Accidents de la route : L’épidémie silencieuse des fractures au Burkina Faso

Au Burkina Faso, les fractures brisent bien plus que des os. Elles bouleversent des vies, plongent des familles dans l’angoisse et rappellent, chaque jour, le lourd tribut payé sur les routes. Dans les couloirs des Centres hospitaliers universitaires (CHU) Yalgado Ouédraogo et de Tengandogo, les victimes d’accidents de la circulation se succèdent, souvent entre douleur, sang et incertitude. Ici, les traumatismes liés aux accidents routiers représentent la première cause des fractures. Derrière chaque lit d’hôpital se cache une histoire de souffrance, parfois un destin brisé. Reportage. 


Allongé sur un lit d’hôpital, la jambe emprisonnée dans des broches métalliques, Amidou Zampaligré, nom d’emprunt, regarde désormais la vie depuis le plafond de sa chambre d’hospitalisation.

Originaire d’un village situé après Koudougou, dans la région du Nando, il ne se sert presque plus de son pied droit depuis cette nuit qui a fait basculer son existence. Pour se lever, se nourrir ou simplement se déplacer, il dépend aujourd’hui entièrement de son épouse et de son frère.

Tout est allé très vite. Ce soir-là, alors qu’il revenait du marché de son village, presque arrivé devant son domicile, un motocycliste identifié comme ivre, lancé à vive allure, le percute violemment par derrière. Le choc est terrible. Sa cuisse droite et sa jambe se brisent sous l’impact. En quelques secondes, un simple retour du marché se transforme en drame.

Face à la gravité de ses blessures, la formation sanitaire de son village ne peut assurer sa prise en charge. Il est d’abord référé au Centre hospitalier régional de Koudougou, avant d’être transféré au CHU Yalgado Ouédraogo. Les médecins diagnostiquent une fracture ouverte, l’une des formes les plus graves de fracture, explique le Pr Mamoudou Sawadogo, chef du service de traumatologie-orthopédie.

Je revenais du marché, un homme ivre est venu me cogner…

Une fracture ouverte impose une véritable course contre la montre. La prise en charge doit intervenir immédiatement ou, au plus tard, dans les six heures suivant l’accident afin d’éviter les infections et les complications graves. Face à la gravité de son état, Amidou est transféré du CHR de Koudougou vers le CHU Yalgado Ouédraogo à Ouagadougou.

Sur son lit d’hôpital, il revient difficilement sur ce drame qui a bouleversé sa vie. « Je revenais du marché, un homme ivre est venu me cogner à l’arrière alors que j’étais presque arrivé chez moi. L’hôpital du village ne pouvait pas me prendre en charge. De Koudougou, on m’a envoyé à Ouagadougou », témoigne-t-il.

Au CHU de Tengandogo, Zacharias Bazié, nom d’emprunt, vit lui aussi les conséquences d’un accident de la route. Souffrant d’une fracture au genou droit et de graves blessures au visage, il doit subir deux opérations. Mais une importante perte de sang ayant provoqué une anémie, son intervention a été retardée. Allongé sur son lit d’hospitalisation, il attend désormais de pouvoir être opéré.

Zacharias nous raconte cette nuit sombre de sa vie. En quelques secondes, sa vie a basculé, dit-il, affirmant qu’il n’a rien compris. Il dit se souvenir que l’accident s’est produit vers 3 heures du matin alors qu’il rentrait chez lui. Il était à vive allure, reconnaît-il, quand un autre motocycliste, qui était dans le même état que lui, a percuté sa moto. Malheureusement pour lui, il se retrouve avec une fracture au genou droit et une autre grosse blessure au niveau du visage.

« On m’a évacué à Léo, mais comme c’était grave, on m’a emmené ici (CHU de Tengandogo, NDLR) ; on doit m’opérer du genou droit. C’était prévu aujourd’hui (vendredi 14 nov. 2025), mais cela n’aura pas lieu parce que je n’ai pas assez de sang. Je suis en train de suivre un traitement pour cela. Et d’ici là, je pourrai être opéré, si Dieu fait grâce », confie-t-il, visiblement affecté.

La jambe de Zakarias immobilisée
La jambe de Zacharias immobilisée

Selon le Dr Anatole Ouédraogo, maître de conférences agrégé en orthopédie-traumatologie et chef du service de traumatologie-orthopédie et neurochirurgie au CHU de Tengandogo, les accidents de la circulation routière constituent les premières causes des cas de fractures qu’ils reçoivent dans leur service. Il confie que les conducteurs des engins à deux roues sont les plus exposés.

« Dans ces accidents de la circulation routière, les engins à deux roues tiennent une place de choix. Et on le comprend aisément. Quand on emprunte ces engins à deux roues, les membres, qui sont les parties périphériques du corps, sont exposés au moindre traumatisme », explique-t-il.

