Terrorisme au Burkina: « Ne me mettez pas ce problème sur la tête » (Diendéré)

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Le Général de Brigade Gilbert Diendéré était de nouveau à la barre ce lundi 3 décembre 2018. L’audience a repris à 9h 10, l’accusé toujours dans les mains du Parquet militaire.

La signature des communiqués du Conseil national pour la démocratie (CND) est revenue sur la table des débats. « J’ai signé les communiqués en tant que Président du CND. Je n’ai signé aucun laisser-passer. C’est ici que j’ai entendu parler de cachet CND. Je n’ai aucune idée de leur conception », a affirmé Gilbert Diendéré.

A l’écouter, son image a même reçu un coup pendant les événements. « A un moment donné, au RSP, je n’étais plus crédible. Certains éléments disaient que je prenais de l’argent avec Isaac Zida ou bien comme on vient de la même localité, que j’étais devenu un traître », a-t-il déclaré.

Pour l’ancien Chef d’Etat-Major particulier de la Présidence du Faso, le coup d’Etat ou du moins l’arrestation des autorités a été « spontané » et l’accompagnement de la hiérarchie militaire a été « acté ». « J’ai dit et répété ici que ma vie était en danger », a répondu le Général Diendéré à une question du Parquet de savoir s’il a été contraint d’assumer le putsch.

Expertise des SMS : Pascal Zaïda cité

Concernant les SMS, il dit ne pas reconnaître la fiabilité de l’expertise téléphonique. « Je ne peux pas demander une contre-expertise à quelque chose que je n’ai pas reconnu de prime abord. Sinon, je connais très bien Monsieur Sanfo. Je sais de quoi il est capable. Nous avons plusieurs fois travaillé ensemble », a fait noter l’ancien patron des renseignements burkinabè.

A une autre question émanant du Ministère public, l’officier militaire réagit en ces termes : « Moi, je suis dans la lutte antiterroriste. Ce n’est pas moi qui vais amener des terroristes au Burkina Faso. Ne me mettez pas ce problème sur la tête ».

Le Procureur militaire est par ailleurs revenu sur des SMS reçus par le Général Diendéré. Entre autres messages envoyés notamment par Pascal Zaïda, « Soutien total et encouragements » envoyé le 22 septembre 2015, « je conduis des OSC anti-exclusion à Laïco » envoyé le 23 septembre et « Bonjour mon Général. Juste vous réitérer notre soutien » envoyé le 24 septembre. « Je n’ai pas de commentaire particulier à faire. Je demande au Parquet de me poser des questions sur les messages que j’aurais envoyés », a-t-il fait observer.

A 12h 12, le Parquet a clos sa série de questions et d’observations. Le Président du Tribunal a donné la parole aux Conseils du Général Diendéré qui demandent aussitôt et obtiennent une suspension de 15 minutes.

A la reprise de l’audience, le Général a réaffirmé qu’en tant que « chômeur occasionnel » au sein de l’armée, il ne pouvait donner aucunement des ordres à la hiérarchie militaire. Maître Olivier Yelkouni et Maître Latif Dabo ont tenté de démontrer la complicité de la hiérarchie militaire en attendant les séances de plaidoiries.

Leur confrère, Maître Mathieu Somé se demande pourquoi les transcriptions des écoutes téléphoniques débutent le 22 septembre 2015. « Qu’est-ce qu’on cache aux victimes et au reste du peuple ? Où sont parties les communications du 16 au 21 septembre 2015 ? », lance l’avocat. L’audience se poursuit demain 4 décembre 2018 à partir de 9h.

Noufou KINDO

Burkina 24

Il y a 2 commentaires

  1. Ce procès n’est simplement qu’une parodie…que ça soit la classe politique ou la hiérarchie militaire,personne n’a intérêt a ce que la vérité soit connue..le peuple est en train d’être boulanger ..

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Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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