Mina Touré : Promotion des cheveux afro avec les Nappy Days

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La capitale ouagalaise regorge de plus en plus d’adeptes du mouvement « Nappy » qui prône le retour au naturel. Si certaines restent toujours réticentes à cette nouvelle pratique, les militantes restent convaincues qu’il s’agit de la meilleure option en tant que femme africaine. Nous sommes allés à la rencontre de Mina Touré, l’une des organisatrices des Nappy Days Ouaga. Une lutte qu’elle a entamée officiellement depuis trois ans avec des passionnées de cheveux crépus.

Burkina 24 (B24) : Bonjour Mina, quel plaisir de vous rencontrer aujourd’hui. Avant de commencer, les lecteurs voudraient vous connaître davantage. 

Mina : Je suis Mina Touré, titulaire d’un master en stratégie et innovation d’entreprise. Je suis actuellement directrice administrative d’un collège à Ouagadougou, et aussi co-créatrice de la marque de vêtements Kelen. Parallèlement, je suis engagée dans différents mouvements sociaux, notamment le mouvement « Nappy ». Mes principaux centres d’intérêts sont : la sensibilisation autour de l’éducation, axée sur l’apprentissage de notre culture. J’encourage son acceptation et sa valorisation au sein de la société.

B24 : Parlez-nous plus du mouvement « Nappy ». Quelle est sa portée au Burkina Faso?

Mina : Le mouvement « Nappy » est certes en évolution, mais relativement jeune au Burkina Faso. Ici, nous sommes toujours dans la phase de compréhension. Les femmes se demandent comment passer du stade « défrisée » à « naturelle ». Plusieurs femmes ne savent pas comment entretenir leurs cheveux crépus et ont peur de se lancer. Il existe toujours cette crainte sur l’entretien des cheveux et sur la remise en question de la beauté du cheveu crépu. Il s’agit toujours d’un chantier car il reste beaucoup de choses à faire.

B24 : Qu’est-ce qui vous a poussé à vous engager et militer dans ce domaine ?

Mina : Il faut l’avouer, je n’étais pas forcément consciente du mouvement au départ. Tout est venu d’un besoin de me débarrasser de ces cheveux défrisés que j’avais. Après, en apprenant mieux sur le mouvement, que je l’ai réellement intégré et j’ai décidé d’encourager le retour au naturel, de partager mon expérience et ma passion au sein de ma communauté.

B24 : « Entretenir ses cheveux crépus, c’est trop compliqué »! Que pensez-vous de cette phrase qu’on entend très souvent?

Mina : C’est la phrase que j’entends tous les jours (rire). Non, pas du tout. Ce n’est pas plus compliqué que d’entretenir son visage ou son corps. Il suffit juste d’apprendre à connaitre ses cheveux, à connaitre la routine adaptée. Nos cheveux naturels font partie de notre identité. C’est tout à fait normal de les garder et les entretenir.

B24 : Vous avez créé depuis 2015, les Nappy Days Ouaga avec une partenaire. Qu’est-ce qui vous a poussée à créer cet évènement ? Quel est l’objectif des Nappy Days ?

 Mina : Exactement. Avec ma partenaire, nous avons commencé en 2015. En organisant cette première édition, notre objectif était de rassembler une communauté afin de discuter, apprendre et échanger. Nous voulions surtout apprendre.

Ensuite, l’évènement est devenu plus grand, avec de nouvelles idées, de nouvelles exposantes, des experts. Cette année, la 3e édition sera encore plus grande. En effet, nous nous sommes ouvertes et avons décidé d’intégrer de nouveaux partenaires et de nouvelles idées. L’objectif est de réunir la communauté et toutes les parties prenantes du domaine des cheveux crépus. Nous voulons aller au-delà des clichés, apprendre et former les femmes et les hommes qui souhaitent entretenir leurs cheveux. Pour moi, le mouvement « Nappy » représente une base pour la femme africaine.

B24 : La 3e édition se tiendra du 20 au 27 juillet 2018 à Ouagadougou. Qu’est-ce que vous apporterez de plus aux participants ?

Mina : Les participants auront l’occasion de rencontrer des experts dans le domaine, d’échanger avec ces personnes, d’acquérir des produits capillaires made in Burkina Faso, et d’assister à une panoplie de formations à thèmes qui leur permettront d’aller au-delà de tous les clichés sur les cheveux crépus.

B24 : Un  mot pour la fin ?

Mina : L’Afro c’est chic, tel est notre mantra pour cette année ! Merci !

Dalila YARO

Chroniqueuse pour Burkina24

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