Communiqué | SNC 2026 : Abraham ABASSAGUE fait d’étonnantes révélations

Dans le cadre de la 22è édition de la semaine nationale de la culture (SNC 2026), nous recevons un invité spécial. Abraham Ouesséna ABASSAGUE puisque c’est lui qu’il s’agit, échange avec nous sur la SNC 2026, l’une des plus grandes manifestations culturelles en Afrique.
La SNC, son histoire, son format actuel et son impact sur les cultures du Burkina et d’ailleurs, sont autant d’aspects sur lesquels notre invité par ailleurs écrivain, auteur-compositeur, responsable de chorale et Directeur Général du Centre National des Arts, du Spectacle et de l’Audiovisuel (CENASA) du Burkina Faso nous conte avec un franc naturel.
Dans cet entretien, Abraham Ouesséna ABASSAGUE nous fait également d’étonnantes propositions à fort potentiel à même de séduire son Ministre de tutelle.
Mais avant, nous vous proposons de découvrir avec cet homme aux multuples casquettes la SNC, cet évènement culturel dont toute la presse en parle …
A.O.A : Déjà, ce que je peux dire très rapidement sur les origines, c’est que c’est le Camarade Capitaine Thomas Sankara qui, en 1983 dans sa dynamique d’utiliser la culture comme pilier central de sa quête de la souveraineté et de l’identité, a décidé qu’on ait une semaine dédiée à la culture nationale. A l’origine, l’idée était qu’on l’organise de manière tournante dans les différentes régions.
On a essayé une fois : Gaoua, Réo et Bobo… Mais on s’est vite rendu compte qu’il y avait des problèmes parce qu’il fallait draîner beaucoup de monde qu’il fallait héberger et restaurer une semaine durant. Et d’une région à l’autre, les réalités peuvent différer. On se souvient qu’à l’époque les gens disaient que le “Grand Ouest” semblait oublié voire délaissé par les politiques.
Étant donné que Bobo est la capitale culturelle de notre pays, (c’est la région par excellence des grands danseurs et chorégraphes…), les décideurs ont finalement fait le choix d’implanter la SNC à Bobo-Dioulasso. C’est ainsi qu’on a laissé la SNC s’installer définitivement à Bobo à partir de 1990.

Le Capitaine Thomas SANKARA : Initiateur de la SNC
L’objectif de la SNC est d’offrir aux yeux du monde entier une diversité de cultures en un seul endroit et permettre à nous-mêmes Burkinabè de mieux nous connaître. Etant donné que les activités se déroulent en compétition, il faut trouver le mécanisme qui sied pour retenir les meilleurs. Comme le projet est né sous la Révolution, il n’y avait évidemment pas de favoritisme. Il faut établir des critères. Alors, on retient d’abord les meilleures troupes par catégorie au niveau des régions. Les pouls culturels sont divisés en disciplines : danse traditionnelle, musique traditionnelle instrumentale, chœur populaire, vedettes de la chanson traditionnelle, Orchestre…. A ces disciplines s’ajoutent les sports traditionnels dont le tir à l’arc et la lutte traditionnelle. Ensuite, on prend les meilleurs dans chaque discipline et par région pour les conduire au niveau national, c’est-à-dire, à Bobo-Dioulasso.
Il faut rappeler un élément fondamental dans ce grand prix national, c’est le postulat établi que toutes nos cultures se valent. La compétition n’est donc pas pour les classer ou les comparer, non ! Mais lorsqu’il s’agira de représenter le Burkina à l’extérieur, quelle troupe est à même de le faire et pouvoir rester dans les règles de l’art ? C’est à cela que sert la compétition : mettre plusieurs expressions culturelles en scène, soumises à des règles identiques et à la même pression des critères. Dans ces conditions, lequel offre le meilleur « spectacle » ! Voilà.
ArtBF : Le CENASA sera-t-il présent à la SNC ?
A.O.A : Le CENASA abrite effectivement ce que nous appelons les Ensembles Artistiques Nationaux (E.A.N). Ces E.A.N sont constitués du Ballet National qui reproduit et promeut les danses de toutes les ethnies du Burkina. Le Ballet National peut interpréter différentes danses ethniques, du Fulfuldé au Gourmantché en passant par le Mooré, le SAN, le Dagara …etc
Le Président du Faso donnant le coup d’envoi de la 21è édition .
Nous étudions toutes les danses burkinabè, nous les codifions et nous les mettons en spectacle. Le Ballet National est constitué de danseurs professionnels qui ont été formés dans des écoles de danse.
Les EAN ont pour objectif entre autres, d’accompagner généralement le Chef de l’État dans ses voyages officiels, pour montrer la culture du pays à l’étranger. Au lieu qu’une troupe Gourounsi vienne danser seulement le DJONGO et ressortir, le Ballet peut montrer 5, 6, 7 pas de danse représentant la diversité culturelle du Burkina en une seule sortie et sur la même scène. Les Ensembles Artistiques Nationaux sont des professionnels et pour cette raison, ils ne vont pas en compétition à la SNC.
Abraham Ouesséna ABASSAGUE : Ecrivain, Auteur-compositeur, responsable de chorale et Directeur Général du CENASA
ArtBF : Quel est votre appel au public ?
A.O.A : D’abord, c’est de leur dire d’aller à la SNC. S’il y a un Burkinabè majeur qui n’est pas encore allé à la SNC, c’est qu’il y a quelque chose qu’il n’a pas encore vécu.
Aller à la SNC à Bobo, c’est ce qu’on appelle faire du tourisme interne. Le simple fait de décider d’aller avec sa femme, ses enfants ou ses amis et se reposer deux jours dans un hôtel, voir la ville, c’est un bien qu’on se fait à soi-même. Nous travaillons, nous avons même souvent de l’argent dans notre compte bancaire, mais on ne pense pas à se reposer, se faire plaisir et faire plaisir à ceux que nous aimons. Mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’à chaque fois que nous posons de tels actes, on n’a rien perdu. Bien au contraire, nous permettons ainsi au personnel qui travaille dans l’hôtellerie, dans la restauration de vivre mieux. C’est une façon d’investir utilement dans notre pays.
Ensuite, nous avons un service de sécurité qui est à féliciter. Il n’y a rien à craindre sur la question sécuritaire.
Et pour finir, c’est prier Dieu afin que tout se passe bien et qu’il n’y ait pas d’incidents. Nous souhaitons que tous ceux qui vont faire le déplacement puissent repartir chez eux en bonne santé et que le Burkina Faso continue de favoriser le bon vivre-ensemble.




