De l’assistance à l’autonomie : Comment l’Action Sociale transforme la vie des jeunes à Orodara

Le jeudi 21 mai 2026, une visite a été effectuée au sein des structures déconcentrées et des centres partenaires du Ministère de la Famille et de la Solidarité dans la commune de Orodara. Ce suivi sur le terrain a permis de constater les actions menées en matière de prise en charge, de formation et de réinsertion socio-professionnelle des personnes vulnérables dans cette localité.
La Maison de l’Enfance de Orodara (MEO) est un complexe social qui assure l’accueil, l’encadrement, l’éducation et la réinsertion des enfants et jeunes en difficulté.
Au-delà de l’encadrement quotidien, l’État y déploie actuellement de grands moyens financiers pour moderniser les capacités d’accueil.

Selon son directeur chargé de l’exécution des affaires courantes, Salfo Karanga, l’établissement bénéficie actuellement de la construction de logements.
« Il fallait des dortoirs dignes de ce nom pour abriter, accueillir et héberger nos enfants », a-t-il précisé.

Ces nouveaux bâtiments en chantier visent à offrir une centaine de places afin de remplacer des infrastructures vieillissantes et d’améliorer les conditions d’hébergement des pensionnaires.

Le centre prend en charge des enfants déplacés internes et des mineurs en difficulté. Les charges liées au fonctionnement, au personnel et aux équipements sont entièrement assurées par le Ministère.

Les prestations incluent l’insertion socio-professionnelle, comme l’illustre Vincent Traoré. Cette politique de soutien se prolonge jusqu’à l’autonomie des jeunes via l’octroi de bourses de subsistance et de matériel de démarrage. Après sa formation à la MEO et l’obtention d’un kit d’installation complet comprenant un poste à souder et une meuleuse, il a ouvert son atelier.

« Grâce à la MEO, j’ai pu apprendre beaucoup de choses. Je suis fier d’avoir fait ma formation là-bas », a confié l’ex-pensionnaire. Il dirige aujourd’hui son propre atelier à Orodara, où il exerce de manière autonome, emploie désormais deux personnes permanentes et accueille dix jeunes durant les vacances.

Au secteur 3, le parcours d’Aminata Coulibaly dirige l’atelier « Zégué Couture ». Son histoire illustre la flexibilité des mécanismes de secours du ministère, qui s’adaptent à l’évolution de l’enfant. Orpheline prise en charge par l’Action Sociale dès le CP2, elle a d’abord bénéficié d’allocations de scolarité via le Fonds National de la Solidarité, couplées à une assistance nutritionnelle et médicale.

À sa sortie du système scolaire, l’Action Sociale a réorienté son accompagnement en finançant son apprentissage où elle a suivi huit ans d’apprentissage. En 2016, après l’obtention de son diplôme, l’Action Sociale l’a accompagnée pour lui fournir les ressources nécessaires à l’ouverture de son propre atelier.
« C’est l’Action sociale qui m’a aidé à ouvrir mon atelier. Je n’ai pas les mots pour les remercier », a-t-elle témoigné. Elle encadre aujourd’hui seize apprenants et a déjà formé d’autres jeunes désormais installés à leur propre compte.

Pour des structures comme la Société Coopérative Simplifiée « Wili Ka Taama », au secteur 6, l’appui des autorités prend une forme plus institutionnelle et partenariale. Présidée par Mme Ouédraogo Sidpayete Scholastique, cette organisation spécialisée dans le Faso Danfani exerce dans le textile depuis 1978 et forme environ 500 femmes.

La Direction Provinciale accompagne la structure par le placement prioritaire de filles vulnérables, notamment des déplacées internes, des filles déscolarisées et des victimes de violences, tout en injectant des ressources sous forme de dotations en métiers à tisser, de formations en leadership et d’appui technique pour l’installation des membres en fin de cycle.

Cette approche se standardise au sein de l’Hôtel Maternel d’Orodara, un établissement public rattaché à l’Institut Deen Kanu (IDK) et placé sous la tutelle directe du Ministère pour assurer la protection d’urgence. Ici, l’action gouvernementale se traduit par la mise à disposition de 30 agents qualifiés et le financement d’un protocole de soins complet, incluant l’ouverture d’une classe multigrade interne pour garantir le droit à l’éducation.

Sa directrice, Siapri Mireille OUEDRAOGO / KOULIBALY, a souligné, « Chaque enfant, quelle que soit son histoire, a droit à une seconde chance et à un accompagnement vers la reconstruction ». L’établissement compte 61 pensionnaires et utilise des outils comme les arts du cirque pour la résilience.

La Direction Provinciale de la Famille et de la Solidarité dirigée par Fatoumata Béné, assure la mise en œuvre et orchestre ces différents leviers sur le terrain. « Nous suivons régulièrement ces bénéficiaires pour leur donner des conseils afin qu’elles soient véritablement économiquement autonomes », explique-t-elle.
La sélection repose sur des critères de vulnérabilité précis, incluant l’aide technique et l’appui aux Activités Génératrices de Revenus (AGR) et la gestion du fonds d’assistance pour la scolarité des orphelins, avec des bourses annuelles s’ajustant aux frais du primaire et du secondaire.
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Akim KY
Burkina 24




