Ici Au Faso | À la découverte de Auguste Jean-Yves Nébié, journaliste et poète

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Jeune journaliste, Rédacteur en chef d’Infos Sciences Culture, poète, Auguste Jean-Yves Nébié nourrit une grande passion pour les lettres. Il est auteur de deux recueils de poèmes : Le silence des morts (octobre 2021) ; Des fleurs et des épines (juillet 2022). À travers ses œuvres, le poète dénonce les maux qui minent nos sociétés : terrorisme, pauvreté, changements climatiques, déforestation, violences basées sur le genre, guerre, etc. Curieux ou curieuse de découvrir ce jeune auteur ? Lisez cet entretien… 

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Burkina 24 : Pourquoi avoir choisi d’être écrivain ?

Auguste Jean-Yves Nébié : En vérité, j’écris, parce que je vis. C’est le meilleur moyen de me sentir vivant. J’ai mille et une vies éphémères qui méritent, toutes, un poème.

Quand j’ai commencé à écrire, ce n’était pas forcément pour être lu. J’écrivais d’abord pour moi-même. Pour me libérer, pour me défouler sans être jugé ou critiqué. J’éprouvais le plaisir de me confier à ma feuille, de lui raconter mes sentiments. J’écrivais mes joies, mes amours, mes instants de bonheur, mes peines, mes déceptions, mes douleurs. J’éprouvais un certain réconfort lorsque je me confiais aux oreilles discrètes de mon journal intime. 

Par la suite, est né le besoin de parler aux autres, de m’ouvrir au monde, de partager mes sentiments, mes opinions, mes valeurs. J’ai alors écrit pour marquer ma présence, parce que je ne veux pas mourir, parce que je veux laisser au monde quelque chose de moi. Quelque chose de durable.

Augustes Jean-Yves Nébié, journaliste, écrivain poète

J’ai écrit alors des poèmes pour interpeller, pour dénoncer, pour me révolter. Parce que nos maux (terrorisme, pauvreté, changements climatiques, déforestation, mort, violences basées sur le genre, guerre, injustice, etc.) ont creusé, ont incrusté dans chacune de nos âmes des douleurs, des cicatrices, des blessures ineffables. J’ai écrit pour que les choses changent. Chaque vers est une histoire, né du désir de créer un monde où l’amour du prochain inonde chaque ruisseau de nos êtres.

Burkina 24 : Quels thèmes abordez-vous dans l’œuvre Le silence des morts ?

Auguste Jean-Yves Nébié : Le silence des morts est un recueil de 44 poèmes, publié en octobre 2021 avec le soutien du journal Infos Sciences Culture. Il aborde plusieurs thématiques d’actualité. Le terrorisme, la mort, la bravoure des forces de défense et de sécurité, la douleur des familles des victimes du terrorisme sont des thèmes abordés à travers les titres Coupables, Le silence des morts, Les anges de la paix, Pour la patrie, Vaincre l’ennemi, Vivre face à la mort, Je dois partir, Noire solitude, etc.

Couverture de l’œuvre Le Silence des morts, de Auguste Jean-Yves Nebié

Il y a également d’autres thèmes comme l’amour, les changements climatiques, la déception amoureuse, le viol, la misère à travers des poèmes comme Le temps des adieux, La planète agonise, Discret amour, La doléance du misérable, Dignité violée, Le paresseux, etc.

Burkina 24 : D’où tirez-vous votre inspiration ?

Auguste Jean-Yves Nébié : L’inspiration vient du quotidien du poète que je suis. Tout m’inspire. L’enfant qui rit. Le feu qui éclaire. Le sourire ou le regard d’une femme. La douleur ou la joie d’une mère. Un parfum. Une fleur dans le matin. La douleur d’un peuple. L’espoir. La foi. L’amour. Tout.

Burkina 24 : Combien d’années il vous a fallu pour concocter l’œuvre Le silence des morts ?

