Situation à Dédougou : Cri de cœur d’un gendarme blessé lors des attentats du 15 janvier

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Les attentats terroristes du 15 janvier 2016 qui ont frappé Ouagadougou ont fait des victimes au sein des Forces de défense et de sécurité. Parmi elles, un  élément de l’Unité spéciale de la gendarmerie nationale burkinabè. Son identité avait été cachée jusque-là. Mais les évènements de Dédougou où des manifestants ont menacé de  s’en prendre aux familles de gendarmes l’ont fait sortir de son silence.

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Relwende operationC’est sur les réseaux sociaux, précisément Facebook, que Relwend Guy Ouédraogo, Maréchal de logis chef (MDL-Chef), a décidé de porter son coup de cœur. Il y a posté sept photos le représentant dans plusieurs postures, dont la plus choquante est sans doute ce pied amputé au tibia et présentant un moignon encore à vif.

Le 15 janvier 2016, alors que des terroristes faisaient pleuvoir le feu et la mort sur Ouagadougou, le MDL-Chef, membre de l’Unité spéciale  de la gendarmerie nationale, s’est porté volontaire sur le terrain. Il n’était pas de service ce jour-là. Il le raconte sur son compte Facebook:

« J’ai perdu ma jambe une nuit du 15 janvier 2016. Une nuit où je n’étais même pas de service. Une nuit où je m’apprêtais  à sortir avec ma femme et un collègue pour prendre un pot. J’ai répondu volontairement à l’appel car j’ai pensé qu’un père, qu’une mère, un frère, un ami, un cousin,  un collègue,  bref un « BURKINABE » serait en train de succomber aux balles de terroristes.

J’ai eu peur mais je me suis dit qu’en tant que gendarme,  je dois affronter ceux qui menacent la population burkinabè, ma population,  même au péril de ma vie. Voilà aujourd’hui encore je souffre de cette amputation ».

La gendarmerie avait en effet annoncé à l’époque que le soldat «avait pris des balles au tibia après des échanges (de tirs) avec les terroristes autour 20h50 ». Depuis, l’anonyme  héros était retombé dans l’oubli, après l’émoi suscité sur les réseaux sociaux.

Mais depuis janvier 2016, le MDL-Chef Ouédraogo ne semble pas être sorti de l’auberge de ses peines. Il le raconte dans son écrit, qui a déjà été partagé près de 1 000 fois :

« Je ne suis pas tiré d’affaire car il a été découvert une infection et je suis hospitalisé de nouveau après une seconde intervention du moignon ».

La gendarmerie nationale, et d’une façon générale, l’armée, est connue pour sa « pudeur » et son mutisme. Mais pourquoi  Relwend Ouédraogo a-t-il décidé de braver cette règle de l’omerta, apparemment contre le gré de ses supérieurs ? L’intéressé répond lui-même :

« Au vu des évènements de Dédougou où des domiciles de mes collègues ont été saccagés, je me sens obligé de faire ces publications, n’en déplaise  à mes parents, mes supérieurs et d’autres personnes pour exprimer d’abord, ma solidarité à tous les gendarmes et ensuite, mon indignation face aux agissements de la population de Dédougou.

Si vous vous en prenez à nos familles, vous vous en prenez à vous-mêmes. Et sachez que demain, on ne le souhaite pas, mais Dédougou peut être menacé par des attaques terroristes et vous ne verrez aucun FDS (élément des Forces de défense et de sécurité, NDLR) qui se fera couper la jambe pour vous. Que Dieu protège mon cher pays le BURKINA FASO ».

Par cette publication, le MDL-Chef Relewend Guy Ouédrago dit vouloir faire comprendre aux Burkinabè «le sens de la mission première des FDS : protection de la nation ».


Le message du MDL-Chef Ouédraogo

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Un message qui a  déjà suscité près de 100 commentaires, majoritairement de compassion.  A noter que la gendarmerie nationale a essuyé au moins quatre morts dans l’exercice de leurs fonctions en 2015 (deux à Samorogouan, un à Oursi et un à Tin-Abao). Plusieurs blessés sont quotidiennement enregistrés.

Synthèse de Abdou ZOURE

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Abdou ZOURE

Abdou Zouré, journaliste à Burkina24 de 2011 à 2021. Rédacteur en chef de Burkina24 de 2014 à 2021.

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