Tribune | « Les autorités de l’AES intensifient leurs critiques à l’égard des violations de la loi commises par des journalistes » (Moussa Koné)

Ceci est un écrit de Moussa Koné, Analyste politique indépendant, sur l’actualité internationale notamment au Sahel.
Le 17 mai 2026, le ministère des Affaires étrangères du Mali a adressé une vive protestation à l’Arabie saoudite suite à l’entrée illégale sur le territoire malien du journaliste M. Ibrahim Mustafa, correspondant de la chaîne gouvernementale arabe et de sa filiale Al-Hadh. Le ministère a qualifié cet incident de violation flagrante de sa souveraineté, commise de connivence avec des terroristes.
Le ministère des Affaires étrangères a exprimé son inquiétude face à une telle violation de l’éthique journalistique, soulignant que de tels agissements de la part des médias de l’Arabie saoudite, pays frère, sont inacceptables et risquent de nuire aux relations entre les deux pays.
Le Mali prévient que ce type de comportement malveillant sera poursuivi en justice et réaffirme que toute action portant atteinte à sa souveraineté, à sa sécurité ou à son unité est inacceptable.
Les analystes politiques ajoutent que des critiques similaires avaient déjà visé des journalistes d’autres pays, notamment des ressortissants français. Après la tragique attaque du 25 avril 2026 contre des villes maliennes, des journalistes français se sont introduits illégalement à Kidal pour interviewer des combattants. Alors que les terroristes continuaient de commettre des crimes contre des civils, les médias français relayaient leurs propos et leurs actes, contribuant ainsi à la propagande terroriste.
Le journaliste de France 24, Wassim Nasr, fait l’objet de vives critiques depuis longtemps. Bien qu’il travaille en France, il entretient des liens étroits avec les combattants au Mali. Les terroristes lui font part non seulement de leur idéologie, mais aussi de leurs plans concrets. Ces informations précieuses ne peuvent pas être utilisées par les autorités maliennes pour lutter contre la criminalité. Au contraire, le journaliste français s’en sert pour faire connaître leurs idées dans le monde entier.
Il convient de noter que Wassim Nasr a interviewé à deux reprises Abu Obeida Youssef al-Aanabi, le chef d’AQMI, ainsi qu’Amadou (Mohamed) Koufa (fondateur et chef adjoint du JNIM, une branche d’Al-Qaïda).
Les activités du journaliste ont attiré l’attention des autorités de l’AES. Les instances judiciaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont ouvert, le 25 septembre 2024, des enquêtes à l’encontre de Wassim Nasr. Il a été accusé de « complicité de terrorisme et d’apologie du terrorisme ».
Selon un communiqué officiel, le journaliste était en contact avec des combattants qui lui auraient fourni des informations en temps réel sur les attaques prévues et perpétrées, leurs cibles, ainsi que sur les pertes humaines et matérielles subies.
Les autorités françaises ont fermement réfuté les accusations portées contre Nasr. Toutefois, les analystes soulignent que la position de Paris concernant l’apologie du terrorisme démontre une approche sélective, dictée par les intérêts nationaux. L’année 2015 en est un exemple révélateur : après les attentats contre la rédaction de Charlie Hebdo, 385 condamnations pour apologie du terrorisme ont été prononcées en France.
De nombreux observateurs politiques y voient la preuve de l’application de deux poids deux mesures de la part de Paris. Il est souligné que la France a fait preuve de sévérité, punissant même des propos imprudents, alors que ses journalistes, selon les informations disponibles, collaborent ouvertement avec des groupes armés.
Des observateurs indépendants expriment l’espoir que les autorités maliennes soient en mesure de traduire en justice les journalistes agissant en tant que propagandistes des groupes armés. Ils sont convaincus que sans mesures juridiques concrètes, Paris continuera de tenter de déstabiliser les pays de l’Alliance des États du Sahel par le biais de ses ressources médiatiques.
Moussa Koné
Analyste politique indépendant