Auguste Jean-Yves Nébié : Pour écrire Le silence des morts, j’ai dû faire environ 8 ans pour l’écriture et c’est finalement en 2021 que nous avons fait l’édition.

Burkina 24 : Parlez-nous de votre 2e œuvre, Des fleurs et des épines.

Auguste Jean-Yves Nébié : Des fleurs et des épines est un recueil de 64 poèmes, c’est-à-dire 20 de plus que le silence des morts. Dans ce recueil, nous parlons de plusieurs thèmes d’actualité également. Il y a toujours le terrorisme, la mort, la guerre, les violences faites aux hommes, aux albinos, aux femmes.

Mais, il est un peu plus centré sur l’amour, l’espoir, la femme, la sérénité pour apporter un plus d’espoir à tous ceux qui souffrent, à ceux qui ont besoin d’un cadre pour voyager, s’évader du quotidien qui est devenu assez pesant.

Burkina 24 : Que prône cette œuvre ? 

Auguste Jean-Yves Nébié : Nous caricaturons la dualité de la vie. C’est l’illustration du ying et du yang. La joie et la tristesse. La vie et la mort. La jeunesse et la vieillesse. La paix et la guerre. Le bonheur et le malheur. L’espoir et le désespoir.

Burkina 24 : Est-ce que les deux œuvres ont un lien ?

Auguste Jean-Yves Nébié : Oui, c’est une continuité. Dans le premier recueil, on parlait un peu plus de thèmes assez tristes. Maintenant, nous essayons de montrer qu’il y a de la beauté dans cette vie. On ne peut pas tout caricaturer en noir. Le deuxième recueil vient comme une suite logique du premier.

Burkina 24 : De quoi parlez-vous dans le poème Le silence des morts ?

Auguste Jean-Yves Nébié : Le silence des morts est un poème qui est contenu dans le premier recueil. C’est d’ailleurs ce poème qui donne son titre à l’œuvre. Je parle de la souffrance des familles des victimes, de l’absence de tous ces êtres chers qui sont partis. Leur absence nous afflige profondément. Il y a toujours cette douleur présente dans chaque âme.

 

Ils avaient des rôles très important dans la société. Ils étaient des pères de famille, des mères, des soutiens financiers. Ils étaient des piliers de nos familles. Je mets en valeur la place qu’ils occupaient et le vide qu’ils laissent derrière eux.

Burkina 24 : Est-ce qu’il y aura une suite à ces deux œuvres ?

Auguste Jean-Yves Nébié : Normalement, il doit y avoir une suite. Il y aura une suite. Tant que l’on vit, il y a toujours quelque chose à dire. Il y a toujours des émotions à partager. Il y a toujours un voyage à faire.

Burkina 24 : Que retenir de votre carrière d’écrivain ? 

Auguste Jean-Yves Nébié : J’ai une jeune carrière satisfaisante. Mon premier livre est sorti en octobre 2021. En juillet 2022, le deuxième livre est sorti. En moins d’un an, j’ai sorti deux livres. Le silence des morts a été étudié par des étudiants en troisième année de Lettres Modernes à l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest. Un des poèmes du premier recueil, Les anges de la paix, a été proposé à un examen blanc dans un établissement de Ouagadougou…  

Burkina 24 : Les messages que vous abordez dans vos écrits ?

Auguste Jean-Yves Nébié : L’écrivain est un être de son temps. Il y a un problème actuellement que nous travaillons à résoudre. C’est le terrorisme. Alors, j’en parle pour susciter une prise de conscience et un engagement individuel et collectif pour la paix.

J’espère sérieusement et je prie pour que ce fléau puisse être éradiqué. Que le terrorisme s’arrête et que la paix revienne au Burkina Faso. S’il arrive que la paix tant réclamée arrive, alors je vais maintenant écrire sur la paix, l’amour, l’espoir, l’éducation, la tolérance, le respect de nos valeurs endogènes. Je continue de parler des changements climatiques, des violences basées sur le genre, la misère, la pauvreté. Car, il est important de trouver des solutions à ces problèmes.

