Résultat du 5e RGPH : 7,1% des jeunes sont au chômage

L’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD) a exposé les résultats du 5e Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH). Il en ressort que la population est extrêmement jeune avec une prédominance de la gente féminine. D’une part, le recensement a mis à nu certains défis auxquels est  confrontée cette jeunesse, en l’occurrence le chômage. D’autre part, il a fait ressortir les acquis engrangés entre le dernier recensement et celui-ci. Lesdits résultats ont été divulgués ce vendredi 1er juillet 2022 à Ouagadougou sous la présidence du ministre de l’économie, des finances et des perspectives, Seglaro Abel Somé.

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Le 5e Recensement Général de la Population et de l’Habitation  (RGPH) s’est effectué sur le territoire national courant 2019. Les résultats ont stipulé que la population totale est estimée à 20.505.155 habitants.

Mais cette population  est composée essentiellement de jeunes. Selon les explications de Laure Bayala, directrice de la démographie, la population est subdivisée comme suit : 45,3% d’enfants de moins de 15 ans, 32,6%  de jeunes de 15 à 34 ans, 18,7% d’adultes de 35 à 64 ans, et 3,4% de 65 ans et plus.

8,8% de femmes sont au chômage

Une population jeune est synonyme de disponibilité de bras valides et de main d’œuvre. Mais chose paradoxale, cette jeunesse est confrontée très souvent au phénomène du chômage. Et ce phénomène est plus apparent dans les villes que dans les zones rurales. De plus, les femmes sont les plus touchées par le chômage.

« Le 5e RGPH a estimé le taux de chômage au sens du BIT à 7,1%. Les femmes sont plus affectées par le chômage (8,8%) que les hommes (5,6%). Le chômage est deux fois plus élevé en milieu urbain (10%) qu’en milieu rural (5,1%). Les régions les plus touchées par le chômage sont le Sahel (17,1%) et la région du Nord (10,1%) », a renseigné Laure Bayala.

D’ailleurs, le chômage des jeunes demeure une source de préoccupation dans le monde. Pour ce qui est du Burkina Faso, le 5e RGPH a indiqué que les politiques ont développé des stratégies de promotion de l’emploi et de l’apprentissage en faveur des jeunes. Cependant, toujours selon le recensement, près de la moitié des jeunes de 15-24 ans (45,6%) ou de 15-34 ans (45,7%) ne sont ni dans l’emploi ni dans un programme d’éducation ou de formation.

Les enfants constituent une main d’œuvre facile et moins coûteuse

Si les jeunes sont confrontés au chômage, les enfants quant à eux sont soumis au travail, chose qui est interdite. En effet, cela s’explique par le fait qu’ils sont considérés comme « une main d’œuvre facile et moins coûteuse ». Toujours selon le résultat du recensement, cela résulte de la faible application des textes juridiques relatifs au travail des enfants, la règlementation insuffisante de l’accès à l’emploi pour les jeunes, la pauvreté des familles, la mobilité des enfants non accompagnés et l’insuffisance des opportunités socio-éducatives…

« Le travail des enfants dans les sites d’orpaillage et carrières artisanales s’est amplifié du fait du boom minier qui a fait du Burkina Faso un vaste chantier d’orpaillage et d’exploitation minière. L’effectif élevé des enfants en milieu rural peut être dû à la présence et à l’emploi des enfants, filles comme garçons, sur les sites aurifères ».

Les acquis : l’espérance de vie a progressé entre 2006 et 2019

Nonobstant le problème de chômage des jeunes, le 5e RGPH a décelé de nombreux progrès du genre sanitaire, éducatif et économique entre le dernier recensement en 2006 et celui de 2019. Aussi, l’espérance de vie a progressé entre 2016 et 2019 soit 64 ans pour les femmes et 60 ans pour les Hommes.

 Seglaro Abel Somé,ministre de l’économie, des finances et des perspectives
Seglaro Abel Somé, ministre de l’économie, des finances et des perspectives

Malgré ces progrès, des défis demeurent toujours. Pour Séglaro Abel Somé, la croissance démographique reste forte et est « en déphasage avec les moyens économiques de l’Etat qui permettent d’investir et de livrer des services sociaux de qualité ».

« C’est une situation contrasté que les défis qui ressortent sont superposés avec les défis sécuritaires que nous vivons et autant d’enjeux qui interpellent le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers », a-t-il dit en sus.

Il faut noter que le RGPH a été une réalité grâce au soutien des Partenaires Techniques et Financiers (PTF). Barbara Manzi, la représentante des PTF, a soutenu les propos du ministre avec des félicitations pour tous les progrès engrangés. Elle a réitéré son soutien à la population burkinabè pour relever les différents défis qui constituent aussi une préoccupation des PTF.

Résultats définitifs du 5e RGPH

Aminata Catherine SANOU

Burkina 24 

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