Lutte contre le mariage d’enfants au Burkina Faso : Le nouveau Code des personnes et de la famille expliqué aux journalistes

L’Association d’Appui et d’Éveil Pugsada (ADEP) et la Coalition nationale de lutte contre le mariage d’enfants au Burkina Faso (CONAMEB) ont initié, le vendredi 24 juillet 2026, une session d’information et de sensibilisation à l’intention des journalistes sur le nouveau Code des personnes et de la famille (CPF), en vue de vulgariser les dispositions relatives au mariage d’enfants et à la protection de l’enfant.  

Le Burkina Faso a récemment adopté un nouveau Code des personnes et de la famille. Ce texte comporte plusieurs innovations, notamment en matière de lutte contre le mariage d’enfants et de protection de l’enfant.

Une évolution qui constitue un motif de satisfaction pour l’ADEP et la CONAMEB, engagées depuis plusieurs années dans un combat acharné contre cette pratique.

Parmi leurs principales revendications figurait l’harmonisation de l’âge légal du mariage. En effet, l’ancien Code fixait l’âge minimum du mariage à 17 ans pour les filles contre 20 ans pour les garçons, avec la possibilité d’accorder des dispenses dans certaines circonstances. Désormais, le nouveau Code consacre l’âge de 18 ans comme âge légal du mariage aussi bien pour les filles que pour les garçons.

Eulalie Yerbanga/Ouédraogo, coordonnatrice de la CONAMEB et championne de la lutte contre le mariage d’enfants
Eulalie Yerbanga/Ouédraogo, coordonnatrice de la CONAMEB et championne de la lutte contre le mariage d’enfants

Aujourd’hui un nouveau Code des Personnes et de la Famille qui harmonise l’âge légal du mariage à 18 ans aussi bien pour les filles que pour les garçons a été adopté. C’est avec fierté, reconnaissance, gratitude et remerciement que j’adresse à tous ceux et toutes celles qui ont contribué à ce résultat”, a déclaré Eulalie Yerbanga/Ouédraogo, coordonnatrice de la CONAMEB et championne de la lutte contre le mariage d’enfants.

Pour elle, la promulgation de ce nouveau Code des personnes et de la famille constitue une avancée significative. Toutefois, il est nécessaire d’en assurer la promotion afin que les populations se l’approprient. “Mais nous le savons tous : l’adoption d’un texte, aussi important soit-il, ne suffit pas à elle seule. Encore faut-il qu’il soit compris, expliqué, approprié et porté auprès des populations.

L’objectif principal de cet atelier est de renforcer vos capacités (des journalistes, ndlr) sur le contenu du nouveau Code des Personnes et de la Famille, notamment en ce qui concerne les dispositions liées au mariage d’enfants et à la protection de l’enfant”, a-t-elle notifié.

Eulalie Yerbanga reconnaît que le rôle des médias est “absolument déterminant” pour la vulgarisation de ce nouveau Code. Elle a indiqué que la CONAMEB souhaiterait le traduire dans les langues nationales afin d’en favoriser une large diffusion, mais qu’elle reste confrontée à des contraintes financières.

Vous êtes des relais d’information ; vous êtes aussi des acteurs de transformation sociale. Par la rigueur de vos analyses, par la portée de vos mots et par la force de vos canaux de diffusion, vous contribuez à éclairer les citoyens, à nourrir le débat public et à soutenir l’enracinement d’une culture de protection de l’enfant”, a-t-elle soutenu.

Vue des participants
Vue des participants

Quant à la coordonnatrice des projets et programmes de l’ADEP, Absetou Sanfo/Lamizana, le mariage d’enfants demeure une réalité préoccupante, avec des conséquences graves sur la vie, la santé, l’éducation et l’avenir de nombreuses filles.

Dans ce contexte, l’adoption du nouveau Code des Personnes et de la Famille représente une avancée importante. Mais cette avancée juridique ne pourra produire tout son effet que si ses dispositions sont connues, comprises et relayées au sein des communautés”, a-t-elle ajouté.

Lire également👉Lutte contre le mariage des enfants au Burkina Faso : Que l’âge soit relevé à 18 ans pour tous les sexes

La CONAMEB et l’ADEP reconnaissent qu’elles n’auraient pas pu engranger tous ces résultats sans l’appui de leurs partenaires, en particulier Save the Children, qui les accompagne dans leurs actions de plaidoyer depuis 2018.

W.S

Burkina24

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