Économie informelle au Burkina Faso : Ouverture des 72 heures sous le signe de la formalisation et du consommer local

La première édition des « 72 heures de l’économie informelle » du Burkina Faso a été officiellement lancée ce mardi 14 avril 2026 à Ouagadougou. Initiée par le Conseil national de l’économie informelle, cette rencontre vise à promouvoir la structuration d’un secteur qui occupe une place prépondérante dans l’économie nationale.
Dans la dynamique de cette cérémonie, le président du Conseil national de l’économie informelle du Burkina Faso, Salif Nikiema, a mis en avant les objectifs de cette première édition, notamment la valorisation des produits locaux et le renforcement des échanges entre acteurs venus de différentes régions du pays.

« Produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons », a-t-il indiqué, appelant à une meilleure organisation du secteur et à une ouverture vers les marchés extérieurs. Il a également souligné la dimension citoyenne de l’événement à travers des actions sociales, notamment un don de sang au profit des forces de défense et de sécurité ainsi que des volontaires pour la défense de la patrie.
Au-delà des activités prévues durant ces trois jours, il a invité les acteurs à poursuivre la réflexion au-delà de l’événement, estimant que 72 heures ne suffisent pas pour transformer durablement le secteur.

Présent en qualité de parrain, Roland Achille Sow, président de la délégation consulaire de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso, a rappelé l’importance stratégique du secteur informel dans l’économie nationale. Selon lui, ce secteur représente environ 90 % de l’économie et 55 % du produit intérieur brut, tout en appelant à un accompagnement renforcé des acteurs.
Lire également 👉Burkina Faso : Musulmans et chrétiens unis dans une rupture de jeûne pour la paix
« La norme, c’est la formalisation », a-t-il affirmé, réitérant l’engagement de la Chambre de commerce à soutenir la transition vers des activités structurées.

Dans le discours du chef du gouvernement représenter par Mathias Traoré, ministre en charge des serviteurs du peuple, a salué une initiative qui contribue à la promotion et à la formalisation du secteur informel , tout en rappelant le poids de ce secteur dans l’économie nationale, estimé à environ 93 % de la main-d’œuvre et 30 % du PIB.
Il a insisté sur la nécessité du civisme fiscal, affirmant que « payer l’impôt, ce n’est pas une contrainte, c’est un acte de patriotisme », avant de réaffirmer la formalisation comme levier de sécurité économique, d’accès au financement et de développement durable.
En marge de l’événement, une foire est organisée à la Place de la Nation à Ouagadougou. Elle met en lumière le savoir-faire local à travers une diversité de produits issus de plusieurs régions. Les visiteurs peuvent notamment découvrir des produits alimentaires tels que le soumbala ou le poisson fumé de Bagré, ainsi que des articles d’artisanat, dont des accessoires en cuir, des objets en koko donda, des pagnes tissés et des fours artisanaux.
Aurelle KIENDREBEOGO
Burkina 24




