Sierra Leone : Arrivée de 9 migrants ouest africains expulsés des USA
La Sierra Leone a accueilli le mercredi 20 mai 2026 un premier vol transportant neuf migrants expulsés des États-Unis. Ce pays de l’Afrique de l’Ouest marque ainsi son entrée dans un dispositif américain d’externalisation des expulsions vers des pays tiers.
Ce sont au total sept hommes et deux femmes originaires du Nigeria, du Ghana, de la Guinée et du Sénégal qui sont concernées. Selon les autorités sierra-léonaises, elles ont été prises en charge à leur arrivée à l’aéroport international de Lungi, près de la capitale Freetown, avant d’être transférées vers un hébergement temporaire.
Les autorités locales indiquent que les migrants, décrits comme « traumatisés » par leur détention aux États-Unis, seront hébergés dans un hôtel et devraient être renvoyés vers leurs pays d’origine sous quinze jours. Certains auraient été arrêtés dans des circonstances diverses, y compris sur leur lieu de travail ou lors d’activités quotidiennes.
L’accord conclu avec Washington prévoit un accueil limité à 25 personnes par mois, soit un maximum de 300 par an, exclusivement issues de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les personnes transférées sont autorisées à rester jusqu’à 90 jours en Sierra Leone avant de rejoindre leur pays d’origine.
A en croire le gouvernement sierra-léonais, ce programme est financé par les États-Unis à hauteur de 1,5 million de dollars pour couvrir les coûts humanitaires et logistiques des personnes expulsées. Toutefois, aucune mention n’a été faite des éventuelles contreparties additionnelles.
Ce mécanisme s’inscrit dans une dynamique plus large impliquant plusieurs pays africains dont le Rwanda, le Soudan du Sud ou encore la République démocratique du Congo. Ces pays ont accepté d’accueillir des expulsés américains dans le cadre d’accords qualifiés d’opaques par des organisations de la société civile. L’ONG Human Rights Watch, en l’occurrence, a dénoncé ces dispositifs, estimant qu’ils pourraient contrevenir au droit international et devraient être suspendus.




