Burkina Faso : La saison agricole jugée relativement bonne mais une hausse d’insécurité alimentaire est à craindre

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Après deux jours de travaux d’évaluation tenus à Ouagadougou, les membres du comité de prévision de la situation alimentaire et nutritionnelle ont livré les résultats prévisionnels de la campagne agro-pastorale 2022-2023 ce vendredi 18 novembre 2022 à Ouagadougou.

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À l’issue des travaux, il est ressorti que sur le plan alimentaire, les céréales disponibles couvrent les besoins de consommation de la population pour l’année 2022-2023 à 96% et dégagent un déficit brut de 297 812 tonnes.

En tenant en compte du solde import-export, les participants à la session notent que l’excédent net se situerait à 378 098 tonnes, soit un disponible apparent de 218 kg par habitant par an.

Cependant, ils mentionnent que des disparités existent entre les provinces et les ménages agricoles. En effet, disent-ils, 19 provinces sur 45 que compte le Burkina sont déclarées déficitaires et 59,7% des ménages agricoles n’arrivent pas à couvrir les besoins céréaliers avec leur propre production.

À l’avenant, ils soulignent que les ressources pastorales sont disponibles dans l’ensemble mais restent difficile d’accès en raison des restrictions dues à la situation sécuritaire du pays.

Quelques membres du comité de prévision de la situation alimentaire et nutritionnelle

Ils disent aussi que l’état nutritionnel des enfants moins de 5 ans demeure préoccupant avec 7% de malnutrition aiguë. Sur 31 provinces enquêtées, 4 d’entre elles prennent une prévalence de malnutrition aiguë globale au dessus du seuil d’alerte de l’OMS (Sanguié 10, 4%, Ziro 10,6%, Passoré 10,3 et Oubritenga 10,5%). Aucune prévalence régionale ne dépasse le seuil de l’OMS, selon les membres du comité.

Également, les membres du comité de prévision de la situation alimentaire et nutritionnelle notent que la période projetée de l’insécurité alimentaire (juin-août 2023) pourrait connaître une dégradation marquée par l’augmentation des provinces.

À cet effet, Dr Denis Ouédraogo, ministre en charge de l’agriculture a indiqué que l’excédent de cette année est inférieur à celui de l’an passé mais il permet d’avoir une quasi stabilité en termes de production.

«Et cela se justifie par le fait que malgré le déplacement des populations la saison a été relativement bonne, les braves paysans et les services techniques ont mis du sien et nous sommes parvenus à des résultats réconfortants», a-t-il affirmé.

Dr Denis Ouédraogo, ministre en charge de l’agriculture

Sur l’insécurité alimentaire juin-août projetée par le comité, le ministre de l’agriculture a laissé entendre que malgré la quasi stabilité, il y a environ 12% de la population burkinabè qui sont dans une situation d’insécurité alimentaire entre octobre et décembre 2022.

«Si effectivement rien n’est fait cette proportion pourrait passer à 16% dans les mois qui suivent entre janvier et juin. Alors c’est justement pour pouvoir entreprendre les actions que nous avons fait les évaluations et le ministère de l’agriculture a un plan de réponse pour aider les personnes vulnérables à avoir ce dont ils ont besoin pour manger à leur faim», a-t-il soutenu.

Outre, le ministère en charge de l’agriculture, a renseigné Denis Ouédraogo, le ministère en charge de l’action humanitaire dispose aussi des moyens pour soutenir les personnes en insécurité alimentaire notamment les déplacés internes et les réfugiés qui résident au Burkina.

Des recommandations ont été formulées par le comité à l’endroit des ministères concernés. Au titre du ministère en charge de l’agriculture, le comité appelle à prendre des dispositions idoines pour distribuer les intrants subventionnés aux producteurs au courant avril-mai, le renforcement de la disponibilité des médicaments et des intrants nutritionnels pour le ministère en charge de la santé.

S’agissant du ministère en charge de l’eau, il lui a été demandé d’intensifier la réhabilitation des ouvrages hydrauliques dégradés et la réalisation des nouvelles autres infrastructures. Au ministère en charge de la solidarité, il lui a été recommandé de renforcer les capacités logistiques et opérationnelles du CONASUR.

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