Procès Sankara :« Jugez le lieutenant qu’il était et non le général qu’il est aujourd’hui » (Me Yelkouni)

Le procès sur l’assassinat du président Thomas Sankara suit son bonhomme de chemin dans la salle des banquets de Ouaga 2000 habillée aux couleurs d’une salle d’audience. Ce jeudi 24 mars 2022, les plaidoiries des avocats du général Gilbert Diendéré, font la une. A la suite de Maitre Dabo Abdoul Latif, c’est son confrère Maitre Saba Kossi qui va le seconder. 

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Pour ce qui est de sa plaidoirie, il va s’appesantir sur le recel de cadavre dont son client en la personne du Général Gilbert Diendéré est accusé. A l’entame, il a structuré son exposé sur deux points essentiels, notamment la base légale et la non structuration de recel à l’endroit de son client.

Pour lui, la plainte posée par la famille Sankara ne concerne pas l’infraction de recel de cadavre. De ses propos, le temps mis par la famille Sankara avant de porter la plainte sur l’infraction de recel de cadavre à l’encontre du général Gilbert Diendéré  ne respecte pas les normes.

« C’est le 18 mars 2015, après 27 ans 5 mois, 3 jours qu’on a voulu le poursuivre pour infraction de recel de cadavre. Or selon le code pénal, le délai ne doit pas dépasser 3 ans », a-t-il informé. Avant de donner la définition du terme recel de cadavre. « Le recel de cadavre consiste à faire dissimuler un cadavre dans le but de ne pas faire objet d’une poursuite judiciaire ».

Par la suite, il laisse entendre que l’infraction portant sur le recel de cadavre est non constituée. Car pour lui, les prisonniers de la MACO qui ont enterré les cadavres, notamment les témoins oculaires, personnes d’entre eux n’a dit de ramasser les cadavres aller les enterrer en cachette sans pour autant mettre les noms des cadavres sur leurs tombes. Pourtant, toujours selon ses propos, les noms des personnes décédées étaient gravés au-dessus de leurs tombes.

« la colère des victimes est légitime »

C’est donc après sa plaidoirie que le 3e avocat de la défense, Maitre Yelkouni Olivier va le succéder. A l’entame de ses propos, il a lancé une pensée à l’endroit des victimes. « Je m’incline devant la souffrance et la douleur de ceux qui subissent la perte d’un être cher, rien n’atténuerait ce qu’il ont subi. Que la terre leur soit légère », a-t-il clamé avant de reconnaitre  que « la colère des victimes est légitime ».

Dans le vif du sujet, il a rappelé que l’infraction de recel de cadavre est une infraction d’action. Au moment des faits, Diendéré  n’était pas le chef de corps adjoint dit-il. « C’est Blaise Compaoré qui était le chef ; d’où vient alors le fait qu’on pense à Diendéré et non à une autre personne », interroge-t-il.

Maitre Yelkouni soutient que l’attentat à la sureté de l’Etat commence nécessairement par un complot, ce qui pourrait impliquer plusieurs personnes.  De son avis, ce qui n’est pas prouvé n’existe pas dans le droit pénal. En partant de ce code pénal, il n’y a aucune trace qui incrimine son client.

Ce qui le laisse dire de « juger le lieutenant qu’il était et non le général qu’il est aujourd’hui ». Il continue dans la même lancée et demande de condamner son client pour ce qu’il a pu faire en 1987 et non ce qu’il a fait pendant le régime de Blaise Compaoré.

Sié Frédéric KAMBOU

Burkina 24

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