Burkina Faso : Yvette Mossé décrypte le traitement des PDI notamment par Burkina 24

Yvette Nadège Mossé a soutenu avec succès, le jeudi 2 avril 2026, son mémoire de master en Sciences de l’information et de la communication à l’Université libre du Burkina (ULB). Son travail, consacré à la représentation des Personnes déplacées internes (PDI) dans les médias en ligne, a été salué pour sa pertinence et sa rigueur scientifique.

Portant sur l’analyse des contenus publiés par les plateformes d’information LeFaso.net et Burkina 24 entre 2022 et 2024, l’étude met en lumière la manière dont ces médias construisent l’image sociale de ces populations vulnérables, souvent marginalisées dans le discours public.

S’appuyant sur une expérience personnelle marquée par une période sans domicile, l’impétrante a expliqué la genèse de son sujet. « Je voulais comprendre comment les PDI sont perçues et représentées par la société à travers les médias », a-t-elle précisé.

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Les résultats de ses recherches révèlent une évolution notable dans le traitement médiatique. Initialement présentées comme des victimes dépendantes de l’aide humanitaire, les PDI font progressivement l’objet de récits mettant en avant leur résilience et leurs efforts de réinsertion, notamment à partir de 2023.

« Au début, elles étaient surtout montrées comme des victimes dépendantes de l’aide humanitaire. Mais depuis 2023, certains articles valorisent des profils résilients et réinsérés », a précisé l’impétrante.

Toutefois, Yvette Mossé recommande aux médias de renforcer cette dynamique en donnant davantage la parole aux personnes concernées et en privilégiant des formats immersifs capables de mieux restituer leur vécu.

Le jury, présidé par le Dr Régis Balima et composé du Dr Cyriaque Paré en qualité de rapporteur, a attribué à la candidate la note de 16/20, avec la mention Très bien.

Le jury
Le jury

Saluant la qualité du travail, le président du jury a souligné la capacité de l’impétrante à « allier théorie et pratique », tout en valorisant son expérience de terrain sur un sujet sensible d’actualité nationale.

De son côté, le rapporteur a rappelé les contraintes auxquelles font face les professionnels des médias au Burkina Faso, notamment en matière d’accès au terrain pour des raisons sécuritaires et législatives. Il a, à cet effet, invité à nuancer les critiques sur le recours fréquent aux sources institutionnelles.

« Il faut rappeler que l’accès au terrain est souvent limité pour des raisons sécuritaires et législatives. On ne peut pas reprocher aux médias d’utiliser essentiellement les communiqués de presse », a-t-il souligné.

Émue à l’issue de sa soutenance, Yvette Mossé a exprimé sa gratitude envers ses encadrants et ses soutiens. Elle ambitionne désormais de contribuer à un traitement médiatique plus humain et inclusif des populations vulnérables au Burkina Faso.

Soumane Wahab KARAMBIRI et Daouda ZONGO (stagiaires)

Burkina 24

Rédaction B24

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