Le Sénégal veut mobiliser l’armée pour former sa jeunesse à la citoyenneté
Les autorités sénégalaises ont fait le pari de l’école comme premier rempart contre la désaffection civique, et ce, face aux défis d’insertion professionnelle et de cohésion sociale d’une jeunesse majoritaire et sous-employée.
Le ministère de l’Éducation nationale (MEN) au Sénégal veut faire de l’école un creuset de formation civique et comportementale. Pour ce faire, le mercredi 13 mai à Thiès, il a été procédé au lancement officiel d’un partenariat le liant au ministère des Forces armées (MFA).
La cérémonie s’est tenue en présence du ministre Birame Diop des Forces Armées et du Secrétaire Général du ministère de l’Éducation nationale, Pape Malick Ndao.
Les deux ministères entendent transmettre aux élèves « les valeurs de civisme, de discipline, de responsabilité et d’esprit de défense », aux côtés des savoirs académiques. L’ambition affichée est de contribuer à « l’émergence d’une culture de paix et de prévention, durablement ancrée au sein des établissements scolaires ».
Cette convergence institutionnelle s’inscrit dans le concept « Armée-Nation », qui traduit « la longue tradition de collaboration des Forces armées avec l’ensemble des franges de la société sénégalaise ». La conviction partagée est que « la construction du Sénégal de demain passe nécessairement par une jeunesse engagée, consciente de ses devoirs envers la nation », selon le texte officiel formalisant cette convention entre les deux (2) ministères.
Cette initiative intervient alors que le Sénégal fait face à des défis structurels. Selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), 34,4 % des 15-24 ans n’étaient ni en emploi, ni en éducation, ni en formation au premier trimestre 2024. Le Programme des Nations unies pour le développement relève que 75 % de la population a moins de 35 ans.
Le chômage, la migration et la sous-représentation politique pèsent lourd sur cette jeunesse. De 2021 à 2024, les rues sénégalaises ont régulièrement servi d’exutoire à une génération en quête de reconnaissance. Le gouvernement mise désormais sur l’école pour reconnecter cette génération à ses institutions.




