Burkina : « Dignité vertueuse » pour autonomiser les femmes en situation de précarité

Le programme « Dignité vertueuse », porté par l’association Kalfa apporte son aide aux femmes déplacées internes à travers des formations. Les responsables du programme étaient à Burkina24 pour donner les contours de ce programme.

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L’autonomisation des femmes et des jeunes filles vulnérables grâce à des formations pour des activités génératrices de revenus, c’est l’objectif fixé par le programme « dignité vertueuse » porté par l’association Kalfa.

Les bénéficiaires de ce programme sont les femmes et jeunes filles dites « vulnérables », accidentées de la vie, déplacées internes et refugiées.

Ce programme consiste à former ces femmes  dans un temps court et leur laisser les produits et outils pour leur première production afin de pallier aux difficultés et les amener vers l’autonomie complète.

« Toutes ces femmes n’ont qu’une envie, c’est de se battre, c’est de travailler, ce n’est pas des gens qui sont nées pour mendier. Personne n’est né pour mendier. Au départ, quand on les a rencontrées, elles étaient tristes, elles étaient sans vie, elles étaient sans joie. Aujourd’hui quand on leur a remis les 500.000 francs CFA qui sont le fruit de leur travail, ce ne sont pas des dons, c’est le fruit de leur travail, la joie qui se lisait sur leur visage, c’était extraordinaire », a confié l’artiste Sissao, partenaire du programme. 

 Formation dans la fabrication du savon

Ce programme sur la formation est sur fonds propre, selon la créatrice du programme, Olivia Bissiau. Pour elle, on doit arrêter de compter sur le pays, on doit aider le pays.

« Il faut se rendre utile, c’est comme ça qu’on (Sissao, Olivia Bissiau, Sydyr, etc.) se retrouve tous dans cet esprit Kalfa qui a eu la générosité de porter ce programme, la générosité du cœur de chacun. Vous savez combien ça coûte de former une femme ? On paie les gens, on paie les outils, on paie les formateurs, ça coute 5000 francs de former une femme. Qui n’a pas 5000 f dans sa poche ? », s’indigne-t-elle.

A la différence de nombreuses formations, à la fin de chaque apprentissage dispensé dans le cadre du programme « Dignité vertueuse », les outils tels que les machines à savon, torréfacteur d’arachide, etc. et la matière première, sont confiés aux femmes afin qu’elles puissent, de suite, lancer leur propre production.

Elle ajoute que pour former 100 femmes, il leur faut 500.000 FCFA pour la prise en charge du formateur, les frais du matériel utilisé. Après la formation, toutes les matières premières et les moules sont laissées à ces femmes. 

Les femmes du camp de déplacés e Pazani et les femmes en situation de précarité à Dori

Cette formation concerne les femmes de Pazani et celles de Dori qui sont identifiées en fonction de leur situation de précarité. Ces femmes sont reparties dans des groupes de 100.

« On a fait un groupe de 100, à Pazani. A Dori on a identifié 100 femmes en situation de précarité. Il faut savoir que si vous faites une différence entre les femmes hôtes qui sont en situation de précarité et une femme déplacée interne en situation de précarité, c’est conflictogène. Il ne faut pas faire de différence parce qu’elles sont Burkinabè et leurs maris ont été tués. Elles sont égales devant la misère, devant la douleur », explique Olivia Bissiau. 

Ce programme est aussi soutenu par les artistes

Achille Ouattara, Sydyr et Awa Sissao ont porté leur voie en soutenant « dignité vertueuse ». Sissao affirme qu’ils ont décidé de soutenir cette initiative pour vivre utile et servir en tendant la main aux autres.

« Si elle (la promotrice) en tant qu’elle (occidentale), s’investit, moi je suis une ambassadrice de chez moi, elle me tend la main pour m’aider à résoudre mon problème, donc il n y a pas de raison que je refuse. J’ai envie de partager le bonheur que j’ai avec d’autres personnes qui sont les femmes et les enfants. On espèrent réussir ce coup », dit-elle. 

L’artiste rebondit  sur la situation que constatent presque tous les Burkinabè en voyant ces déplacés internes qui sillonnent les rues.

« Ils sont tellement nombreux au bord de la rue. La question que l’on se pose, où ils dorment ? Comment ils mangent ? Qu’est ce qui se passe dans la rue pendant que  tout le monde est à l’intérieur avec sa famille ? Quand le peuple a faim, nous tous, on est dans le même bateau », insiste-elle.

A travers le morceau « beogo », qui signifie ‘’on ne sait pas de quoi demain est fait’’, Sissao a repris la chanson de l’artiste Sydyr pour montrer à ces ‘’femmes qu’elles ne sont pas seules’’. Un concert est prévu avec les femmes de Pazani le 14 mai 2022 pour leur donner une fois de plus le sourire.  

Saly OUATTARA

Burkina24 

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