Réforme universitaire : Le ministère apporte des précisions sur le nouveau régime des études

Le ministère en charge de l’enseignement supérieur a tenu une conférence de presse ce mardi 5 mai 2026 à Ouagadougou. L’ordre du jour portait sur les nouvelles dispositions régissant les cycles de Licence et de Master, ainsi que sur l’annonce d’un moratoire exceptionnel.
D’entrée de jeu, cette rencontre avec les médias visait à apporter des éclaircissements sur l’application de deux arrêtés majeurs. Ces textes définissent les nouvelles règles académiques au sein des Institutions d’Enseignement Supérieur et de Recherche (IESR).
Selon Dr Honorat Roger Charles Nébié, directeur de cabinet du ministère, ces réformes ont une triple ambition à savoir fluidifier les parcours académiques, rehausser la qualité des formations et assurer une meilleure maîtrise des effectifs étudiants.

Toutefois, une lettre circulaire vient tempérer la mise en œuvre immédiate de certaines mesures. En effet, les articles 36 et 37 font l’objet d’un moratoire. Ces points concernent spécifiquement l’intégration de nouvelles disciplines transversales telles que le civisme, le patriotisme, l’informatique, les langues nationales, ainsi que les arts et le sport. Ce report doit permettre une refonte cohérente des programmes pédagogiques avant leur généralisation.
« En vue de la maîtrise des effectifs réels, les deux arrêtés prévoient l’exclusion systématique de tout apprenant, dès la première délibération, lorsqu’il obtient la note de zéro sur vingt (00/20) dans plus de 40 % des EC d’un semestre de Licence ou dans plus de 30 % des EC d’un semestre de Master », a précisé Dr Honorat Roger Charles Nébié.
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Cette rigueur nouvelle se heurte cependant à une réalité statistique préoccupante. En examinant les résultats du premier semestre 2025-2026 via la plateforme CampusFaso, le constat est sans appel.
Sur 36 652 apprenants inscrits, 3 794 étudiants (soit 10,35 %) ont obtenu un 00/20 dans l’intégralité des éléments constitutifs (EC), témoignant d’une absence totale aux évaluations ou d’un échec global. 6 149 étudiants (soit 16,78 %) se retrouvent sous le coup des 30 % ou 40 % de notes nulles.

Ces chiffres soulèvent, selon le directeur de cabinet, de réelles interrogations sur la planification actuelle des activités pédagogiques. C’est en raison de ces résultats initiaux que le gouvernement a choisi de faire preuve de flexibilité. Un moratoire d’un an a donc été accordé pour permettre aux étudiants et aux administrations de s’adapter à ces nouvelles exigences.
« Par conséquent, les étudiants initialement concernés par l’exclusion de résultant de l’application de ces dispositions au titre de l’année académique 2025-2026 sont autorisés à être réinscrits afin de poursuivre leurs parcours au titre de l’année 2025-2026 », a rassuré Dr Honorat Roger Charles Niébé.
Enfin, pour conclure cette rencontre, le ministère a annoncé l’ouverture prochaine de nouvelles filières universitaires. Ces dernières seront davantage tournées vers les branches professionnelles, afin de mieux aligner la formation académique avec les besoins du marché de l’emploi.
Aminata Catherine SANOU
Burkina 24




