Ouagadougou : Les maires d’arrondissement incapables de «s’acheter un simple bic »

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Le groupe municipal de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) de Ouagadougou dénote des incohérences dans la gestion du budget de la mairie centrale et dénonce ce qu’il qualifie de « réduction », voire « suppression » du champ d’action du conseiller d’arrondissement. Toute chose qui le rendrait « incapable » de transmettre les préoccupations des populations de son secteur. Pour lui permettre de jouer sa partition pour le développement, les élus municipaux recommandent la relecture de la loi portant attributions des collectivités locales pour donner plus d’autonomisation à la base.

Des incohérences dans la répartition du budget

Présidé par Jean Léonard Bouda et composé de sept  membres, le groupe municipal de la commune de Ouagadougou a indiqué avoir relevé des « incohérences » dans la gestion du budget par le maire central Armand Béouindé. Le groupe trouve qu’accorder 1 343 686 700 francs CFA soit 5,14%  du budget de 25 915 677 413 francs CFA aux études de projets « n’est pas opportun » en raison de l’existence d’une direction des études, des statistiques et de la planification.

De l’autre côté, consacrer « seulement » 167 168 860 soit 0,6%  à la jeunesse et à l’emploi et 178 620 500 francs à la communication témoignent selon les conférenciers d’une « offense et d’un mépris aux sacrifices » consentis par les jeunes lors de l’insurrection d’octobre 2014 et de la résistance au putsch de septembre 2015.

Analysant le décaissement de 76 350 000 soit 0,3% du budget pour les œuvres sociales revient selon le groupe municipal de l’UPC à demander aux personnes vulnérables de quitter la ville de Ouagadougou sous la gouvernance du MPP.

En plus des incohérences dénotées, le président du groupe Jean Léonard Bouda trouve que décaisser 56 millions  de F CFA pour le fonctionnement de chaque arrondissement et 15 millions pour l’investissement « réduit, voire supprime le champ d’action du conseiller qui devient incapable de transmettre les préoccupations des populations de son secteur à la mairie de Ouagadougou ».

Le constat se résume selon lui à une « léthargie » dans certains arrondissements. « C’est même le calme plat et laxiste » dans les mairies d’arrondissements sous la  gestion du parti au pouvoir après 9 mois d’exercice « où les maires ne savent que faire de leur mandat », caricature Jean Léonard Bouda. Ce qui n’est pas le cas selon lui dans les arrondissements 3, 5, 6, 7 et 11 tenus par l’UPC et ses alliés où l’opinion publique ouagalaise peut « faire la différence entre les actions et les propos ».

La concentration des pouvoirs entre les mains du maire central Armand Béouindé inquiète les conseillers de l’UPC qui disent constater avec amertume que « les maires d’arrondissements n’ont aucune capacité d’agir sur le terrain ». Pas « même pour s’acheter un simple bic », assure-t-il. Face à cette incapacité à agir du fait des dispositions de la loi portant organisation des collectivités, le groupe municipal de l’UPC se contente d’utiliser la dénonciation et la critique, seules armes légales à sa disposition.

Ils nourrissent l’espoir que les législateurs procèdent à la relecture de celle-ci pour intégrer les propositions et obtenir « une loi qui donne plus d’autonomie à la base ». Pour son président Jean Léonard Bouda, c’est ainsi qu’il sera possible de faire décoller le développement local à partir de la base et non à partir du cabinet et des organes techniques d’un maire central.

Confier le plan de développement à deux sociétés privées c’est « comme si les conseillers élus par les populations sont incapables de penser un plan de développement local à partir des besoins des populations », s’indigne Jean Léonard Bouda.

Oui KOETA                             

Burkina24

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