Commune de Nanoro : L’ONG Res Publica et les populations s’unissent pour réparer la digue de Nazoanga
L’ONG Res Publica a lancé, le lundi 16 mars 2026, les travaux de réfection de la digue du barrage de Nazoanga, dans la commune de Nanoro, un ouvrage dont la dégradation a coûté la vie à huit personnes ces dernières années. Financé à plus de 38 millions de Francs CFA pour un délai d’exécution de 45 jours, ce projet repose sur un modèle de développement endogène : l’ONG assure 87 % du coût global, tandis que les populations locales contribuent activement à hauteur de 13 %.
Pour les habitants de Nazoanga, le trajet vers le centre de Nanoro ou vers les communes de Soaw et Pella ressemblait jusqu’ici à un défi quotidien, particulièrement périlleux durant la saison des pluies.
La dégradation avancée de la digue, dépourvue de protections et soumise à de fortes pentes, a transformé ce passage obligé en un lieu de drames récurrents.

Le bilan humain dressé par les riverains est de huit décès et de multiples accidents graves. André Kabré, infirmier à la retraite, se souvient des difficultés d’accès aux services de santé.
« En hivernage, une ambulance ne pouvait pas se déplacer au CSPS pour l’évacuation des malades. Une femme en travail a dû être transportée à moto ; elle a chuté sur l’ouvrage et a subi de graves blessures », a-t-il relaté.

Outre le risque humain, c’est tout un pan de l’économie qui s’essoufflait, l’accès aux zones de maraîchage devenant impraticable. Face à cette urgence, l’ONG Res Publica, partenaire historique de la région depuis 2001, a mobilisé un investissement de plus de 38 millions de Francs CFA. Ce projet se distingue par son approche participative. Si l’ONG finance 87 % du coût, la population locale contribue à hauteur de 13 %.
Salam Ouédraogo, Directeur Exécutif de Res Publica, a souligné cette philosophie. « Nous voulons que les projets soient initiés par les populations. Pour les rendre pérennes, il faut qu’elles se les approprient et les entretiennent, car ce sont des infrastructures vitales pour elles-mêmes », a-t-il expliqué.

Cette vision est partagée par Nourou Guiguimdé, Président de la Délégation Spéciale (PDS) de Nanoro, qui voit dans ce chantier une application concrète du développement endogène.
« Nous avons voulu réaliser cette réfection avec l’implication des communautés, que ce soit par la sensibilisation ou par leur apport physique », a-t-il indiqué.

L’entreprise ECODI SARL, chargée des travaux, dispose d’un délai de 45 jours pour transformer l’infrastructure. Le projet ne se limite pas à une simple remise en état, comme l’explique l’entrepreneur Mahamoudou Diallo.
« Nous allons redécaper l’emprise, réduire la pente pour aborder l’ouvrage avec moins de violence et, surtout, installer des garde-corps pour protéger ceux qui passent », a-t-il détaillé.

D’une longueur de 50 mètres pour 6 mètres de large, le futur radier devrait non seulement sécuriser le trafic, mais aussi redynamiser les échanges entre Nazoanga, le plus gros village de la commune après Nanoro-centre et le reste de la zone.
Pour le représentant du chef de Nanoro, Étienne Kafando, ce lancement est un « ouf de soulagement » qui transformera bientôt les souvenirs macabres de la digue en une nouvelle ère de mobilité et de sécurité.

Pour Salam Ouédraogo, cet investissement de plus de 38 millions de Francs CFA marque le renouvellement d’un lien historique, Nazoanga étant le premier village d’intervention de l’ONG.
Au-delà de ses axes classiques que sont la santé et l’éducation, l’organisation place ici sa responsabilité sociale au cœur de l’action pour répondre à l’urgence sécuritaire et économique des populations.

En privilégiant une approche participative, Res Publica s’assure que cet ouvrage, pilier du maraîchage local, soit désormais entretenu et préservé durablement par ceux qui l’utilisent.
Depuis 2001, l’ONG Res Publica est activement engagée dans les communes de Nanoro, Soaw et Pella, où elle multiplie les réalisations concrètes dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la sécurité alimentaire pour améliorer durablement le quotidien des populations.
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Akim KY
Burkina 24