Dr Anatole Ouédraogo, chef de service traumatologie-orthopédie et neurologie du CHU de Tengandogo révèle que les accidents de circulation sont les premières sont les causes des fractures et les usagers des engins à deux roues sont les plus touchés
Dr Anatole Ouédraogo, chef de service traumatologie-orthopédie et neurochirurgie du CHU de Tengandogo révèle que les accidents de la circulation sont la première cause des fractures et les usagers des engins à deux roues sont les plus touchés

Les fractures ouvertes sont les plus récurrentes, affirme le Dr Ouédraogo. Une fracture est dite ouverte, selon les explications de ce chirurgien orthopédiste, lorsque l’os est cassé avec une plaie qui met en communication le foyer de fracture avec le milieu extérieur.

Il mentionne que ce type de fractures nécessite une prise en charge urgente afin de minimiser les risques d’infection de la plaie, et même de l’os, ce qui est beaucoup plus grave. « Il faut agir vite pour éviter qu’il y ait une infection. Parce que l’infection va diminuer les chances de récupération fonctionnelle des membres touchés », complète-t-il.

Les difficultés dans la prise en charge, selon lui, sont premièrement d’ordre financier. La prise en charge d’une fracture demande des moyens financiers conséquents. Les ordonnances pharmaceutiques ainsi que les actes thérapeutiques demandent des moyens.

Le plateau technique du CHU de Tengandogo suffisamment outillé 

« Il faut faire face aux examens de diagnostic, notamment les examens biologiques et les examens de radiographie, et il faut faire face à l’achat des implants, ce que nous appelons le matériel d’ostéosynthèse. Cela représente un coût financier que, sur place, le patient lambda ne peut pas supporter. Voilà la grosse difficulté », souligne-t-il.

Il affirme que le plateau technique du CHU de Tengandogo est suffisamment outillé pour prendre en charge tous les types de fractures. Mais les principales contraintes, selon lui, se situent à deux niveaux. Les patients, qui se trouvent très souvent sans moyens financiers pour la prise en charge. Et le deuxième niveau de contrainte, c’est que le CHU, parfois, ne dispose pas de tous les consommables notamment les implants.

« Au CHU de Tengandogo, nous avons un bloc opératoire central qui permet à toutes les disciplines chirurgicales d’y avoir accès pour prendre en charge les patients. Il peut se trouver parfois qu’il y ait d’autres urgences qui prennent le dessus. Nous ne disposons pas suffisamment d’équipes pour pouvoir pallier tous ces besoins d’urgence, et le patient est obligé d’attendre », confie-t-il.

Tolérance et courtoisie dans la circulation

L’autre difficulté que relève le Dr Anatole Ouédraogo dans les structures sanitaires publiques, de façon générale, c’est le renouvellement tardif du matériel de travail. Ce qui, à l’entendre, limite le nombre de patients à prendre en charge. « Il y en a qui sont hors d’usage à cause de la vétusté. Des boîtes défaites de leur contenu, et cela limite les capacités de prise en charge », admet-il. La prise en charge des fractures n’est pas du tout aisée.

« Tolérance et courtoisie dans la circulation. L’essentiel de la mortalité aux urgences traumatologiques c’est lié au traumatisme du crâne (…) L’essentiel des morts ce sont les traumatisés crâniens. Cela souligne encore la nécessité du port du casque, l’obligation du port du casque », insiste, quant à lui, le Pr Mamoudou Sawadogo, chef du service traumatologie-orthopédie du CHU Yalgado.

Il explique que pour le cas de monsieur Amidou Zampaligré, ils sont obligés de traiter d’abord les plaies, puis de passer ensuite à la chirurgie osseuse.

« Si nous osons mettre le fer actuellement, nous allons lui créer d’autres problèmes, car l’infection osseuse est très dangereuse et peut conduire à l’amputation d’un membre. Pour le moment, nous devons traiter les plaies pour éviter les infections », dit-il.

Comme Amidou, plus de 99 % des fractures que Pr Sawadogo et son équipe reçoivent sont dues aux accidents de la circulation routière. Et la plupart des décès sont liés aux traumatismes crâniens et aux hémorragies. La chirurgie osseuse nécessite des matériels particuliers pour pouvoir réaliser une intervention correcte. Malheureusement, à en croire Pr Sawadogo, ce défi persiste toujours dans nombre de formations sanitaires, surtout en périphérie.

