Pérégrinations de Bélélé | Citoyenneté : Rapport à la culture et implications

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Un citoyen est celui « qui participe au pouvoir » dans une cité. Et une cité est une « collectivité de citoyens » sur un territoire, a défini Aristote.

Dans la société moderne, la citoyenneté peut se définir comme étant la qualité d’une personne qui remplit correctement ses devoirs et jouit de ses droits politiques vis à vis de l’état ou de la nation, administrée par un gouvernement qui est l’organe dirigeant de l’Etat. Être citoyen implique donc que l’on fasse partie d’un corps politique, d’un État. Que l’on ait dans ce corps politique des droits et des devoirs.

Connaître son histoire et sa culture pour être bon citoyen

Si être citoyen engage l’individu à la non-ignorance du cadre légal de ses droits et devoirs, cela l’implique davantage dans la marche même de sa société d’où la nécessité de connaître l’histoire, les mœurs et la culture de cette société. Dans certaines démocraties occidentales comme l’Allemagne, le droit à la citoyenneté pour les « étrangers » est conditionné par des cours d’intégration devant enseigner au postulant l’histoire, l’économie, la culture, etc. du pays avec à la clé une évaluation finale.

La citoyenneté « participative » ne peut donc être une réalité que dans un milieu social où il existe la connaissance de l’histoire et de la culture du pays à tous les niveaux. Ceci mettra fin certainement au manque d’impact des différentes tentatives de changements.

Participation citoyenne, socle de la bonne gouvernance

Pour que la communauté s’enrichisse il faut que l’individu s’affirme. Certes, il n’est plus envisageable, aujourd’hui, de faire de la politique comme par le passé car le citoyen a évolué et souhaite être acteur des décisions concernant son avenir. Mais il faudra sans doute beaucoup de volonté, voire de fermeté, pour passer outre les routines et les multiples obstacles de situations ancrées dans les habitudes, la participation citoyenne.

Pr Abdoul Salam Fall, sociologue, formateur au CRL YALI explique que la citoyenneté signifie conquérir le pouvoir d’agir par le bas, exercer un contrôle citoyen sur tout pouvoir, ne pas subir des décisions pour nous sans être consulté et associé. Cela ne veut pas dire que les délégataires de pouvoir n’ont pas la décision. Ils ont bel et bien le pouvoir mais ils sont redevables. Ils doivent rendre des comptes. Dans une démocratie représentative, les délégataires ont le droit de savoir, d’être consultés et impliqués pour s’évaluer et progresser

La morale dans la citoyenneté

La citoyenneté trouve ces racines dans l’éthique qui vise à bâtir des valeurs, de former des cadres et institutions de formulation, de suivi et d’évaluation de visions sociétales.

Les valeurs ne sont pas que celles héritées, fussent-elles fortement référentielles. Elles sont pareillement celles qui se construisent au gré de l’évolution du vivre en commun, des consensus qui se forgent et de l’expression plurielle qui fait notre humanité agissante et projetée sur le futur. « Les valeurs deviennent ainsi des objectifs à atteindre, des idéaux à réaliser », explique Pr Fall.

À l’échelle individuelle, nos actions sont autant de moyens d’actualiser nos valeurs. À l’échelle collective, l’imposition de règles est aussi un moyen de réaliser l’idéal partagé; les actions qui vont dans le sens de l’idéal deviennent des devoirs, des obligations. La citoyenneté active est la condition de la participation ; tandis que la participation crée les conditions de la démocratie effective.

Jérôme William BATIONO

Chroniqueur pour Burkina24


Les Pérégrinations de Belélé est une chronique hebdomadaire, éponyme de son auteur, Belélé Jérôme William Bationo. A travers cette rubrique qui se veut un  voyage autour de plusieurs thèmes (société, développement, politique, culture, environnement, etc.), il veut à travers plusieurs billets de partager avec les lecteurs de Burkina24 son expérience issue de ses formations académiques et continues, de ses lectures et de son parcours de journaliste, consultant média. Les Pérégrinations de Belélé se veulent donc éclectiques et ouvertes au débat contradictoire pour un réel partage d’idées.

 

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