Proche-Orient : Dominique de Villepin appelle à une « normalisation » d’Israël et à un sursaut diplomatique français
L’ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin, a récemment livré une analyse sans concession de la situation au Proche-Orient, appelant Israël à se comporter comme un « État normal » et la France à reprendre son rôle de leader pour la paix, renseigne BFMTV.
Dans un entretien, Dominique de Villepin a estimé qu’il est impératif qu’Israël dispose désormais de frontières reconnues et fixes. Il a critiqué vivement la propension actuelle du pays à s’affranchir de ces limites pour envahir, selon son bon vouloir le Sud-Liban ou la Syrie.
Pour l’ancien diplomate, la stratégie consistant à multiplier les « États faillis » dans la région pour faciliter les interventions militaires est un pari dangereux qui s’oppose à la règle de droit international.
Un constat d’« inacceptable » à Gaza et au Liban
Le jugement de Dominique Villepin sur les opérations militaires en cours est sans équivoque. Ce qui se passe à Gaza, en Cisjordanie et au Liban est jugé « inacceptable ». Il a exhorté le président français à dénoncer ces actes avec fermeté et clarté, tout en prenant la tête d’une coalition d’États pacifiques européens. Selon lui, même les États du Golfe finiront par réaliser qu’ils sont entraînés vers une catastrophe, leur modèle économique fondé sur la stabilité financière étant incompatible avec ce cycle de violence permanent.
Dominique de Villepin a souligné que la puissance militaire ne peut rien si elle n’est pas guidée par des objectifs politiques clairs. Au contraire, une puissance qui « ne sait pas où elle va » finit par mobiliser contre elle le ressentiment des peuples et nourrir des esprits de revanche à travers le monde. Il déplore que ce message, qu’il porte depuis 25 ans, ne soit toujours pas entendu par les dirigeants actuels.
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Enfin, l’ancien ministre de l’Intérieur pointe du doigt ce qu’il considère comme une forme d’aveuglement dans la direction de la France. Il a rappelé les précédents de la guerre en Libye et au Sahel, qualifiant ces interventions d’échecs cuisants où la France n’a compris la nécessité de partir qu’après avoir reçu un « coup de pied derrière » de la part des Africains. Pour lui, il est urgent de tirer les leçons de ces erreurs passées pour éviter de nouvelles impasses diplomatiques




