Ici Au Faso | Wendinguété, le nouveau visage montant du web-humour

Depuis quelques années, l’humour au Burkina Faso connait une grande émergence grâce à la technologie et aux réseaux sociaux. Une nouvelle vague d’humoristes appelés les « Web-Humoristes » naissent de partout et sont aussi talentueux les uns que les autres. De ceux-là, Kaboré Wendgete Gimitri, plus connu sous le nom de Wendinguété, se démarque et lutte pour se faire une place dans ce milieu. Il est jeune, ambitieux et travailleur. Il engrange déjà un nombre important de vues et d’abonnés sur les réseaux sociaux comme Facebook en seulement une année de travail. Avec des vidéos réalisées en français et mooré, cette nouvelle coqueluche du web-humour a pour rêve de devenir un grand acteur du cinéma. Il nous en parle dans les lignes qui suivent. Lisez ! 

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Burkina 24 : Présentez-vous et parlez-nous de votre métier de web-humoriste.

Wendinguété : Je me nomme à l’état civil, Kaboré Wendgete Gimitri connu sous le nom de Wendinguété sur les réseaux sociaux en tant que web humoriste. Le métier de web humoriste est un métier à travers lequel tu produis des vidéos avec pour but de faire rigoler celui qui est en train de te regarder à travers ta vidéo.

Pour le métier de web humoriste, il faut regrouper 2, 3 ou 4 acteurs pour relater l’histoire afin de pouvoir faire rire les gens. C’est possible de le faire seul mais ce n’est pas très élégant souvent. J’ai commencé il y a de cela une année maintenant.

B24 : Comment évolue ce métier au Burkina Faso ? Est-il prometteur ?

Wendinguété : Je dirais pas mal. Quand tu prends de 2020 à 2022, tu vois qu’il y a des groupes qui se développent et pas seulement des simples groupes mais des groupes qui ont vraiment du talent. Je pense que c’est quand même prometteur ce domaine qui est en train de prendre un envol. Je l’ai choisi par passion.

B24 : Vous rappelez-vous de votre première vidéo ?

Wendinguété : Ma première vidéo relatait l’histoire d’un gars qui a vu une fille qui était assise et il s’est approché d’elle pour la draguer. La fille était illettrée mais elle n’a pas refusé ses avances. Arrivé à l’étape des échanges de numéros, la fille a demandé au monsieur d’enregistrer son nom sur le téléphone et le gars a demandé sous quel nom il pouvait le faire pour qu’elle retrouve facilement.

Elle s’est mise à réfléchir et lui a dit de mettre bébé 33. C’est-à-dire que le monsieur était la 33ème personne qui est venue se mettre sur la liste. Le gars étonné et effrayé prend la fuite et laisse la fille.

B24 : Avez-vous des sujets tabous ?

Wendinguété : Je suis apolitique, je ne suis pas religieux. J’ai une fois fait l’erreur de faire une vidéo qui concernait la religion et j’ai regretté. Ce n’est pas que j’ai eu de mauvais retours mais c’était un peu sensible, ça parlait du carême.

Beaucoup ont aimé mais d’autres ont dit de ne pas jouer parce que c’est très sensible, donc c’est pour cela je l’ai enlevé de mon plan d’action. Mes vidéos sont relatives aux faits sociaux, familiaux et je mise beaucoup sur la sensibilisation. Je fais de telle sorte qu’une personne qui finit de suivre ma vidéo, tire en même temps quelque chose comme leçon.

 

B24 : Avez-vous des repères ?

Wendinguété : Dans le domaine web comédie non, mais en matière de cinéma, on peut dire oui. Sur le plan national, il y a Hyppolite Ouangrawa qu’on appelle Ba-Bouanga, j’apprécie beaucoup ce qu’il fait, l’agent Oyou, il y a Chocho, il y a Pagnagdé, pour ne citer que ceux-là.

A l’international, il y a Michel Gohou que j’apprécie vraiment. Tous ces gars que j’ai cités, quand ils jouent, tu sens vraiment le naturel en eux. C’est ça qui me fascine et qui m’inspire beaucoup. Il y a aussi Soum le sapeur qui est un humoriste de scène et qui est aussi un web humoriste. J’apprécie vraiment ce monsieur parce qu’il a ce don, en plus des études qu’il a faites, c’est inné.

