Procès Yé Yaké Camille : Le Parquet réclame 11 ans de prison ferme et 522 millions de F CFA d’amende

Le procès  Yé Yaké Camille et ses co-prévenus s’est poursuivi ce jeudi 5 mars 2026 au Tribunal de grande instance Ouaga I avec les réquisitions du parquet. Le ministère public a requis des peines d’emprisonnement allant de 15 mois à 11 ans de prison pour certains prévenus plus de lourdes amendes.

Dans son réquisitoire, le procureur est revenu sur l’origine de l’affaire, rappelant que c’est en 2024 que Yé Yaké Camille avait porté plainte contre Amidou Tiegnan, déclenchant ainsi une enquête. Toutefois, lors de l’instruction, ce dernier à son tour a accusé Yé Yaké Camille d’être impliqué dans les faits.

Selon le parquet, un détournement d’une telle ampleur ne peut se produire sans la connaissance du gestionnaire chargé des comptes concernés. « Yé Yaké Camille avait devancé l’iguane dans l’eau », a résumé le procureur, estimant que la plainte déposée visait à anticiper les accusations.

S’agissant du contrat de carburant d’un montant de 115 millions de F CFA, le ministère public a également mis en cause l’ancienne ministre de l’Action humanitaire, Laure Zongo/Hien. Selon le procureur, une partie du carburant destiné aux activités du ministère aurait été utilisée à des fins personnelles, pour un montant estimé à 86,3 millions de F CFA.

Il a par ailleurs évoqué des acquisitions immobilières dont l’origine des fonds serait difficilement traçable, ce qui, selon lui, caractérise l’infraction de blanchiment de capitaux.

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Le parquet a également détaillé ce qu’il présente comme les méthodes utilisées par Yé Yaké Camille pour détourner des fonds publics. Parmi celles-ci figurent l’organisation d’activités fictives, notamment un atelier supposé d’élaboration du rapport annuel de performances 2023 du ministère. Deux chèques de 8,1 millions et 2,5 millions de F CFA auraient été retirés pour payer des participants inexistants.

Le procureur a aussi évoqué l’achat de pagnes destinés aux activités du 8 mars, dont une partie des fonds, estimée à environ cinq millions de F CFA, n’aurait pas été reversée au ministère. À cela s’ajouteraient des surfacturations liées aux expressions de besoins du CONASUR, ainsi qu’une tentative de retrait de 40 millions de F CFA destinée, selon l’accusation, à soudoyer des agents de l’ASCE-LC venus effectuer un audit.

Au regard de ces éléments, le parquet a requis 11 ans de prison ferme et 522 millions de F CFA d’amende contre Yé Yaké Camille. Il a également demandé 5 ans de prison ferme et 258,9 millions de F CFA d’amende contre Laure Zongo/Hien. Des peines de 5 ans de prison ferme assorties d’amendes ont aussi été requises contre Ismaël Ouédraogo et Issiaka Sangaré.

Pour d’autres prévenus, notamment Pasco Billa, Kouka Dimanche Yaméogo et Lydie Bonkoungou, le ministère public a requis 15 mois de prison avec sursis, accompagnés d’amendes. Le parquet a également demandé la confiscation des biens de Yé Yaké Camille et de Laure Zongo/Hien à concurrence des montants présumés détournés, ainsi que la délivrance d’un mandat de dépôt contre certains prévenus.

Après ces réquisitions, l’audience a été suspendue afin de permettre aux avocats de la défense de présenter leurs plaidoiries.

Soumane Wahab KARAMBIRI et Daouda ZONGO (Stagiaires)

Burkina 24

Rédaction B24

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