Fêtes de fin d’année : Réveillon avec des FDS !
Dans la nuit du 31 décembre 2023 au 1er janvier 2024, des éléments du centre de Coordination opérationnelle des Forces de sécurité intérieure composées de la gendarmerie nationale, la police nationale et de la Brigade nationale des Sapeurs-pompiers ont veillé au grain pour assurer la quiétude à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Nous étions au front avec eux. Récit d’une patrouille « Réveillon du 31 décembre 2023 avec des FDS » !
Dimanche 31 décembre 2023. Des esprits sont à la fête. Ouagadougou, la ville veilleuse connait des mouvements de populations. Ce sont les préparatifs des fêtes de fin d’année. Ça ne parle que fête ! Le discours du Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, retentit et fait écho.
Pendant ce temps, nous sommes une dizaine de journalistes en mission embarquée pour passer le réveillon aux cotés des forces de Défense et de Sécurité commises à la tâche. Objectif : veiller sur la sécurité de la ville de Ouagadougou et porter secours aux personnes en détresse.
Nous partons de la Première Compagnie de la Brigade nationale des Sapeurs-pompiers (BNSP) de Ouagadougou. Il est 20 heures environ, après avoir reçu le briefing du Commandant Bazongo Didier, Commandant de la première compagnie de la BNSP, Chef des centres des opérations de la BNSP.
Le commandant nous introduit déjà sur la mission des soldats du feu, fortement sollicités dans les moments festifs, au sein du centre de Coordination opérationnelle des Forces de sécurité intérieure, qui regroupe toutes les forces de sécurité et de défense pour la sécurisation des villes. Renforcer les mesures de protection des personnes et des biens du 24 décembre au 1er janvier 2024. C’est le défi de ces braves hommes.
En vue donc de répondre aux sollicitations de secours d’urgence en ces périodes de fêtes, des équipes ont été stationnées dans des endroits stratégiques. Pour la nuit du 31 décembre 2023 au 1er janvier 2024, au niveau de l’hôpital Schiphra une ambulance est stationnée, également au rond-point de Kossodo, au niveau du rond-point de la transition dans le quartier Bonheur-Ville, et dans la commune rurale de Saaba. En plus de cela, des zones accidentogènes ont été identifiées et des éléments motorisés y ont été stationnés, nous informe le Commandant Bazongo.
Dans un bus de la gendarmerie nationale, nous embarquons de la première compagnie de BNSP pour le Centre de coordination des opérations et de transmission (CCOT) situé au quartier Ouaga 2000. C’est un centre d’appels modernes pour répertorier, traiter les appels et planifier les interventions des secours de la BNSP.
Là, nous trouvons le Commandant Badolo Wilfrid, commandant de la 8e Compagnie des Sapeurs-pompiers et ses Hommes rompus à la tâche. Dans la salle de traitements des appels dudit Centre, face aux ordinateurs, des écouteurs aux oreilles, la quinzaine d’éléments en poste reçoivent les alertes, les traitent, avant l’envoi des secours sur le terrain.

Ses Hommes sont au travail nuit et jour sous la surveillance du Commandant himself. Leur mission est noble et pénible à la fois. Il est 21h environ. Le tableau affiche plus de 4500 appels traités, plus de 13 000 appels abandonnés pour la seule journée du 31 décembre 2023.

Et pour ce centre capable de recevoir 30 appels simultanément. En moyenne plus de 20 postes sont permanemment occupés. Visiblement au-delà de l’effectif en poste ! La ligne 18 est permanemment occupée et pire, brouillée surtout quand les appels des plaisantins s’y mêlent. Pour dire, la plus grande difficulté, ce sont les appels insensés et sans objet, les fausses alertes, déplore le Commandant Badolo.
« La difficulté majeure qu’ils rencontrent, c’est l’encombrement inutile de la ligne 18. Il y a beaucoup d’appels malveillants. Il y a beaucoup de gens qui appellent juste pour tester leurs numéros. Ce qui fait qu’on reçoit beaucoup d’appels mais, il n’y a pas autant d’interventions », souligne-t-il.
Il est 21h05 minutes, quand nous disons au revoir à l’équipe du CCOT. La prochaine escale, c’est à Saaba, au niveau de la station OTAM sur la route de Fada (RN4). À ce poste avancé, une ambulance des soldats du feu est bien stationnée. L’équipe est en position et prête à intervenir à tout moment. Et pour cela, ils ne chôment pas. Nous stationnons également pour peu.

Il n’a fallu qu’une vingtaine de minutes pour annoncer un accident au niveau de l’ancienne mairie de Saaba. L’équipe démarre en trompe et nous les suivons aussi. Mais sur place, il s’agit d’un fait mineur. Après un accrochage, les intéressés ont fait un règlement à l’amiable.
Et voilà un cas pratique, la BNSP vient de faire un déplacement sans objet. Et c’est là, la difficulté majeure que les éléments de la BNSP croisent sur le terrain. Les fausses alertes et les déplacements sans objet qui occupent les Hommes et mettent en attente des besoins urgents de secours.
A 22h 25 minutes, nous embarquons. Passant par l’échangeur de l’est, direction Tampouy. Au pied de l’échangeur du nord, un Checkpoint de la Gendarmerie nationale est en place. C’est un contrôle inopiné des papiers d’identité et des papiers des engins des usagers.
Si la plupart des usagers coopèrent, il y a certains, dès qu’ils aperçoivent le dispositif, font demi-tour et filent à la vitesse d’éclair. Cependant, les plus rusés font semblant de stationner et profitent de la foule ou de l’inattention des pandores pour fuir.

