OCADES Caritas Burkina : Plus de 6,3 milliards de F CFA investis en 2025 malgré la baisse des financements

L’Organisation Catholique pour le Développement et la Solidarité (OCADES Caritas Burkina) a présenté ce mardi 28 juillet 2026, son Rapport Annuel Consolidé 2025. Malgré une baisse de près de 30 % des ressources extérieures, le réseau a maintenu sa dynamique au profit de plus de 900 000 personnes.
Transparence et redevabilité. Ce sont les maîtres-mots qui ont guidé la conférence de presse animée par le secrétaire général de l’OCADES Caritas Burkina, l’Abbé Constantin Safanitié Séré. Face aux médias, le responsable religieux a présenté le bilan des actions menées au cours de l’exercice 2025 à travers les 15 diocèses du pays.
« En rendant compte publiquement de nos interventions, nous accomplissons un devoir qui nous tient particulièrement à cœur : celui de la redevabilité et de la transparence », a d’emblée déclaré l’Abbé Constantin Safanitié SERE, soulignant que cet exercice s’adresse autant aux partenaires qu’aux communautés bénéficiaires et au peuple burkinabè.

L’année 2025 s’est déroulée dans un environnement particulièrement exigeant, marqué par une reconfiguration des mécanismes de solidarité internationale. Le Secrétaire Général a notamment pointé du doigt la suppression du financement de USAID, une mesure qui a entraîné une baisse globale de près de 30 % des financements par rapport à l’année précédente, provoquant l’arrêt de certains projets et réduisant les capacités d’intervention du réseau.
Malgré cette conjoncture défavorable, l’OCADES Caritas Burkina a réussi à mobiliser et investir un montant global de 6 357 685 614 F CFA. Ces ressources ont permis d’apporter une assistance à 912 885 bénéficiaires directs. Un accent particulier a été mis sur le genre, puisque 529 697 femmes (soit 58 % de l’ensemble) ont bénéficié de ces actions. Un choix assumé par le Secrétaire Général, qui y voit la volonté de placer l’autonomisation des femmes au cœur du développement humain intégral.

Le rapport présenté par le secrétaire général de l’OCADES Caritas Burkina met en évidence une concentration massive des ressources sur les urgences, réparties en trois principaux domaines d’intervention. Il s’agit en premier lieu du secteur humanitaire, qui concentre à lui seul 78 % des investissements. Près de 5 milliards de francs CFA ont été consacrés à ce volet pour toucher 783 056 personnes.
Les réalisations englobent l’assistance alimentaire aux ménages déplacés, retournés et hôtes, la construction d’abris d’urgence, la prise en charge des survivantes de violences, la lutte contre la malnutrition infantile, la réalisation de forages et de latrines, ainsi que des appuis à l’éducation et à l’inclusion économique des jeunes et des femmes.
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Le secteur du développement agro-sylvo-pastoral n’est pas en reste : 21 % des investissements y ont été dédiés. Plus de 1,3 milliard de francs CFA ont soutenu 25 514 producteurs et éleveurs à travers des formations, des distributions d’intrants et d’équipements, ainsi que l’aménagement de périmètres productifs.
Enfin, plus de 52 millions de francs CFA ont été injectés dans l’environnement et le développement durable pour 104 315 bénéficiaires, finançant des actions de reboisement, la création de bosquets scolaires, la protection des berges du fleuve Mouhoun et la promotion des énergies renouvelables.
Pour l’Abbé Constantin Safanitié Séré, l’impact de ces chiffres s’incarne dans des réalités humaines concrètes, citant l’exemple de cette grand-mère de 78 ans à Bomborokuy « rentrée chez elle en dansant après avoir reçu une aide alimentaire », ou encore ce producteur de coton à Soubakaniédougou ayant régénéré sa terre grâce à l’agroécologie.
Cap sur la mobilisation des ressources endogènes en 2026
Rappelant que l’action humanitaire demeure très vulnérable aux fluctuations internationales, le Secrétaire Général a insisté sur la nécessité de renforcer le plaidoyer, de diversifier les partenariats et de promouvoir la mobilisation de ressources endogènes. Il a terminé son discours en exprimant sa gratitude à toutes les équipes qui ont travaillé dans l’objectif de faire bouger les lignes.

« Plus qu’un simple document de redevabilité, ce rapport est le témoignage d’un engagement collectif au service de la dignité humaine. Il nous rappelle qu’ensemble, malgré les difficultés, nous pouvons continuer à semer de l’espérance et à construire un avenir meilleur pour les populations du Burkina Faso », a-t-il achevé.
Flora KARAMBIRI
Burkina 24




