Zakari Oumarou, gouverneur de Maradi : « Ce que vit le Sahel aujourd’hui est né de la situation créée en Libye »

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Le gouverneur de Maradi, en marge de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) juniors qu’arbitre le Niger, a accordé un entretien à des journalistes burkinabè. Pour lui, si la situation que vit la sous-région part du feu mis en Libye avec le départ de Mohamed Kadhafi, les Etats concernés par le phénomène du terrorisme doivent eux-mêmes prendre leur destin en main à travers notamment le G5 Sahel avec l’appui de la communauté internationale.

Le Niger, le Mali comme le Burkina sont confrontés au phénomène terroriste, comment est-ce que ce phénomène a pu entrer à l’intérieur de nos frontières ?

A l’heure où nous parlons, nos dirigeants sont à Addis Abeba pour le sommet de l’Union africaine. Mais accessoirement à ce sommet, il y a une réunion de haut niveau qui est en train de se tenir sur la situation libyenne.  Ce que vit le Sahel aujourd’hui est né de la situation créée en Libye. Ce n’est un secret pour personne. Nos chefs d’Etat ont attiré l’attention quand l’Occident a voulu créer cette situation en Libye, nos pays n’ont pas été consultés. Nous avons été mis devant le fait accompli. La situation est là, ce sont nos pays qui subissent les conséquences de la situation créée en Libye. Ce n’est pas vraiment une surprise. Nos dirigeants ont prévenu, ils ont alerté, ils ont attiré l’attention de la communauté internationale de ce qui va arriver si jamais la Libye est déstabilisée. La situation indescriptible que connaît aujourd’hui le Sahel a sa source en Libye. Nos Etats sont en train de mutualiser les moyens notamment à travers le G5 Sahel. Nous sommes en train d’être soutenus par la communauté internationale, fort heureusement. Nous sommes conscients de ce que seuls nos efforts internes peuvent nous aider à sortir de cette situation. Les populations de ces pays sont les mêmes. Nous partageons les mêmes coutumes, les mêmes traditions, les mêmes difficultés. Nous sommes condamnés à nous mettre ensemble pour faire face à cette situation qui va certainement durer. Mais dans tous les cas, il y a un degré élevé de prise de conscience.

Le Niger vient de céder la présidence du G5 Sahel au Burkina. Pour certains, le Burkina est le maillon faible et qu’avec la présidence du Burkina Faso, les choses vont trainer. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Je ne pense pas que les choses vont trainer le pas. Je vais saluer au passage les efforts fournis par le président de la république du Niger dans la mobilisation des ressources, pas seulement militaires, parce que le problème du Sahel qui est cette situation du terrorisme est née des problèmes économiques que connaît cette zone. C’est pourquoi le G5 Sahel, parallèlement aux combats que les forces sont en train de mener sur le plan militaire, ont un programme consistant de développement économique est les moyens sont en train d’être mobilisés. Le président du Niger est en train de passer la main à son frère du Burkina mais il faut se rappeler que c’est le président du Mali qui a passé la main au président du Niger. C’est une continuité. Ce que le président du Mali a fait, celui du Niger a continué et son frère du Burkina va poursuivre. C’est collégialement que ces dirigeants sont en train de travailler. Je suis convaincu que le président du Burkina va faire avancer les choses. Rien que ce matin, j’ai appris à travers les médias, les corrections que le président du Burkina a apportées dans l’organisation de l’armée burkinabè. C’est sans doute pour mieux commencer son mandat et faire participer de manière plus active l’armée burkinabè dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.

N’est-ce pas la communauté internationale qui intervient en sapeurs-pompiers après avoir mis le feu ?

C’est vrai que le feu a été allumé par certains dirigeants occidentaux. Mais nous, nos États savent ce qu’ils veulent. Nous avons des dirigeants qui réfléchissent, qui savent ce qu’ils veulent. Que les dirigeants occidentaux viennent en sapeur-pompiers, c’est à notre demande. Il y a la coopération internationale qui est là. Il y a des accords bilatéraux et multilatéraux. C’est dans le cadre de ces accords que nous avons demandé aux occidentaux de venir nous aider parce que ce qui se passe chez nous les concerne aussi. Le terrorisme n’a pas de frontière. Ils en sont conscients. C’est pourquoi même si nous ne les avons sollicités de venir nous aider, ils allaient souhaiter qu’on leur donne l’autorisation de venir nous aider à endiguer ce fléau avant qu’il ne soit chez eux. Il est d’ailleurs chez eux. Moi je pense que c’est une cause commune que les Etats africains et occidentaux particulièrement sont en train de défendre.

Propos recueillis par Boukari OUÉDRAOGO 

Burkina24

Il y a 1 commentaire

  1. Il y a une prise de conscience de la nature et des ramifications du problème de l’insécurité au Sahel et de la nécessité d’agir de façon concertée avec les acteurs de terrain. L’implication directe des autorités coutumières est la seule façon de pallier aux insuffisances de l’Etat. Les interventions étrangères sur le terrain entraînent forcément des dommages collatéraux et des prix politiques et économiques à payer par les états qui se veulent souverains. C’est un véritable tournant de l’histoire qu’il s’agit de ne pas rater, comme ce fut le cas avec les indépendances. Les peuples se souviendront toujours.

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