Crises universitaires : « Chacun doit se dire qu’on a des obligations »

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C’est la rentrée académique avec le retour des tiraillements autour des évaluations et des tarifs étudiants aux bus de la SOTRACO menacés de prise en otage. Le sociologue ministre de l’enseignement supérieur se veut conciliant, annonce qu’il ne cèdera pas aux menaces et invite les acteurs à mettre de l’eau dans leur vin pour ensemble parvenir au changement de tendance tant recherché pour des années académiques normales dans les universités publiques.

Le système Licence Master Doctorat reste toujours en travers de la gorge des syndicats d’étudiants. Ils continuent de réclamer sa suspension en attendant que les conditions préalables de son adoption soient remplies. Cette année, au nombre des innovations, il y a la plateforme campusfaso.bf sur laquelle se font les demandes d’orientation et d’inscription dans les universités publiques. Le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation a obtenu près de trois milliards de F CFA  pour réaliser la connectivité dans les universités.

Un autre accord signé avec la Banque mondiale prévoit le décaissement de 35 milliards de F CFA dont une partie servira à l’opération de subvention d’ordinateurs au profit des étudiants. Selon les clauses avec le bailleur, les appareils seront subventionnés à hauteur de 40%. « On planifie une première opération de près de 50 000 ordinateurs pour cette année. Nous sommes sur la piste de ne pas aller acheter des ordinateurs avec des commerçants mais de susciter l’installation au Burkina d’une chaîne de montage d’ordinateurs avec les conventions avec Intel et Microsoft ».

« Beaucoup de bruit » autour du tarif étudiant

C’est la reprise des cours dans les universités. Le tarif étudiant de 4 000 F CFA, auparavant fixé à 5 000 F CFA, concédé par la SOTRACO,  est jugé encore trop élevé par les syndicats estudiantins.  « Par ces moments, ça fait beaucoup de bruit autour », dira le ministre Alkassoum Maiga qui sort d’une rencontre avec leurs représentants.  « Jusqu’à hier, relate-t-il, on était avec les syndicats d’étudiants qui menacent de prendre les bus encore en otage comme ils l’avaient fait par le passé ».

La fixation du tarif à 2 000 F CFA est considérée « pas supportable » par le ministre. Il a en mémoire une dette de plusieurs centaines de millions de F CFA à rembourser par le département, à la suite de l’expérience de Bobo-Dioulasso où les étudiants payaient 1 000 F CFA par mois. « Je suis venu trouver une dette de 450 millions de F CFA que le ministère doit payer parce que par démagogie, on a fait croire aux étudiants que c’était possible » .

Le ministère qui a obtenu 135 bus sur financement de Exim Bank a mis 60 bus à la disposition de la SOTRACO, conformément aux clauses du contrat avec le bailleur,  qui « ne voulait pas que le ministère gère directement les bus mais prendre un opérateur professionnel pour le faire ». Le choix s’est porté sur la société de transport en commun au lieu d’un autre prosateur qui viendrait de l’étranger. « Il vaut mieux faire tourner la machine nationale, préfère le ministre. SOTRACO a ses problèmes mais on se dit qu’avec ces 60 bus de 75 places, cela peut les aider à se relancer ».  

Des évaluations

Concernant les évaluations le ton monte. Les étudiants souhaitant décider de « quand et comment ils doivent être évalués ». Parce qu’«il doit être clair que c’est à l’administration universitaire de procéder aux programmations », le professeur de sociologie se montre interloqué. « Je comprendrai qu’au lieu de rentrer dans une logique de durcissement, qu’on fasse une négociation mais pas dans l’intention d’imposer à celui qui doit organiser mais de rendre celui qui doit organiser sensible à vos préoccupations », pose le sociologue. Le ministre de l’enseignement supérieur annonce qu’il se concertera avec la présidence de l’université Pr Joseph Ki-Zerbo durement touchée par le chevauchement académique.

A une seule condition. « Chacun doit se dire qu’on a des obligations ». De même poursuit-il, « il faut une disposition de chacun à mettre un peu d’eau dans son vin ou dans son moulin pour que les choses changent ».

Oui KOETA

Burkina24

Il y a 1 commentaire

  1. C’est l’administration même qui est la cause réelle de cette situation de plus en plus critique. Je ne comprends pas comment repousser trois jours ou même une semaine pour permettre à certaines promotions de la section Pharmacie de mieux s’inspirer à la composition des évaluations suite à la programmation tardive de l’examen. De mieux, j’incite à une ferme résolution de la difficulté.

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Oui Koeta

Je pense que 'la vitalité d'un pays se mesure (en partie) à celle de ses journalistes'. Merci de participer à cela à travers vos retours de lectrices et lecteurs. I believe that 'the vitality of a country is meseared (in part) by that of its journalists'. Thank you for being part of the adventure by giving feedback.

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