FESTIC 2026 : Le film « Sarraounia » au cœur d’une réflexion sur la mémoire et l’image de l’Afrique

Dans le cadre de la 7e édition du Festival des Identités Culturelles (FESTIC), un master class autour du film Sarraounia du réalisateur mauritanien Med Hondo s’est tenu le samedi 16 mai 2026 à Ouagadougou.
Animée par Pr. Antoinette Tidjani Alou, professeure de littérature comparée à l’Université Abdou Moumouni de Niamey, cette rencontre a réuni étudiants, passionnés de cinéma et acteurs culturels autour des enjeux de la mémoire africaine et de la représentation du continent à l’écran.
À travers ce master class, les participants ont été invités à réfléchir sur la manière dont le cinéma contribue à construire, inventer et réinventer l’Afrique. Pour la conférencière, le film Sarraounia dépasse le simple cadre cinématographique pour devenir un véritable outil de transmission historique et identitaire.

« Il était question de se rencontrer autour de la manière dont on écrit ou réinvente l’Afrique à l’écran, c’est-à-dire comment, à travers un film, on partage une vision de l’Afrique qui exalte ce qui est beau, courageux et digne », a expliqué Pr. Antoinette Tidjani Alou.
Selon elle, le cinéma africain doit participer à la construction d’une image authentique du continent sans occulter les réalités difficiles, tout en mettant en lumière les valeurs, les résistances et les héritages culturels qui fondent les sociétés africaines.
Au cœur des échanges, la question de la mémoire collective a occupé une place centrale. La spécialiste de littérature comparée a insisté sur le rôle essentiel des artistes, écrivains, cinéastes et historiographes dans la conservation de l’histoire africaine.
« Nous avons besoin de nos gardiens de la mémoire, de nos cinéastes, de nos écrivains, de nos photographes pour conserver la mémoire vivante de qui nous sommes, parce que c’est à partir de la connaissance de soi qu’on peut se mettre debout, construire et avancer », a-t-elle soutenu.
Lire également 👉FESTIC 2026 : Ouagadougou célèbre les identités culturelles africaines face à la mondialisation
Très investie dans les recherches autour de l’histoire du Sahel et du personnage de Sarraounia, la professeure nigérienne dit avoir accepté cette invitation avec enthousiasme malgré ses responsabilités universitaires à Niamey.
« J’étais très ravie qu’on pense à m’inviter. C’est une problématique sur laquelle j’ai beaucoup travaillé et publié », a-t-elle confié.

Pour les organisateurs du FESTIC, ce master class s’inscrit dans la volonté du festival de faire du cinéma un outil d’éducation culturelle et de transmission mémorielle.
Le coordonnateur du Cinéma Numérique Ambulant Afrique et président du comité d’organisation du FESTIC, Wend-Lassida Ouédraogo, a expliqué que cette initiative est née du besoin de créer des espaces de réflexion autour des œuvres cinématographiques africaines.
« Au-delà des films qui nous renseignent sur notre mémoire collective, nous avons estimé qu’il y avait beaucoup d’actualité dans le film Sarraounia. Tout ce qu’il évoque, c’est ce que nous vivons aujourd’hui », a-t-il indiqué.

Présentée comme une innovation de cette 7e édition, la master class vise également à nourrir la jeune génération de cinéastes et d’étudiants en cinéma. « Si nous voulons avoir des scénarios de qualité et de bonnes réalisations, il faut permettre aux jeunes réalisateurs de s’inspirer de ce que les anciens ont fait », a souligné Wend-Lassida Ouédraogo.

Les activités du FESTIC 2026 se poursuivent jusqu’au 18 mai avec des projections de films à la cité universitaire de l’IDS ainsi qu’au quartier Ouidi, précisément au niveau de la rue marchande.
Un panel sur les identités culturelles à l’ère du village planétaire est également prévu le 18 mai 2026 à l’ENAM.
Aurelle KIENDREBEOGO
Burkina 24




