Projet Migration pour le développement et l’égalité : Les résultats de l’étude quantitative dévoilés à l’AJC/PD

L’Institut supérieur des sciences de la population (ISSP) de l’Université Joseph Ki- Zerbo a organisé à l’endroit des membres de l’Association des journalistes et communicateurs en population et développement (AJC/PD), une rencontre de présentation de résultats d’enquête quantitative du projet « Migration pour le développement et l’égalité (MIDEQ) », le vendredi 4 mars 2022, à Ouagadougou.

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Des dires du Directeur de l’Institut supérieur des sciences de la population (ISSP) de l’Université Joseph Ki-Zerbo, Pr Abdramane Soura, le projet « Migration pour le développement et l’égalité (MIDEQ) » avait pour objectif, « de répondre au défi du développement durable en s’assurant que la migration Sud-sud réduit plutôt qu’elle n’augmente les inégalités pour aboutir au développement dans les pays du Sud ».

Deux ans de recherche après son lancement, fait-il ensuite savoir, l’équipe du Burkina Faso, qui a travaillé sur le corridor Burkina Faso-Côte d’Ivoire, dispose de résultats. « Les résultats du projet portent sur l’enquête quantitative, en attendant de renforcer ces résultats avec ceux de l’enquête qualitative, en cours de finalisation », a-t-il précisé.

    « Inégalités dans l’enfance liées aux migrations »

Première thématique étudiée dans le corridor Burkina Faso-Côte d’Ivoire, ses résultats ont été présentés par Dr Gabriel Sangli. De la synthèse de ce dernier, les inégalités dans l’enfance liées aux migrations des Burkinabè vers la Côte d’Ivoire demeurent difficilement cernables entre les enfants left behind (enfant dont au moins l’un des parents biologiques est en Côte d’Ivoire) et les non left behind.

Les effets de la migration sur les enfants sont ambivalents, dit-il également avant d’être plus explicite : « Les inégalités sont tantôt en faveur des enfants left behind, tantôt en faveur des enfants non left behind et par moment, aucune différence significative n’est observable dans les tendances entre les catégories d’enfants ».

Et d’ajouter que cette ambivalence peut s’identifier au statut social des ménages en lien avec leur expérience migratoire. La migration n’a pas que d’effets positifs, attire-t-il l’attention avant de laisser entendre qu’elle peut exacerber les inégalités entre les enfants tout comme elle peut les réduire.

« Migration, pauvreté et inégalités de revenus »

Marc Méda, à la présentation de cette seconde thématique, est arrivé à la synthèse que la relation entre la migration en Côte d’Ivoire, la pauvreté et les inégalités est parfois ambiguë, incertaine et changeante. « Tantôt une différence s’observe entre les ménages migrants et les ménages non migrants, tantôt cette différence tend à disparaitre ou s’inverse selon les attentes », explique-t-il.

Selon lui, cela pourrait s’expliquer par la multi-causalité de la migration, mais aussi de son enchevêtrement avec d’autres facteurs. De facto, il estime que l’on peut supposer que la migration peut réduire la pauvreté et les inégalités de revenus dans des contextes donnés, mais peut aussi renforcer les inégalités de revenus.

« Les tests statistiques confirment le fait que, dans la plupart des cas, les ménages sans expérience migratoire présentent des conditions de vie meilleures que les ménages avec expérience migratoire », a-t-il en outre informé.

« Flux de ressources : finance, commerce et connaissances »

Il ressort de la présentation de la dernière thématique étudiée que l’émigration en Côte d’Ivoire n’est pas synonyme de transferts d’argent à la famille restée au Burkina-Faso. En effet, à en croire la synthèse du Dr Alexandra Tapsoba, présentée par le Dr Hubert Bonayi Dabiré, Coordonnateur du projet MIDEQ, la plupart des migrants ne transfèrent pas d’argent à leur famille. Ceux qui le font, confie-t-il, sont ceux qui ont gardé un contact régulier avec la famille.

Les principaux canaux de transferts sont les circuits modernes, dont les transferts électroniques par mobiles en premier lieu (Orange money, 78, 3%) suivi des services Western Union, la Poste et Money gram, poursuit-il. Et, le père, le frère, la mère et l’épouse de l’émigré sont les destinataires desdits transferts, qui sont principalement utilisés pour la santé et l’éducation.

« Plus de la moitié des migrants de retour ont affirmé avoir acquis des compétences. Plus d’un tiers des migrants de retour affirment que ces compétences ont permis d’améliorer le quotidien de leur famille », a de même rapporté Dr Dabiré.

Pour rappel, le projet concerne la migration entre les pays du Sud. Il y a au total 13 pays du Sud qui sont impliqués. Le travail, fait en couloir, enregistre les couloirs Burkina-Côte d’Ivoire, Brésil-Haïti, Népal-Malaisie, Égypte-Jordanie, Ghana-Chine. C

haque couloir est caractérisé par un type particulier de migration. La Grande Bretagne, à travers l’United kingdom research innovation (UKRI) et sa structure de financement Global challenges research fund (GCRF), finance le projet, qui a une durée de quatre ans.

L’enquête du corridor Burkina-Côte d’Ivoire a concerné la période du 25 octobre au 26 novembre 2020. Les régions du corridor d’enquête sont les Hauts-Bassins, le Centre-ouest, le Plateau-central, le Centre-est et le Sud-ouest. Le nombre de ménages enquêtés est de 3 841.

Tambi Serge Pacôme ZONGO

Burkina 24

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Serge Pacôme ZONGO

Tambi Serge Pacôme ZONGO, journaliste s'intéressant aux questions politiques et de développement durable.

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