C’est le Lieutenant Zougmoré Ange, en ange gardien, qui veille à la sécurité avec ses Hommes. « Nous faisons la troisième de nos contrôles. Cela consiste à vérifier les identités des personnes et leurs moyens afin de s’assurer que cela leur appartient. Dans le cadre de notre mission régalienne, nous sommes là pour assurer la sécurité des personnes et de leurs biens et aussi secourir les personnes en situation de détresse », résume le Lieutenant.
Après vérification, les usagers qui ne disposent pas de papiers d’identité sont embarqués pour un commissariat pour des vérifications et les engins sans papiers sont également confisqués. Cette mission permet de récupérer bien d’engins volés, notifie le Lieutenant.
En plus des contrôles, les forces sensibilisent les usagers sur le port de casque pour ceux qui sont à deux roues et conseillent la modération en matière de vitesse. Les autorités se préparent à rendre obligatoire la vente du casque. Le port du casque n’est cependant pas trop dans l’habitude des Burkinabè. Mais les usagers reconnaissent de même le bien-fondé de la mission de ces gardiens de la paix et l’apprécient à juste titre.
« C’est pour notre sécurité, c’est une bonne chose et je suis content d’eux », martèle Kanazoé Abdou, un usager. C’est le même son de cloche pour Ouéna Sidina qui a aussi ses papiers sur elle. « C’est une bonne idée. C’est pour la sécurité de tout le monde », clame la jeune fille.

Nous sommes à la porte de la nouvelle année. Car nous avons quitté ces lieux à quelques minutes de la fin de l’année 2023, soit aux environs 23h 50 minutes. Et le froid est torride avec de légers vents frais provenant du barrage de Tanghin qui alimente la zone. Il faut y être pour sentir. Mais les éléments exécutent leur mission avec passion et dévouement. C’est d’ailleurs un sacerdoce avant tout !
Et d’un moment à l’autre, nous voilà pieds joints dans la nouvelle année 2024. Des légers cris de joie, sifflements et ronflements de motos se font entendre dans la ville. La musique se fait entendre également. Mais par rapport aux années précédentes, on sent de la retenue. Les Burkinabè ont enfin pris conscience de la situation du pays ? Nul ne saurait répondre. Il ne faut pas perdre de vue la vie chère qui est meilleure conseillère, qui impose sa loi et rend molles les oreilles dures, bref !
Nous poursuivons. Non loin, nous sommes à Arbr-yaar. Nous croisons une équipe de la Brigade Anti-criminelle (BAC) de la Police nationale qui arpente une zone criminogène. Là, également un Lieutenant à la manœuvre, c’est le Lieutenant Cheikh Omar Ouédraogo et ses Hommes. Nous faisons chemin avec les guets. À un jet de pierre, un dépotoir à ciel ouvert dans le quartier Tanghin. C’est une zone réputée et fréquentée par des brigands qui agressent et spolient les biens des passants. C’est aussi un fumoir.

Dans cet espace sombre et silencieux comme un cimetière, les éléments du lieutenant Ouédraogo tombent sur trois jeunes. Dès qu’ils aperçoivent les forces, c’est le sauve qui peut. Mais peine perdue, ils seront rattrapés par les éléments qui ont déjà investi les lieux. Après vérification, aucun d’eux n’avait de documents d’identité sur lui et l’un d’entre eux détenait une arme blanche notamment un canif.
Difficile de définir leurs intentions, mais leur comportement est suspect. Et le lieu, ce nid de drogués, n’est pas favorable à un citoyen lambda dans une certaine heure, surtout pas au-delà de 19 heures, selon les avertis. Ils seront alors embarqués par la BAC. Nous sommes dans les premières heures de la nouvelle année. Décidément, l’année débute mal pour ces jeunes qui feront le réveillon de gré ou de force dans un commissariat.
Nous disons au revoir à cette équipe aux environs de 1h du matin pour regagner la première compagnie de la BNSP. Fin de mission pour les chasseurs d’informations mais les FDS continuent jusqu’au matin, et même plus, pour la sécurité des citoyens.

En rappel, les éléments du centre de Coordination opérationnelle des Forces de sécurité intérieure comprenant toutes les forces de défense et de sécurité qui interviennent dans la sécurisation des villes et campagnes à savoir le COTN et son centre intégré des opérations, le groupement des forces pour la sécurisation du centre, la Coordination opérationnelle des services de sécurité, la Gendarmerie nationale, la Police nationale, la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, les agents des Eaux et forêts, les GSP et la Police municipale, sont sur pied et veillent pour la sécurité des populations.
Leurs missions, les patrouilles sur les artères de la ville, des contrôles de papiers d’identité et papiers des engins, etc. La Coordination des forces opérationnelles est active depuis le 15 décembre 2023 dans toutes les grandes villes du Burkina Faso pour renforcer la sécurité.
Akim KY
Burkina 24