Burkina 24 : Selon vous, que faut-il pour sortir de cette crise sécuritaire ?

Auguste Jean Yves Nébié : Il y a beaucoup à faire et chacun doit jouer son rôle. Les journalistes doivent continuer à écrire les informations justes, à mettre en valeur les bonnes actions, à dénoncer ce qui n’est pas bien, à éclairer justement le public pour une prise de conscience.

Il faut que les poètes, les nouvellistes, les romanciers, les acteurs de la culture et des arts continuent à sensibiliser à la suite des journalistes. Il faut mettre en valeur nos valeurs endogènes. Il faut reconstruire l’idéal burkinabè. Construire un nouvel imaginaire collectif.

Les militaires doivent également faire leur boulot. Les décideurs faire leur boulot. Si chacun fait son boulot, tout va rentrer dans l’ordre.

Burkina 24 : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez en tant qu’écrivain ?

Auguste Jean-Yves Nébié : Il y a par exemple le problème du lectorat. Les gens ne lisent pas. Il y a par exemple ce monsieur qui dit qu’il préfère prendre son argent pour acheter de la nourriture au lieu d’acheter un livre. Il ne nourrit pas son cerveau. À l’extérieur, il est beau. Mais, à l’intérieur il est pauvre. 

Il faut lire pour trouver des perspectives, pour ouvrir des horizons. Même pour pouvoir gagner de l’argent, il faut lire des livres qui vous permettent de savoir investir, gérer son business, pour avoir des idées innovantes, etc. La lecture est très importante. 

Couverture de l’œuvre Des Fleurs et des Epines, de Auguste Jean-Yves Nébié

Ensuite, il y a le problème de la distribution. Nous essayons tant bien que mal de faire la promotion du livre. Nous travaillons à disponibiliser les livres un peu partout. Pour le moment ça va, on essaye quand même à travers les réseaux sociaux et les médias d’en parler.

Burkina 24 : Que faut-il alors pour pallier ces problèmes ? 

Auguste Jean-Yves Nébié : Il faut promouvoir la lecture par tous les moyens. Les prix de nos œuvres sont relativement moins chers. En réalité, ce n’est pas du papier qu’on vend. Nous vendons de l’expérience, des connaissances, du savoir-être, du savoir-faire, des valeurs, etc. Il faut donc acheter nos œuvres et les lire.

Le numérique nous offre aussi des solutions. Il y a des réflexions pour permettre aux écrivains de vendre efficacement leurs œuvres sur internet. Mais le problème, c’est la mentalité et les pratiques. Quelqu’un peut acheter la version électronique d’un livre. Et il va, dans des groupes sur WhatsApp ou Telegram, partager ce livre. Alors des milliers de personnes ont le livre sans payer. Et c’est l’auteur perd. 

Burkina 24 : Que nous réservez-vous pour la suite ?

Auguste Jean-Yves Nébié : J’écris toujours régulièrement. D’autres livres vont paraître. Je prendrais le temps de promouvoir ces deux œuvres. Mais, il y aura d’autres œuvres…

Merci à vous et à Burkina 24 pour cet entretien. Merci à Infos Sciences Culture qui m’a aidé à éditer le premier recueil. Merci au Bureau Burkinabè du Droit d’Auteur (BBDA) qui m’a accompagné pour l’édition du deuxième livre.

J’invite surtout les lecteurs à beaucoup lire parce que c’est la lecture qui nous permet d’acquérir un certain nombre de connaissances, de nous divertir, d’ouvrir large les horizons de notre avenir.

Le silence des morts coûte 4 000 F CFA et Des fleurs et des épines coûte 3 000 F CFA.

Interview réalisée par Sié Frédéric KAMBOU

Burkina 24

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