Burkina Faso : A Houndé, un centre redonne espoir aux adolescentes vulnérables

Le Centre d’Éducation et de Promotion Sociale (CEPS) de Houndé, situé au secteur 3 de la commune, constitue un important vecteur de transformation sociale et de réussite pour les jeunes filles de la localité. Fondé en 1996 et érigé en service en 2023, ce centre public offre une perspective d’avenir aux adolescentes vulnérables à travers la formation professionnelle.
« En fait, j’ai aimé la couture. J’aime aussi me battre pour avoir mes propres sous de mes sueurs. C’est ce qui m’a fait venir à la couture. Avant de venir ici, j’étais élève. J’ai arrêté les classes en seconde C parce que j’ai redoublé deux fois la classe, et puis j’ai été expulsée.
Et puis, je n’avais pas aussi les moyens de m’inscrire dans un autre établissement. Mais, je n’ai pas baissé les bras. Je crois que si je me donne réellement, ça pourrait aller demain ».

Ces mots pleins de résilience et de dignité sont ceux de Nouma Niyorou Odile, l’une des apprenantes du centre. C’est précisément pour des profils comme le sien, des jeunes filles déscolarisées pour diverses raisons, mais aussi des Personnes Déplacées Internes (PDI) qui sont les pensionnaires du CEPS de Houndé. Dans ce lieu de reconstruction, des dizaines d’adolescentes qui avaient vu leurs rêves se briser ont retrouvé l’espoir, le sourire et une raison de croire en l’avenir.

Placée sous la responsabilité directe de Dabiré Pélagie, éducatrice sociale et chef de service de la structure, cette institution publique se donne pour mission principale de lutter contre la pauvreté. Pour l’année scolaire en cours, la structure accueille un effectif de 104 apprenantes engagées dans un cycle de formation d’une durée de trois ans.

Loin d’être un simple lieu d’apprentissage technique, le centre agit comme un moteur d’autonomisation et d’épanouissement personnel. L’apprentissage repose sur les métiers de la coupe-couture, complété par un programme axé sur l’éducation à la vie familiale et les compétences de vie courante.
Cette approche globale protège les jeunes filles en les armant face aux risques de grossesses non désirées ou de mariages précoces, tout en renforçant leur confiance en elles.

Braima Traoré, directeur provincial de la famille et de la solidarité du Tuy, apporte l’appui institutionnel de la direction provinciale à cette œuvre salvatrice et témoigne du succès éclatant du centre sur le tissu économique local.
« Le centre a déjà formé une centaine de filles. Lorsque vous voyez un atelier de couture tenu par une dame dans la commune de Houndé, vous allez vous rendre compte que cette dernière est passée par ce centre ici», a-t-il confié.

Selon lui, la structure contribue hautement à la réinsertion socio-professionnelle des jeunes filles. À terme, la première responsable du centre, Dabiré Pélagie, ambitionne de consolider ces acquis et de diversifier l’offre de formation en y intégrant le tissage du Faso Danfani afin d’élargir encore les opportunités de réussite de ses pensionnaires.
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La visite de terrain par les professionnels des médias dans le centre s’inscrit dans le cadre d’une mission d’immersion journalistique nationale organisée du 17 au 23 mai 2026 par le Ministère de la Famille et de la Solidarité (MFS) dans la région du Guiriko, qui couvre Houndé, Bobo-Dioulasso et Orodara.
Cette immersion vise d’abord à renforcer la visibilité institutionnelle, la transparence et la redevabilité de l’action publique en rapprochant la presse des réalités vécues par les populations, tout en mettant en lumière les politiques d’insertion et de prise en charge des PDI dans leurs localités d’origine.
Akim KY
Burkina 24