« Un service d’orthopédie de base doit comporter au moins un amplificateur de brillance. C’est une radiographie mobile qui permet de voir les os pendant l’opération. Donc, quand on a bien réduit, quand on se réfère à l’ampli, vous voyez que c’est bien réduit. Et là, vous pouvez bien fixer vos fragments. Et ça, il en faut partout où il y a des chirurgiens orthopédistes. Il faut un amplificateur de brillance », insiste-t-il.

Pr Mamoudou Sawadogo, chef de service traumatologie-orthopédie du CHU Yalgado indique que la plupart des décès sont liés aux traumatismes crâniens et aux hémorragies
Pr Mamoudou Sawadogo, chef de service traumatologie-orthopédie du CHU Yalgado indique que la plupart des décès sont liés aux traumatismes crâniens et aux hémorragies

À cela, relève-t-il, il faut également des tables opératoires modernes avec l’extension orthopédique. Il explique que l’extension orthopédique est un système qui permet de tirer sur le membre afin de pouvoir réduire la fracture. En l’absence de ce système, il indique que les chirurgiens sont souvent obligés de tirer eux-mêmes avec la main.

« Il faut vraiment ces équipements-là. En dehors de ces équipements, ce qui grève un peu la prise en charge des fractures, ce sont les consommables, c’est-à-dire les implants. Ce sont les fers qu’on utilise pour soigner les fractures. 

Quand on réduit la fracture, c’est-à-dire qu’on met les deux morceaux d’os bout à bout, il faut les maintenir dans cette position en utilisant les implants. Ça, ce n’est pas disponible dans toutes les formations sanitaires. Il faut prescrire, et le malade va aller acheter cela dans certaines pharmacies », déplore-t-il.

Éviter la perte de temps et le retard dans la prise en charge

Toutefois, le Pr Sawadogo souligne que le gouvernement fait un effort en termes d’implants. Il révèle qu’actuellement, la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques et des consommables médicaux (CAMEG) s’est mise dans la danse pour l’achat de ces consommables combien indispensables à la chirurgie osseuse. Il est convaincu que si la CAMEG continue de prendre à bras-le-corps l’acquisition des implants, cela facilitera la prise en charge des fractures.

« Il faut aussi, à un moment donné, qu’on arrive à disponibiliser les consommables de base : les compresses, les seringues, on doit pouvoir avoir cela à disposition. Pas que, quand un malade arrive, qu’il saigne, qu’il présente une plaie importante, qu’on soit là à prescrire ces petits consommables. 

Le temps de prescrire, le temps d’aller à la pharmacie, de ramener les médicaments, c’est une perte de temps énorme. Et surtout si c’est une urgence, une plaie qui saigne, un patient qui est dans le coma, à qui il faut poser une voie veineuse, cela entraîne une perte de temps et un retard dans la prise en charge », regrette-t-il.

Il mentionne que le CHU Yalgado joue, lui aussi, sa partition en mettant en place la dispensation individuelle nominative au niveau des urgences. Le Pr Sawadogo explique que cette innovation permet qu’une fois la prescription faite, l’accompagnant du patient puisse aller prendre les produits moyennant un paiement minime à la caisse.

« Ça raccourcit énormément le circuit. C’est une très bonne initiative qui facilite la prise en charge des fractures au niveau du CHU Yalgado », soutient-il. Une autre difficulté dans la prise en charge que les praticiens rencontrent est liée au reboutage.

Il faut venir à l’hôpital. Fracture ouverte chez le rebouteux, c’est l’infection garantie

Le Pr Sawadogo explique les rebouteux leur rendent la tâche difficile. Parce que dit-il, ils ne peuvent pas prendre en charge des cas complexes. « Pour être honnête, pour le moment, nous ne recevons que les complications qui viennent de chez les rebouteux », déplore-t-il.

Il affirme que si c’est une fracture fermée, ça peut aller mais le cas où c’est une fracture ouverte, cela dépasse les capacités du rebouteux. «Il faut venir à l’hôpital. Fracture ouverte chez le rebouteux, c’est l’infection garantie. Et quand l’os est infecté, c’est une catastrophe. On n’arrive pas à guérir ça. Et ça se termine par une amputation», prévient-il.

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Nonobstant ces difficultés et ces insuffisances de tous ordres, les chirurgiens orthopédistes réalisent des exploits avec le peu d’outils mis à leur disposition. Pour la première fois sur le sol burkinabè et dans un hôpital public, l’on a procédé à la pose d’une prothèse totale de genou.

La prothèse de genou est un dispositif médical qui consiste à remplacer une articulation défaillante en l’occurrence le genou. Cet exploit a été réalisé par le Dr Anatole Ouédraogo avec son équipe au CHU de Tengandogo.

