Enseignement supérieur burkinabè : Sidwendluian Romaric Nana fait Docteur en informatique

Le jeudi 28 mai 2026, le Laboratoire de Mathématiques et d’Informatique (LAMI) de l’Université Joseph Ki-Zerbo a produit un nouveau Docteur en Sécurité informatique et Cybersécurité. La soutenance de thèse de doctorat unique qui a prévalu à l’obtention de ce grade par Sidwendluian Romaric Nana s’est déroulée devant un jury international présidé par le Professeur Stanislas Ouaro, Directeur du LAMI.

Il y a plus de 6 milliards d’internautes de par le monde qui encourent chaque jour des risques d’attaques ; des cybermenaces dont la détection est une problématique au cœur de la thèse soutenue le 28 mai 2026 par Romaric Nana.

« Il a fait un très bon travail », s’est exprimé le Président du jury dont la satisfaction tient aussi au fait que « c’est le tout premier docteur encadré par le Dr. Didier Bassolé ». L’impétrant, durant environ 3 heures, aura sacrifié à la tradition académique qu’est la soutenance pour obtenir le grade de Docteur.

Une recherche appliquée sur un sujet d’actualité

Romaric Nana, doctorant en Informatique, a travaillé sur le thème « Approches basées sur les Large Language Models pour l’analyse des vulnérabilités dans les applications web » consigné dans un document apprécié par un jury de six membres dont deux en visioconférence (Enseignant du Sénégal et de la Côte d’Ivoire). Pour son Directeur de thèse, Dr Didier Bassolé, « c’est un sujet de grande actualité » que de mener des recherches sur les vulnérabilités qui exposent « plus de 74% de la population mondiale » utilisant internet.

« Notre travail a porté sur l’automatisation de la détection des vulnérabilités dans les applications web en utilisant les grands modèles de langage appelés LLM (ndlr : Large Language Models) » a expliqué l’impétrant, faisant comprendre que les LLM sont développés dans le domaine de l’intelligence artificielle en citant comme exemple très connu ChatGPT qui utilise un LLM appelé GPT.

Sidwendluian Romaric Nana

En effet, a-t-il alerté, « tout le monde ne vient pourtant pas sur internet avec de bonnes intentions. Il y a des utilisateurs malveillants qui profitent des vulnérabilités présentes dans les systèmes informatiques, notamment les applications web, pour perpétrer des attaques qui peuvent nuire aux utilisateurs et aux propriétaires desdites applications ».

Les grands modèles viennent apporter une solution pour permettre d’automatiser la détection de ces vulnérabilités. Leur avantage est que « même avec des quantités de données réduites, on peut les entrainer de sorte à obtenir des résultats conséquents ».

Pour son encadreur, Dr Bassolé, “c’est une recherche appliquée au contexte burkinabè qui a abouti à quatre (4) publications scientifiques dans des revues internationales impactées et abstractées (ndlr : revues de grande notoriété) ; cela nous permet donc de traiter de problématiques burkinabè”. Quant au Pr Ouaro, il espère bien que “ce travail à la fois théorique et pratique” servira à mieux sécuriser le cyberespace national.

Des perspectives de valorisation

Suite aux délibérations, le grade de Docteur en Informatique décerné par le jury avec la mention Très honorable, fait désormais de Sidwendluian Romaric Nana un spécialiste en Sécurité informatique et Cybersécurité. Son travail très apprécié par ses maitres bénéficiera d’un accompagnement qui valorisera sans doute ses résultats.

« Après cette soutenance, on va préparer un rapport qui sera adressé à nos plus hautes autorités sur les aspects d’analyse et de détection des vulnérabilités du cyberespace burkinabè », a rassuré le Pr Stanislas Ouaro.

Rappelant la nécessité de réadapter la réponse aux stratégies d’attaques « de plus en plus complexes et sophistiquées » des utilisateurs malveillants sur internet, le Dr Bassolé précise que le rapport technique qui sera élaboré “va proposer des pistes de réflexion” sur des solutions également sophistiquées pour atténuer les vulnérabilités découvertes.

Le désormais Dr Nana se dit “conscient des enjeux” liés à ce cap qu’il vient de franchir. En effet, reconnait-il, « soutenir une thèse relève d’une grande responsabilité parce qu’il y a la production de connaissances qui doit toujours se faire, ainsi que leur mise à jour et leur transmission à travers les enseignements ».

S’il affirme être prêt à assumer « pleinement cette responsabilité » avec l’aide de ses maitres, sur lui le Pr Ouaro fonde l’espoir d’une émulation au sein des étudiants pour « continuer de contribuer à asseoir une communauté scientifique solide dans le domaine de la sécurité informatique et de la cybersécurité dans notre pays ».

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