Finis les chefs multidiffusion : C’est le trône ou l’urne, mais pas les deux !
L’Assemblée législative de transition (ALT) a adopté ce 14 janvier 2026, à l’unanimité le projet de loi portant statut de la chefferie coutumière et traditionnelle. Cette réforme vise à sortir les autorités traditionnelles d’un flou juridique qui durait depuis des décennies. Jusqu’alors, ces institutions étaient souvent soumises aux influences changeantes du pouvoir exécutif. En les intégrant formellement dans l’ordonnancement juridique national, l’État burkinabè reconnaît leur rôle pivot dans la construction de la Nation tout en fixant des règles du jeu claires.
La politique et le syndicalisme désormais interdits. L’innovation la plus marquante de cette loi est l’instauration d’un devoir de réserve strict. Les chefs coutumiers et traditionnels ne peuvent plus être membres d’un parti politique ou d’un syndicat, ni se présenter comme candidats à des élections.
Cette disposition vise à garantir l’impartialité des chefs, qui sont avant tout des arbitres sociaux. Le texte stipule que tout chef désirant s’engager en politique doit impérativement renoncer à ses titres. Émile Zerbo, ministre de l’Administration territoriale, a souligné que ces autorités doivent « persévérer dans cette mission qui leur est naturellement dévolue », à savoir la médiation et la cohésion sociale, loin des divisions partisanes.

Pour mettre fin aux querelles de légitimité, la loi impose une formalisation sans précédent. Chaque communauté dispose d’un an pour codifier ses propres règles de dévolution du pouvoir. Un registre national des chefs sera désormais tenu et mis à jour par le ministère. Seuls les chefs régulièrement désignés et inscrits pourront bénéficier des avantages liés à leur rang.
La lutte contre les « imposteurs » devient pénale. Toute personne se proclamant chef sans avoir été régulièrement investie encourt une peine de trois mois à trois ans de prison et une amende pouvant atteindre cinq millions de francs CFA.

Le ministre d’ État chargé de l’administration territoriale Emile Zerbo a précisé, «ces textes permettront non seulement de sécuriser le costume de chef pour ne pas que n’importe qui puisse s’en emparer, mais aussi d’identifier un chef sur son véhicule par un macaron officiel ».
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Enfin, la loi rappelle que la chefferie doit respecter la forme républicaine et la laïcité de l’État. En cas de non-respect de ces principes, le chef s’expose à un retrait pur et simple du registre national.
Akim KY
Burkina 24




