RDC : Un médecin poursuivi pour « tentative de meurtre et torture » après un accouchement à Kinshasa

L’affaire de maltraitance d’une patiente après accouchement à Kinshasa a pris une tournure judiciaire. Depuis le 27 mars 2026, le médecin David Balanganayi Kayembe est poursuivi devant le Tribunal de grande instance de Kinkolé pour des faits qualifiés de « tentative de meurtre et torture », informe Radio Okapi.

Outre ces chefs d’accusation, le praticien est également poursuivi pour coups et blessures aggravés ainsi que pour atteinte à la vie privée. Ces poursuites font suite à la diffusion d’images montrant des actes de maltraitance sur une patiente lors de son accouchement dans un hôpital de la capitale congolaise.

À la barre, le médecin a rejeté toute intention criminelle, affirmant avoir agi dans un contexte d’urgence médicale. Selon lui, la patiente refusait de coopérer, mettant sa vie en danger après l’accouchement, notamment lors d’une intervention de suture consécutive à une épisiotomie.

Il reconnaît avoir volontairement « usé de la peur » pour provoquer une réaction chez la patiente et obtenir sa collaboration. « Une femme ne peut pas mourir en donnant la vie », a-t-il déclaré, justifiant une approche qu’il qualifie de nécessaire pour éviter une issue fatale.

Au-delà du volet judiciaire, cette affaire relance le débat sur les violences gynécologiques et obstétricales (VGO) en République démocratique du Congo.

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La présidente du caucus des jeunes du Réseau des femmes leaders africaines, Dorcas Bwalelo, dénonce un phénomène systémique encore largement tabou. « Actes sans consentement, propos humiliants, gestes brutaux… ces pratiques doivent cesser », a-t-elle déclaré lors d’un point de presse.

S’appuyant sur des données de l’Organisation mondiale de la santé, elle rappelle qu’une femme sur quatre dans le monde subit des maltraitances lors de l’accouchement. Elle appelle à une réforme juridique pour reconnaître et sanctionner explicitement ces violences.

La Première ministre Judith Suminwa a qualifié les faits de « profondément choquants et totalement inacceptables ».

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