Bolivie : Acculé par la crise, le président Rodrigo Paz réduit son salaire de moitié

La Paz a été le théâtre d’importantes manifestations populaires le lundi 25 mai 2026, alors que des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour réclamer la démission du président Rodrigo Paz, rapporte le média Blick.
Face à une contestation sociale grandissante, le chef de l’État bolivien a annoncé une réduction de 50 % de son salaire ainsi que de celui de ses ministres, dans une tentative d’apaiser les tensions.
Au pouvoir depuis novembre 2025, Rodrigo Paz fait face à la plus importante crise de son mandat. La Bolivie traverse actuellement sa pire situation économique depuis près de quarante ans, marquée par l’inflation, les pénuries et une forte dégradation des conditions de vie.
Dans les rues de La Paz, les manifestants dénonçaient la politique économique du gouvernement et réclamaient des augmentations salariales. Plusieurs slogans hostiles au président ont été scandés, tandis que la place Murillo, siège du palais présidentiel, était fortement sécurisée par les forces antiémeutes.
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La contestation a également pris la forme de barrages routiers. Selon les autorités, près d’une cinquantaine de points de blocage étaient recensés à travers le pays, provoquant des pénuries de nourriture, de carburant et de médicaments dans plusieurs villes, notamment à El Alto, Cochabamba, Oruro et Potosi.
Les protestataires accusent également le gouvernement d’avoir distribué une essence de mauvaise qualité qui aurait endommagé de nombreux véhicules.
Lors d’un discours prononcé à Sucre, capitale historique du pays, Rodrigo Paz a présenté la réduction des salaires gouvernementaux comme une contribution de l’Exécutif à « l’effort national ».
Le président a toutefois réaffirmé sa fermeté face aux manifestations violentes, estimant qu’« une minorité ne peut pas gouverner ».
Arrivé au pouvoir avec la promesse de rompre avec les politiques de gauche menées par Evo Morales et Luis Arce, Rodrigo Paz s’est rapproché des États-Unis, des institutions financières internationales et du secteur privé, tout en prenant ses distances avec les grandes organisations syndicales du pays.




