« Les Elles du Cinéma » : 16 visages pour un nouveau narratif burkinabè
Le mardi 17 février 2026 au musée national à Ouagadougou, l’association «Les Elles du Cinéma» a procédé à la sortie officielle la 2e promotion des bénéficiaires du programme de formation en jeu d’acteur et en réalisation cinématographique. Ils sont au total 16 impétrants dont 12 acteurs et 4 réalisatrices.
Pendant 7 mois de formation minés d’insomnie, de stress et de fatigue, Apolline Traoré, présidente de l’association «Les Elles du Cinéma» a expliqué que ces jeunes ont surmonté les péripéties pour réaliser leur désir de raconter. Selon elle, cela a été possible, grâce à la volonté de croire en leur rêve.

« Cette promotion a avancé longtemps dans la tourmente, marchant à contre temps, apprenant à faire confiance à soi même avant de voir l’horizon. Il eut une nuit lourde de fatigues muettes, de silences qui éprouvent parfois des larmes, mais jamais de l’abandon, car chaque pas était un choix, chaque jour une promesse ténue », a-t-elle expliqué.
Pour elle, l’objectif de l’organisation de cette sortie de promotion est un signe de reconnaissance du travail abattu par ces impétrants. « Aujourd’hui, nous ne sommes pas réunis pour annoncer une arrivée, nous sommes réunis pour reconnaître une traversée », a-t-elle déclaré.
Au cours de cette cérémonie, quatre films entièrement réalisés par les quatre filles formées en réalisation ont été projetés. Selon la présidente Apolline Traoré, la promotion précédente avait réalisée trois films.
Elle a expliqué que ces trois films ont conquis trois prix aux niveaux national et international. Pour la réalisatrice, cela est une preuve tangible que lorsque la jeunesse est accompagnée, elle transforme la marche en horizon.

« Rien de cela est un hasard, c’est le fruit d’un itinéraire pensé, d’une vision tenue et d’une confiance accordée aux talents qui naissent aujourd’hui », a-t-elle souligné.
Le ministre de la communication, de la culture, des arts et du tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a exprimé sa satisfaction pour l’organisation de cette cérémonie. Pour lui, cette école de formation contribue à la construction d’un narratif endogène inspiré des réalités sociales du Burkina Faso. Il a expliqué que la culture est un levier stratégique de transformation sociale et de renforcement de la souveraineté nationale.

« Une nation qui ne construit pas elle-même ses propres histoires, finit par s’enivrer de celle des autres, ou quelques fois des versions tronquées servies par les autres », a-t-il cité. Pour lui, le choix d’investir dans le cinéma est sine qua non pour une indépendance des imaginaires.
Le ministre a réaffirmé l’engagement de l’État pour l’accompagnement du cinéma à travers quelques politiques culturelles notamment la structuration des industries culturelles et créatives, soutenir l’émergence des talents chez les jeunes et les femmes et la garantie des espaces d’expression libre, responsables et enracinés dans les réalités du Burkina Faso.

Yacine Garané, impétrante, s’est réjouie d’avoir acquis cette formation dispensée grâce à Apolline Traoré et ses collaborateurs. Pour cette promotion qui a inclus 13 filles et 3 garçons, Apolline Traoré voit en perspective d’élargir dans les prochaines étapes, à la gent masculine. Par ailleurs, elle a annoncé que la saison 3 est prévue en avril-mai pour une nouvelle promotion.
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Daouda ZONGO et Soumane Wahab KARAMBIRI (stagiaires)
Burkina 24




