FESTIC 2026 : Ouagadougou célèbre les identités culturelles africaines face à la mondialisation

La 7e édition du Festival des Identités Culturelles (FESTIC) s’est officiellement ouverte le jeudi 14 mai 2026 à Ouagadougou. Placée sous le thème « Les identités culturelles à l’ère du village planétaire », cette édition réunit plusieurs délégations venues du Burkina Faso et d’autres pays africains autour d’activités artistiques, cinématographiques et culturelles destinées à promouvoir le dialogue interculturel, la paix et le vivre-ensemble.
Pendant cinq jours, le quartier Ouidi devient le carrefour des cultures africaines. Initié par le Cinéma Numérique Ambulant Afrique (CNA-Afrique), le FESTIC entend offrir un espace de rencontre entre les communautés à travers le cinéma, les arts, les traditions et les échanges culturels.
Le coordonnateur du CNA-Afrique et président du Cinéma Numérique Ambulant Burkina, Wend-Lassida Ouédraogo, a rappelé l’ambition du festival, qui est de renforcer la cohésion sociale et de valoriser les patrimoines culturels africains.
« Nos cultures constituent notre mémoire collective, notre richesse et notre identité », a-t-il affirmé, soulignant qu’elles représentent également un puissant levier d’éducation, de paix, de développement et d’intégration entre les peuples.

Selon lui, le thème retenu cette année invite les populations à réfléchir sur la nécessité de préserver les langues, les traditions et les valeurs africaines face aux effets de la mondialisation et à l’uniformisation culturelle.
Le festival propose une programmation diversifiée mêlant concerts live, projections cinématographiques, danses traditionnelles, expositions artisanales, espaces gastronomiques, concours artistiques, caravanes culturelles et rencontres communautaires. Au total, vingt-sept films issus de seize pays sont projetés durant cette édition.
Parmi les temps forts annoncés figurent également un panel sur les enjeux des identités culturelles prévu à l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM), une master class autour du film « Sarraounia », animée par la professeure Antoinette Tidjani de l’Université Abdou Moumouni du Niger, ainsi qu’une « Nuit de la Résilience » mettant à l’honneur la communauté bissa.
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Le coordonnateur du festival a aussi présenté plusieurs innovations introduites cette année. Il s’agit notamment d’un atelier d’écriture de contes destiné aux enfants afin de promouvoir l’éducation artistique et culturelle en milieu scolaire, mais aussi de projections délocalisées dans certaines zones pour permettre à d’autres communautés de bénéficier des films programmés.
« Notre ambition, c’est de faire rencontrer les communautés afin qu’elles se connaissent mieux pour mieux envisager le vivre-ensemble », a expliqué Wend-Lassida Ouédraogo. Autre innovation majeure : une exposition consacrée aux anciens combattants, en plus des activités dédiées à la promotion de la paix et de la résilience communautaire.

Livrant le discours du ministre en charge de la Culture, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, Dr Adama Segda a insisté sur les enjeux liés à la mondialisation culturelle. Selon elle, les sociétés contemporaines doivent relever un double défi : s’ouvrir au monde tout en préservant leurs repères culturels fondamentaux.
« La modernité ne doit pas être synonyme d’effacement culturel ; au contraire, elle doit permettre à chaque peuple de mieux affirmer sa singularité et de valoriser son patrimoine », a-t-elle déclaré.
Pour les autorités culturelles, le FESTIC constitue aujourd’hui un véritable cadre de promotion du dialogue, de la tolérance et du rapprochement entre les peuples. À travers ses projections, ses espaces de débats et ses activités artistiques, le festival contribue à renforcer la compréhension mutuelle entre les communautés.
Dans un contexte mondial marqué par les replis identitaires et les fractures sociales, les organisateurs et les autorités présentes voient dans la culture un outil de résilience, de médiation et de construction d’un destin commun.
Aurelle KIENDREBEOGO
Burkina 24




