Quand les plantes dépolluent les mines : Le PMF/FEM-PNUD et ses partenaires lancent leur arsenal vert contre la pollution au mercure
Face aux différentes menaces de pollution sur la diversité biologique observées dans les zones d’exploitations minières artisanales au Burkina Faso, le Réseau d’Appui aux Initiatives Locales de Préservation de l’Environnement (AILP-Environnement) à travers son « Projet de protection de la diversité biologique contre la pollution » porté par l’un de ses membres, la Société Coopérative de Warantage DI-TOUNG-DAANI de Kollo et financé par le programme de Micro financement du fonds pour l’environnement mondial du Programme des Nations Unis pour le Développement (PMF/FEM-PNUD), explore une solution naturelle : des plantes dépolluantes. Un atelier de validation du recueil de ces espèces végétales s’est ouvert le jeudi 5 février 2026, à Ouagadougou. Cette rencontre organisée par AILP-Environnement et DI-TOUNG-DAANI avec le soutien financier du PMF/FEM-PNUD, qui a connu la participation de divers acteurs de terrains issus de communautés de base de plusieurs localités du Pays y compris des artisans miniers, des universités et instituts de recherches, vise à offrir des solutions naturelles pour dépolluer les sols des zones d’exploitations minières artisanales contaminés en général par le mercure.
Le mercure, métal neurotoxique, pollue durablement les sols, les cours d’eau et l’air, principalement en raison de l’exploitation artisanale et à petite échelle de l’or. Cette activité est la grande source d’émissions de mercure dans le monde, soit environ 35 %.

Face à ce défi, le Programme de Micro financement du fonds pour l’environnement mondial (PMF/FEM-PNUD) s’est engagé dès 2018 à financer des projets. Et les résultats sont tangibles.
Il s’agit notamment de la « récupération de 110 hectares de sites miniers abandonnés, sensibilisation de plus de 200 000 personnes, retrait de 180 femmes et 200 enfants des sites pour leur réinsertion et la normalisation de 18 sites avec l’appui de Agence Nationale d’Encadrement des Exploitations Minières Artisanales et Semi – mécanisés (ANEEMAS)», a indiqué Issaka Ouédraogo, team leader environnement et énergie au programme des nations unies pour le développement (PNUD).

Au-delà de ces actions correctives, la recherche de solutions durables a conduit vers la phytoremédiation. Derrière cette approche, il faut saluer l’Institut de recherche en sciences appliquées et technologiques (IRSAT).
« L’enjeu de cet atelier est de valider un recueil qui identifie les différentes espèces dépolluantes connues dans la littérature et que l’on peut retrouver dans nos mines », a expliqué Dr Ollo Théophile Dibloni, chercheur au département environnement et forêt de l’institut de l’environnement et de recherche agricole (INERA).
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Le mécanisme est double : les racines absorbent les substances nocives du sol, tandis que le feuillage filtre et purifie l’air. « Des plantes comme le kenaf ont un potentiel immense. Non seulement, elles dépolluent, mais elles peuvent aussi offrir des débouchés économiques, comme la production de fibres », a illustré le chercheur.
La finalité de ce recueil est avant tout pratique et communautaire. « Si nos populations utilisent ces plantes, nous pouvons restaurer les sols dégradés par les produits chimiques et leur redonner des terres exploitables pour l’agriculture », a souligné le Dr Dibloni.

Avec plusieurs projets financés au Burkina Faso ayant permis de restaurer 88 000 hectares de terres et de séquestrer des millions de tonnes de carbone, le Programme de Micro-Financements de FEM prouve son efficacité selon Dr Martine Diallo/Koné, présidente du comité de pilotage du PMF/FEM-PNUD. « L’action des organisations communautaires est essentielle pour former des alliances et obtenir des avantages environnementaux concrets », a-t-elle affirmé.




