Hommages à Atta-Mills: Faites comme lui! De loin le meilleur hommage que vous puissiez lui rendre

Ils étaient un grand nombre de chefs d’États à s’incliner devant le cercueil du défunt et regretté (c’est le lieu de le dire) John Evans Atta-Mills. Nombreux à dire du bien de lui. Pas parce qu’il n’est plus et qu’en Afrique on a coutume de toujours dire du bien des défunts. Non. Mais parce qu’il a vraiment été intègre, vertu si rare dans le landernau politique africain. Mais combien ont fait ce geste et dit ces choses en hommage à ce grand homme, de façon hypocrite?

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Ce vendredi, plusieurs délégations étrangères et presque la totalités des chefs d’État de la sous-région présentes au Ghana, rendaient un dernier hommage à John Evans Atta-Mills, décédé brutalement le 24 juillet. Cette disparition a créé un sentiment profond de perte, au-delà de son pays le Ghana, pour toute la sous-région ouest-africaine et le continent. Succession apaisée,  élections relativement plus transparentes, système de gouvernance acceptable et efficace. Autant d’éléments, nécessités par la démocratie et qui conditionnent le développement d’un pays que l’on peut relever dans le modèle démocratique ghanéen. Tenez: en deux décennies, le règne d’un seul président ailleurs, le Ghana aura vu quatre chefs d’États se succéder à sa tête.

A l’occasion des funérailles, un citoyen ghanéen se vantait à juste titre de ce modèle de démocratie et de maturité politique en faisant remarquer que quelques heures après le décès du président Atta-Mills, sa succession intérimaire s’était passée sans bruit, dans l’attente des élections de décembre. On se doute bien qu’ailleurs, elle aurait été une fois de plus une pomme de discorde pour laquelle, membre d’une même famille politique, opposants prêts à tout pour parvenir aux manettes, et militaires se seraient illustrés dans des coups de Jarnac politiques ou des coups d’États insensés.

Loin de ces détestables images que donnent du continent des chefs d’États aux règnes interminables, dont les systèmes de gouvernance favorisent plutôt la paupérisation de leurs populations, en quelques années, le président John Atta-Mills a su imprimé une image d’un président intègre, soucieux du bien de son peuple, et laissé la mémoire d’un homme de paix.

On ne peut donc que s’indigner de cette attitude de nos chefs d’États devant la mémoire de leurs pairs qui, malgré le peu de temps passé au pouvoir, ont réussi à faire progresser la démocratie sur le continent. De pieuses courbettes de religieuses devant le cercueil d’un grand démocrate ce vendredi! Que de belles expressions laudatives dans le livre de condoléances on n’imagine! Tout simplement une attitude à limite de l’hypocrisie qui n’est jamais suivie d’effets.

Et pourtant, suivre ces exemples qu’ont laissés des grands hommes, disparus ou qui ont simplement céder la place à d’autres à la tête du pouvoir, aurait été la meilleure façon de leur rendre hommage. Le meilleur hommage et le grand service que nos chefs d’Etats peuvent rendre, respectivement à ce grand démocrate de John Atta-Mills et à la démocratie africaine, c’est d’imiter son modèle.

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Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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