Prise en charge des patients dans les services d’urgences au Burkina Faso : « Aucun patient ne doit être refoulé ou orienté… » (ministère de la santé)

Ceci est une circulaire du Secrétariat général du ministère en charge de la santé relative à l’accueil et à la prise en charge des patients dans les services d’urgences des établissements de santé au Burkina Faso en date du 06 juillet 2026.
Circulaire
Objet : Accueil et prise en charge des patients dans les services d’urgences des établissements de santé.
L’accueil, le triage et la prise en charge des patients dans les services d’urgences constituent une obligation fondamentale de tout établissement de santé.
Il est toutefois constaté que certains patients sont parfois refoulés ou orientés vers une autre structure de soins sans avoir bénéficié d’une évaluation clinique préalable, notamment en raison de l’indisponibilité de lits, de la saturation des capacités d’accueil, de l’absence d’une référence formelle, du non-respect du circuit habituel de soins ou d’erreurs dans le renseignement des fiches de référence.
À cet égard, je tiens à rappeler que la pyramide sanitaire constitue un cadre d’organisation des soins et non une finalité en soi. Son application doit toujours être guidée par l’intérêt supérieur du patient, le jugement clinique du soignant, exercé dans le respect des bonnes pratiques professionnelles, ainsi que par les impératifs de santé publique. En toutes circonstances, la protection de la vie humaine doit demeurer notre priorité absolue.
Lire aussi👉🏿 Gratuité des soins au Burkina Faso : Un bilan encourageant, malgré des défis persistants
En conséquence, les dispositions suivantes sont portées à la connaissance de l’ensemble des établissements de santé :
Tout patient se présentant dans un service d’urgences doit être accueilli avec diligence, respect et sans discrimination.
Aucun patient ne doit être refoulé ou orienté vers un autre établissement de santé sans avoir été préalablement évalué par un professionnel de santé compétent. Cette évaluation doit permettre d’apprécier le degré d’urgence, d’administrer les premiers soins requis et de déterminer l’orientation la plus appropriée.
L’indisponibilité de lits, la saturation des services ou toute autre contrainte organisationnelle ne peuvent justifier le refus d’une évaluation clinique ou des premiers soins indispensables. Les équipes soignantes doivent prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer, dans la mesure du possible, la stabilisation du patient avant son éventuel transfert.
Voir également👉🏿Au Burkina Faso, la santé sort de l’ombre du privilège !
Lorsqu’un transfert vers une autre structure s’avère nécessaire, celui-ci doit, dans toute la mesure du possible, intervenir après stabilisation de l’état du patient. Ce transfert doit être préparé, sécurisé, précédé d’une prise de contact avec la structure de destination lorsque les circonstances le permettent, et accompagné des informations médicales nécessaires afin d’assurer la continuité des soins.
Aucun patient dont l’état laisse présumer une urgence médicale ou chirurgicale ne doit se voir refuser une évaluation clinique ou une prise en charge initiale au seul motif qu’il ne dispose pas d’une fiche de référence ou qu’il n’a pas respecté le circuit habituel de la pyramide sanitaire.
Il est rappelé que la pyramide sanitaire et le système de référence et de contre-référence sont des instruments d’organisation des soins destinés à en améliorer l’efficacité et la continuité. Leur application doit s’exercer avec discernement et ne saurait faire obstacle à la prise en charge immédiate d’une urgence médicale ou chirurgicale. En présence d’une urgence vitale ou potentiellement vitale, le jugement clinique doit prévaloir sur toute application mécanique ou excessivement rigide des procédures.
Les responsables des structures de soins sont instruits de veiller à l’application stricte des dispositions de la présente circulaire.
Ampliation : Cabinet MS (ATCR)
Le Secrétaire général
Dr Joel Arthur KIENDRÉBÉOGO
Chevalier de l’Ordre de l’Étalon