La première intervention a concerné une dame âgée de 57 ans, et la deuxième, une patiente de 64 ans. « Toutes les deux patientes ont eu des suites opératoires simples. Et actuellement, toutes les deux ont repris leurs activités ordinaires. Elles marchent très bien et sans douleurs », affirme le Dr Anatole Ouédraogo.

Le CHU de Tengandogo s’est engagé dans une dynamique visant à rendre routinière cette activité de pose de prothèse totale de genou. Au CHU Yalgado, le Pr Sawadogo et son équipe avec à sa tête Dr Darga ont également procédé à une pose de prothèse totale de genou. Ce qui témoigne d’une avancée majeure dans la prise en charge des affections du genou au Burkina.

L’autre exploit réalisé par des chirurgiens orthopédistes burkinabè est l’œuvre du Pr Sawadogo alors qu’il officiait encore au Centre hospitalier régional de Ouahigouya. Pour lui, c’est un cas particulier et exceptionnel. Il s’agissait, à Ouahigouya, d’un monsieur, relate-t-il, qui remorquait sa femme sur sa moto. Ils ont été victimes d’un violent accident de circulation.

« La femme a perdu un fragment d’au moins 10 cm du fémur qui a transpercé la peau et qui est tombé sur le goudron. Mais c’était un fragment unique. Et puis le mari a eu la présence d’esprit de ramasser le fragment d’os, de le mettre dans un sachet, et les pompiers les ont immédiatement conduits à l’hôpital. Lorsqu’ils sont arrivés, la femme était en état de choc parce qu’elle avait beaucoup saigné », témoigne-t-il.

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Le Pr Sawadogo révèle que la femme était vraiment dans un état compliqué. Ils n’ont pas attendu le bilan opératoire, ils l’ont immédiatement amenée au bloc. C’est là qu’ils se sont rendus compte qu’il y avait un fragment de l’os du fémur qui n’était pas là.

Le mari se présente avec le fragment. L’équation pour Dr Sawadogo et son équipe était de réutiliser le fragment qui s’était retrouvé en milieu extérieur, en pleine chaussée, au risque de provoquer une infection.

Une expérience rarissime réussie

« Avec mes collègues d’alors, on a discuté, et puis on a décidé de tenter l’expérience de remettre le fragment en place. On l’a désinfecté, on l’a lavé abondamment. Quand je dis lavage, c’est vraiment un lavage pour s’assurer que tous les débris avaient été éliminés et que nous avions également éliminé le maximum de germes qui pouvaient donc se trouver sur l’os.

On a lavé avec de l’eau oxygénée, rincé avec du sérum salé, et on a badigeonné avec de la Bétadine. On a ouvert, on a réduit le fragment en place avec les matériels de fixation. Et comme par miracle, ça a marché. De façon extraordinaire, la patiente a consolidé.

Elle marche, elle vaque à ses occupations », avoue-t-il. Même si le Pr Sawadogo considère cela comme un coup de chance, cela reste un exploit et une expérience rarissime. Il estime néanmoins que ce ne sont pas des cas à répéter.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

En 2024, le service de traumatologie du Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo a enregistré 12 980 cas de traumatismes et fractures pris en charge aux urgences, entraînant malheureusement 218 décès : 30 morts en traumatologie et 188 décès en neurochirurgie, liés notamment à des traumatismes crâniens.

Pour l’année 2025, du 1er janvier au 31 juillet, le CHU Yalgado présente des chiffres tout aussi peu reluisants. Il a enregistré 9 614 cas de fractures, déplorant 139 décès, dont 41 en traumatologie et 98 morts en neurochirurgie.

Au CHU de Tengandogo, en 2024, ils ont enregistré 2 019 cas de fractures avec 22 cas de décès. Et au premier semestre de l’année 2025, ils dénombraient 918 fractures et 12 décès. Les conducteurs des engins à deux roues sont les plus exposés. Le port du casque est alors encouragé, car la majorité des décès est liée aux traumatismes crâniens.

Ne jamais négliger le port du casque ou de la ceinture de sécurité

Le coût global moyen d’une fracture relativement simple peut aller de 100 000 à 600 000 FCFA. Il peut varier lorsqu’il s’agit d’une fracture complexe dont le traitement peut prendre une année. Les causes les plus récurrentes au Burkina Faso restent les accidents de la circulation, et les usagers des engins à deux roues en paient un lourd tribut.

Pourtant, derrière chaque fracture se cache souvent un drame humain. Des dépenses lourdes et parfois une vie bouleversée à jamais. Dans les services de traumatologie, les chirurgiens continuent de lutter avec les moyens du bord. Mais pour eux, la meilleure opération reste encore celle que l’on peut éviter. Par la prudence, le respect du code de la route et le port systématique du casque et de la ceinture de sécurité.

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W.S

Burkina 24 

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