Pratique de la lutherie : Bientôt une formation gracieuse au profit des instrumentistes

Josué Thioro Bananjos, connu sous le sobriquet Josué Bananjos, auteur-compositeur, concepteur de musique, instrumentiste et luthier de formation, entend vulgariser la pratique de la lutherie, sa famille pratique depuis plus de trois décennies. A travers sa structure Réseau International des Luthiers et Instrumentistes (RILI), il a conçu un projet ambitieux de renforcement de capacités sur la maintenance et la prise en charge des instruments de musique au profit des instrumentistes. Mieux, passer de la maintenance à la production d’instrument au Burkina Faso. Les couleurs de ce projet à travers les lignes suivantes… 

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Burkina 24 : Parlez-nous du projet de formation dont vous entendez organiser.

Josué Bananjos : Le projet de formation que nous aimerions mettre en place d’abord, c’est pour les instrumentistes. Donc quand tu es un instrumentiste, c’est que tu as déjà eu beaucoup de problèmes avec ton instrument. Souvent c’est des petits soucis pour lequel tu n’avais pas besoin de te déplacer pour venir voir les luthiers.

Quand je parle de formation pour les instrumentistes, ce n’est pas pour les former sur comment jouer leur instrument. Loin de là. Ici, c’est comment est-ce qu’ils peuvent prendre soin de leur instrument pour éviter certains petits soucis.

Parce qu’on est dans un pays où le climat est un peu défavorable souvent pour les instruments. Et les instrumentistes savent de quoi je suis en train de parler. Donc la formation, c’est comment entretenir son instrument et puis les outiller aussi d’un kit de prise en charge que je peux dire un guide de secours.

Par exemple, si tu as ton instrument qui frise, surtout les guitaristes quand tu as un concert, tu es obligé de venir chez le réparateur. Pourtant c’est un truc qui est un peu simple. C’est souvent le manque d’information et de formation sur comment gérer urgemment certains soucis de l’instrument et contacter le luthier après.

Burkina 24 : D’où est née l’idée d’initier cette formation ?

Josué Bananjos : J’ai eu la chance que mon papa est un luthier. Ça fait une trentaine d’années qu’il est dedans, c’est vraiment un travail formidable qui redonne une nouvelle vie à l’instrument. Il nous a initié. Après l’école, pendant les vacances, on nous amenait à l’atelier. On était obligé. Pas vraiment qu’on nous forçait mais on était obligé après d’emboiter ce pas.

J’ai constaté les obstacles que les instrumentistes et les guitaristes rencontrent souvent. Au moment de la chaleur, il y a des petits dérèglements. Si on va aller dans le jargon, c’est dire que le manche peut être tordu, ou soit ça frise et c’est désagréable à jouer.

Si tu veux vraiment faire un bon rendu, tu dois régler rapidement ces problèmes-là. Donc cette formation c’est pour leur permettre de pouvoir prendre soin de leurs instruments, attendant de venir voir un luthier. Ceux de Ouaga peuvent se déplacer venir à l’atelier, c’est à Wemtenga.

Mais pour ceux qui sont carrément de l’autre côté, Bobo, dans les autres provinces, c’est un peu compliqué vu que peu de gens pratiquent la lutherie. Il faut un bon instrument pour faire un bon rendu. Suivez cette expression acoustique de l’unique Fingerstyle-man du Burkina Faso, l’initiateur du projet, dans l’élément vidéo.

Burkina 24 : revenez sur l’organisation pratique de la formation

Josué Bananjos : Pour une 1ere relance, on avait pensé à faire Ouaga et Bobo. Il n’y a pas de prix de formation puisque le projet a été subventionné par le Fonds du Développement Culturel et Touristique (FDCT).

On va essayer déjà de prendre un nombre un peu restreint. C’est-à-dire maximum une trentaine de personnes pour pouvoir le faire. La 1ere phase va se dérouler à Ouaga, la 2eme phase va se dérouler à Bobo. Dans ces deux localités, il y aura la phase théorique et la phase pratique.

Donc la phase théorique va beaucoup permettre aux participants de s’informer sur des difficultés qu’ils peuvent rencontrer et comment déjà anticiper ou remédier immédiatement sur le champ. On a décidé de faire la pratique en 5 jours et la théorie aussi pareille, dont le tout en 10 jours. Et il y aura une phase suivi et évaluation. C’est-à-dire que ceux-là qui vont vraiment s’intéresser à la chose, il y aura une formation encore plus approfondie.

Parce qu’au niveau de l’atelier, la main d’œuvre manque beaucoup. Après la formation, on va voir ceux qui seront distingués comme des apprentis. Ils vont apprendre vraiment le métier et on espère dans un futur avoir des représentations un peu dans les provinces accessibles. Après le volet maintenance on a pour ambition d’évoluer sur le volet production d’instruments.

En plus, il y aura des visio-conférences avec d’autres luthiers qu’on a eu à contacter à travers le Réseau International de Luthiers et Instrumentistes (RILI), pour des partages d’expériences. Il y aura également des capsules vidéos pour ceux qui n’auront pas accès à cette formation et qui le désirent.

Burkina 24 : Comment faire pour postuler à la formation ?

Josué Bananjos : L’information va passer sur les réseaux sociaux et dans les canaux aussi de nos partenaires. Donc il y aura des contacts et la page aussi qui est là pour ceux qui sont vraiment intéressés. C’est pour ceux-là qui comprennent vraiment le sens même de cette formation.

On sera carrément rigoureux. Ça veut dire qu’il ne suffit pas juste d’être sélectionné pour se réjouir déjà. Car la discipline, l’assiduité et l’engagement seront de mise tout au long de la formation. C’est une opportunité que la formation soit subventionnée sinon c’est une formation qui devrait normalement couter. Il y a un formulaire à remplir pour postuler.

Burkina 24 : Les dates et lieux exacts de la formation sont déjà connus ?

Josué Bananjos : On était en train de discuter avec les partenaires. C’est la rentrée bientôt, donc il faut attendre que la rentrée se passe pour pouvoir fixer des dates exactes. Mais probablement entre le mois d’octobre et le mois de novembre.

Inscription pour la formation en lutherie 👉https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdh28b4MXLylLLCHKFOjVlvvzEdrXEuwS6FBKkOKxRDFiW9DQ/viewform

Akim Ky

Burkina 24

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