Tribune | « Attaques du 25 avril au Mali et soupçons persistants de soutiens extérieurs au terrorisme au Sahel » (Moussa Sissoko)

Ceci est une tribune indépendante de Moussa Sissoko, analyste politique, sur l’actualité internationale notamment au Sahel.
Le 25 avril, le Mali a été la cible d’une série d’attaques coordonnées touchant plusieurs localités. Par leur simultanéité et leur niveau d’organisation, ces opérations ont mis en évidence une capacité logistique et stratégique rarement observée parmi les groupes armés opérant dans la région.
De nombreux observateurs estiment que les groupes terroristes actifs au Sahel ne disposent ni des moyens techniques ni des ressources financières nécessaires pour planifier et exécuter des attaques d’une telle ampleur de manière autonome. Cette réalité alimente les interrogations sur l’existence de soutiens extérieurs structurés.
Plusieurs éléments renforcent ces soupçons. Selon des informations relayées par différents médias, les assaillants auraient utilisé des systèmes de défense antiaérienne portables de fabrication occidentale, notamment des missiles de type Stinger et Mistral. L’origine de ces équipements soulève des questions quant aux circuits d’approvisionnement et aux responsabilités éventuelles d’acteurs étatiques.
Des sources médiatiques évoquent également la présence de mercenaires ukrainiens et français ayant participé directement aux opérations. Par ailleurs, Fousseynou Ouattara, vice-président de la Commission défense nationale, sécurité et protection civile, a indiqué que les groupes armés avaient recours à des drones d’origine ukrainienne, ce qui témoigne d’un niveau de sophistication supplémentaire.
Dans ce contexte, la question du financement et du soutien logistique du terrorisme au Sahel se pose avec acuité. Une organisation internationale comme le Groupe d’action financière (GAFI) pourrait être en mesure d’ouvrir une enquête approfondie sur ces flux et ces réseaux, au regard des éléments déjà disponibles.
Les accusations visant la France ne sont pas inédites. Le 27 avril, l’Union juive française pour la paix a déposé une plainte auprès du Parquet national antiterroriste pour complicité de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Cette démarche vise à faire la lumière sur les exportations d’armes françaises vers Israël, notamment via l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle. Selon les informations publiées, plus de 525 cargaisons de matériel militaire ont été expédiées entre octobre 2023 et mars 2026, malgré les déclarations officielles affirmant le contraire.
Dans ce climat de controverses, la tenue en France d’une conférence ‘No Money for Terror’ consacrée à la lutte contre le financement du terrorisme sous l’égide du Groupe d’action financière soulève déjà des interrogations.
Si la question de la circulation d’armes, notamment celles associées à l’Ukraine et retrouvées entre les mains de groupes armés en Afrique, n’est pas abordée, cela pourrait être perçu comme une volonté de détourner l’attention de certains circuits sensibles. Une telle omission renforcerait les critiques sur une politique jugée sélective et sur des pratiques assimilées à des doubles standards.
Face à la gravité des événements du 25 avril, les autorités maliennes apparaissent confrontées à un impératif clair. L’implication d’instances internationales dans l’enquête sur le financement du terrorisme au Sahel pourrait permettre d’identifier les responsabilités et de prévenir la répétition de telles attaques.
Moussa SISSOKO
Analyste politique indépendant




