, cette logique ne tient pas. « La conclusion de l’avocat n’est pas fondée », a-t-il déclaré, soulignant que les prévenus eux-mêmes ont reconnu qu’à la fin de l’année 2016, il subsistait un reliquat de 50 millions FCFA de carburant sur le marché de 115 millions FCFA, ce qui traduirait nécessairement une irrégularité assimilable à un détournement de deniers publics.

Soumane Wahab KARAMBIRI / Daouda Zongo (stagiaires)

Burkina 24

Rédaction B24

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