B24 : Question de collaboration qu’est-ce qu’il en est ?

Wendinguété : Je n’ai pas encore eu à collaborer avec une autre équipe depuis que j’ai commencé. J’ai quand même eu la chance d’être félicité par mes devanciers, comme l’humoriste Lajaguar et Soum le sapeur et qui m’ont promis des collaborations.

Dans le milieu, il faut d’abord se battre pour prouver seul. C’est ma philosophie. Pour le moment, je suis en train de me battre. C’est comme un processus et je ne suis pas encore à ce niveau de collaboration.

B24 : Pourquoi êtes-vous « fermé » aux collaborations ? 

Wendinguété : Être fermé c’est beaucoup dire. Ce n’est pas que je ne veux pas les collaborations, c’est juste une histoire de processus. Ce n’est pas que je les refuse, je veux même des collaborations. Je veux que l’on dise un jour Wendinguété en collaboration avec telle équipe, Wendinguété avec son équipe qui joue dans ce film, etc. Mais je n’ai pas encore atteint ce niveau. C’est ma philosophie, pas que je refuse. J’ai déjà eu à jouer avec des gens dans des films avant que je ne crée ma page.

B24 : Vivez-vous de votre art ? Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Wendinguété : Non je ne vis pas de mon art. Les difficultés sont généralement financières, matérielles. Pour dire la vérité, je tourne avec mes propres fonds. Je tourne avec un portable. Souvent pour réunir les gens, il faut trouver du carburant, à manger, de l’eau à boire, tout ça je le supporte seul.

B24 : Comment arrivez-vous à supporter les charges ?

Wendinguété : Avant ça, je suis une autre personne. J’ai un autre titre, je suis artiste instrumentiste. Je joue la guitare basse. J’accompagne beaucoup d’artistes locaux notamment Amety Meria, Dja Veritey, Clanabelle, Audrey, pour ne citer que ceux-là. Juste pour dire que je vis de ça. C’est ça qui me permet aussi de gérer un peu l’histoire du web. 

B24 : D’où vient votre inspiration pour l’écriture de vos textes ?

Wendinguété : Les textes sont souvent écrits en cours de route. D’ici je vais me lever avec un scénario. Parce que je m’inspire beaucoup de ce qui se passe dans la vie. Je suis arrivé ce matin ici, il y avait l’ascenseur et les escaliers et j’ai trouvé un scénario. Je m’inspire naturellement comme ça. Et quand j’ai cette inspiration, je prends mon portable, je l’enregistre, arrivé à la maison, j’écris l’idée et j’essaie de développer.

B24 : Combien de temps prenez-vous pour la réalisation de vos vidéos ?

Wendinguété : Ça dépend. Si les acteurs sont dynamiques et arrivent à reproduire l’idée que je veux voir dans la vidéo rapidement, en 2 heures, on a fini une vidéo. Mais quand il y a beaucoup de reprises, on peut prendre une journée.

Wendinguété Web-humoriste Burkinabè
Wendinguété Web-humoriste Burkinabè

B24 : Que diriez-vous à ceux qu’ils veulent devenir Web-humoristes ?

Wendinguété : Pour ceux qui voudraient embrasser cette carrière, je leur dirai de venir si vraiment ils aiment la chose. Et ils aimeraient un jour devenir des web-humoristes, je les encourage à venir parce que c’est un domaine qui est en train de monter. Il y a toujours de la place.

Je pense que si tu es un dur seulement, tu vas y arriver. Maintenant concernant les devanciers, je voudrais leur dire qu’il ne faut pas oublier de soutenir les jeunes qui se lancent. C’est encourageant juste par un simple message.

B24 : Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Wendinguété : J’aimerai tout d’abord devenir un grand acteur burkinabè. J’aimerai aussi ouvrir un institut de formation pour mes petits frères, pour des gens qui ont l’amour de la chose et qui n’ont pas les moyens d’aller dans les grandes écoles. Produire des films, devenir réalisateur font partie aussi de mes rêves…

Propos recueillis par Flora KARAMBIRI et Amira SANOU (Stagiaire)

Burkina 24

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