15 mai 2026 : « La vie est comme un escalier. Il faut savoir que l’on a toujours besoin de l’autre » (Zoug-Nanzaguemda)

En marge de la Journée des Coutumes et Traditions au Burkina Faso, célébrée ce 15 mai, le « baobab » de la musique burkinabè, Zoug-nanzaguemda, Issaka Ouédraogo à l’état civil a tenu à rappeler aux jeunes l’importance de leurs racines. Il a ainsi organisé un panel d’échanges autour du thème « À la découverte de nos traditions ».
L’événement s’est tenu dans la soirée du jeudi 14 mai 2026 à son domicile. Il a mobilisé de nombreux participants, notamment des autorités coutumières ainsi que la jeunesse du quartier.
Fort d’une carrière impressionnante de 87 albums, Issaka Ouédraogo a partagé des leçons de vie fondées sur les valeurs ancestrales. Il a particulièrement insisté sur la nécessité de maintenir les familles soudées, d’éduquer la jeunesse et de préserver la parenté à plaisanterie, qu’il considère comme un gage de paix essentiel au Burkina Faso.
« Autrefois, quand on avait de l’argent, on pensait à ses proches. Aujourd’hui, les gens sont dans une concurrence effrénée vers la richesse. Ils pensent qu’il faut être riche pour réussir sa vie, pourtant la mort nous rappelle que la richesse matérielle n’est pas l’unique but de l’existence », a-t-il souligné.
Il a déploré l’individualisme croissant en ces mots : « Aujourd’hui, les gens ne pensent qu’à eux-mêmes ou à leur seule famille restreinte. Pourtant, la famille doit s’étendre au sens large. Il ne faut jamais briser ce lien. L’argent, on n’en a jamais assez car il y aura toujours quelqu’un de plus fortuné que soi ».

S’exprimant en langue mooré, l’artiste a ajouté que : « Chaque personne doit se souvenir de son histoire. La vie est comme un escalier. Il faut savoir que l’on a toujours besoin de l’autre. Celui qui est né avant vous mérite le respect. Dans la vie, il y a trois piliers à respecter : l’autorité, l’intelligence et les aînés ».
Après un bref rappel de l’histoire des Mossé, l’artiste a insisté sur le rôle social de la parenté à plaisanterie. Cette initiative a d’ailleurs reçu le soutien du ministère en charge de la Culture, représenté par la Directrice régionale du Kadiogo, Noëlle Octavie Neya/Ouédraogo.
« C’est un honneur et une chance d’être ici aux côtés de ce monument », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter que : « Je lance un appel à la jeunesse pour qu’elle regarde dans le rétroviseur et revienne aux sources. Comme l’a dit Zoug-nanzaguemda, la parenté à plaisanterie est une source de paix qui permet d’éviter les conflits. Dès qu’une tension apparaît, il suffit souvent d’y recourir pour apaiser les cœurs ».
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Né le 31 décembre 1963 à Nédogo, Zoug-nanzaguemda est une icône de la culture mooré. Chansonnier célèbre depuis la fin des années 1970, il est reconnu pour son art du conte, ses conseils avisés et son style riche en proverbes, faisant de lui l’un des plus grands ambassadeurs de la musique traditionnelle burkinabè.
Abdoul Gani BARRY
Burkina 24




