Ouaga : Évacuer les marchandises après les fêtes, la difficile équation !

Mardi 4 janvier 2022, les Ouagavillois ont repris de plus belle leurs différentes activités. Loin des esprits festifs, chacun a repris son gagne-pain quotidien. Les marchandises stockées pour faire bonne vente lors des fêtes ont besoin d’être évacuées. Place est désormais au déstockage. Les commerçants pour la plupart disent n’avoir pas effectué un bon chiffre d’affaires. Nous avons rendu visite à quelques-uns d’entre eux dans la Capitale burkinabè. 

Comme dans les années antérieures, les périodes de fêtes sont généralement les meilleures en matière de commerce pour effectuer un bon chiffre d’affaires. Les alimentations, débits de boissons, marchés de poulets, vendeuses de condiments, font le plein. Chacun de son côté se donnent les moyens pour se frotter les mains.

4 janvier 2022, le temps des fêtes se conjugue maintenant au passé. C’est la croix et la bannière chez certains commerçants qui n’ont pas pu écouler leurs marchandises. La question que se posent ces derniers est « comment évacuer ma marchandise ? »

10h et quart, nous sommes au marché de poulets situé au quartier Sinyiri de la ville de Ouagadougou. Le sourire loin des lèvres de plusieurs vendeurs de poulets, chacun a les yeux rivés sur les passants en espérant avoir un potentiel client.

L’un deux après avoir posé son regard sur nous se dirige rapidement vers nous. « Venez monsieur, j’ai des poulets moins chers pour vous », dit-il. Devinez alors sa déception après avoir eu vent de l’objet de notre visite. Il feigne donc ne pas parler la langue de Molière quand il a compris notre difficulté à nous exprimer dans sa langue maternelle.

C’est ainsi que Ido Jean se présente à nous et très courtois, il tente de répondre à nos questions. « Vraiment cette année, rien ne va. On a fait venir des poulets très loin pour assurer ce qui est de la viande aux Ouagalais. Mais vraiment, ça n’a pas marché. Les poulets sont toujours calés. On ne sait même pas comment gérer ça. D’autres vont commencer à mourir d’ici là », regrette-il.

Un peu devant son poulailler se trouve celui de Richard (nom fictif) qui a voulu garder l’anonymat. Aussi grand marketeur soit-il, il avoue ne pas connaître cette phase de crise dont pleurent ses collègues.

« Depuis un certain moment, j’ai analysé l’évolution du marché et je savais bien que les choses n’allaient pas marcher comme on le souhaite. J’ai fait venir un nombre raisonnable de poulets et Dieu merci, j’ai pu les écouler. Il reste quelques-uns que je suis en train de vendre un à un maintenant » se réjouit-il.

Après quelques minutes d’échange avec l’heureux commerçant, nous lui lançons nos vifs remerciements tout en lui promettant de revenir prendre quelques poulets dans les jours à venir.

Dans  notre balade, nous apercevons une cave à vin « Dalia Vin Cave » qui a attiré notre attention. On décide donc de garer pour un temps d’échange. A l’intérieur, nous avons rencontré Moussa, nom fictif qui est timidement assis au milieu des bouteilles manipulant son téléphone. Quant à lui, il soutient que le marché a été très morose cette année.

«  Le marché n’a pas été trop ça cette année. Les années passées, lors des fêtes, je restais ouvert pendant les heures tardives, minuit, 1 heure,… Mais cette année à 22h déjà, j’étais obligé de fermer puisqu’il n’y a pas de marché. C’est uniquement les bouteilles de vin qui sont sorties et les canettes non », déplore le gérant.

De son côté, Abdou employé de commerce dans une alimentation située dans le quartier Katry-yar a trouvé les mouvements assez fluides, selon son constat.

« A l’approche des fêtes on a chargé des cartons des jus Planet et des canettes d’alcool. Dieu merci les choses allaient très rapidement, on a même fait le changement deux fois pour la Noël et 2 fois pour le réveillon de la Saint Sylvestre. C’est juste quelques cartons de canettes qui sont restés, mais les jus Planet sont tous partis », informe le jeune Abdou, qui se trouvait obligé souvent de prendre congé de nous pour satisfaire ses clients.

Les commerçants sont obligés de vendre à vil prix

En ces termes, nous remercions le commerçant Abdou et décidons de nous diriger dans un marché de la place pour y prendre la température également.

Le marché de Katry-yar, c’est là que notre engin nous conduit. Dans les paniers des commerçantes, on pouvait observer de loin les marchandises qui débordaient. Salades, pommes de terre, et condiments y faisaient la une.

Assise aussi calme que de l’eau qui dort, Mariam qui a requis l’anonymat passait son temps à jeter de l’eau sur son panier qui débordait de salades. Chez celle-ci, c’est la lutte pour évacuer ses marchandises même à un prix dérisoire s’il le faut, car l’essentiel pour elle est d’évacuer ses marchandises.

« On a crû que les choses allaient marcher donc j’ai acheté salade là beaucoup. Malheureusement ça n’a pas été comme on l’espérait. Actuellement, on est obligé de vendre à vil prix, question de ne pas laisser ça se gâter« , laisse entendre Mariam qui ne cessait d’accoster les piétons qu’elle voyait défiler.

Dans un contexte marqué par la double crise sécuritaire et sanitaire, les Burkinabè plus soucieux de regagner la quiétude n’ont pas eu tellement l’esprit à la fête. C’est donc l’une des raisons qui explique l’état stérile du marché durant cette période de fêtes…

Sié Frédéric KAMBOU

Burkina 24

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