La carte consulaire « demeurera un document d’identification de nos compatriotes »

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A l’image du permis de conduire qui ne figure plus parmi les documents de votation, ce qui ne lui enlève pas sa fonction de pièce exigée pour le conducteur, le gouvernement dit ne pas mettre en danger les Burkinabè vivant à l’étranger á travers  son choix de ne pas autoriser la carte consulaire comme document de votation.

Présent au cinquième point de presse du gouvernement ce 2 août  2018, le ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation Siméon Sawadogo s’est voulu rassurant sur le sujet. Une fois de plus après l’étape de l’Assemblée nationale, il a évoqué le circuit parallèle de confection de cartes consulaires qui avait fait l’objet du déplacement du ministre des affaires étrangères d’alors en Côte d’Ivoire pour mieux cerner les difficultés qui se posaient en 2013.

Le choix de « rationnaliser », le gouvernement le lie au nombre de documents de votation qui atteignaient le chiffre de huit. Au cours des débats en commission à l’Assemblée nationale qui ont été précédées des concertations entre le pouvoir et l’opposition, tous se sont accordés sur les documents à utiliser pour l’exercice du droit de vote : la carte nationale d’identité burkinabè et le passeport.

Le député Zerbo Moussa, secrétaire général de l’UPC, a lu les conclusions de la Commission de l’éducation, de la santé, de la jeunesse, de l’emploi, des affaires sociales et culturelles (CESJEASC) qui a donné un « avis favorable » avant de préciser : « ce qui n’est pas mon avis » provoquant au passage des rires dans la salle de la plénière avant l’adoption du code électoral.

En conférence de presse le lendemain 31 juillet, le député était revenu sur le retrait des députés membres des groupes parlementaires UPC, CDP et PJRN juste avant l’adoption du code par l’assemblée. « (…) Vous allez en Côte d’Ivoire avec votre CNIB (Carte nationale d’identité burkinabè, ndlr), c’est nul et caduc ! Vous ne pouvez mener aucune opération avec la CNIB. Alors, pourquoi mettre nos compatriotes en danger ? Nous pensons qu’ici, il y a une volonté manifeste d’exclure nos compatriotes de la diaspora ».

Réaction du ministre de l’administration territoriale Siméon Sawadogo : « Il ne faut pas aller faire l’amalgame pour dire que nous mettons nos compatriotes qui sont là-bas en danger. On ne les met pas en danger. Il ne faut dire qu’on met les gens en danger. C’est une extrapolation suffisamment dangereuse comme on a voulu dire que le gouvernement veut exclure des Burkinabè parce qu’on ne les aime pas ».

Pour le ministre de l’administration territoriale, limiter les documents de votation à deux et abandonner la carte consulaire parce que doutant de la fiabilité de celle-ci ne revient pas à dire qu’elle est nulle et caduque. Pour illustration, il l’a comparée au permis de conduire qui a, de par le passé, fait partie des huit documents de votation.

« On a enlevé le permis de conduire cette fois-ci. Vous ne conduisez pas avec votre permis ? Chaque document a une vocation. Même si ce n’est pas un document de votation, cela ne veut pas dire que ce n’est pas un document valable », a-t-il comparé.

L’essentiel pour lui, c’est que dans des pays comme le Congo en Afrique centrale d’où il revient et où il a vu le délégué écrire à la main avec pour justification ‘si je ne donne pas cette carte, les gens vont avoir des problèmes dans la tracasserie policière’, est que la carte serve pour l’identification de son détenteur qui peut être ’’Tampiga ou Dofini’’ et lui éviter d’avoir des ennuis. Pour le reste « point ».

Ce qui, poursuivra-t-il, « ne veut pas dire que Tampiga et Dofini est Burkinabè ou Ivoirien, parce que le document qui a servi pour l’identification de la carte n’est pas obligatoirement un document qui identifie la personne comme étant un Burkinabè ou qui précise sa nationalité ». En attendant  la fin des tracasseries policières qui sont de nature à décourager les aventuriers sur le continent, « ce document demeurera en Côte d’Ivoire et au Gabon comme document d’identification qui permettra à nos compatriotes de fonctionner ».

Oui KOETA

Burkina24

There are 1 comments

  1. C’était une grave ereur de nous traité de non Burkinabé imaginé comment ont pourrait être traité par les policiers?

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Oui Koeta

Je pense que 'la vitalité d'un pays se mesure (en partie) à celle de ses journalistes'. Merci de participer à cela à travers vos retours de lectrices et lecteurs. I believe that 'the vitality of a country is meseared (in part) by that of its journalists'. Thank you for being part of the adventure by giving feedback.

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