Réduction de la mortalité maternelle : La SOGOB plaide pour l’introduction de la carbétocine contre l’hémorragie du post-partum

La Société des Gynécologues et Obstétriciens du Burkina (SOGOB) a réuni journalistes, communicateurs et influenceurs lors d’un atelier de plaidoyer du 13 au 14 janvier 2026 à Ziniaré, dans le but de renforcer la lutte contre l’hémorragie du post-partum (HPP), première cause de décès maternels au Burkina Faso.
Malgré les progrès enregistrés ces dernières décennies, la santé maternelle demeure une préoccupation majeure au Burkina Faso. L’hémorragie du post-partum représente à elle seule environ 30 % des décès maternels.
Si la mortalité maternelle a reculé de 32 % en vingt ans, le ratio reste élevé avec 198 décès pour 100 000 naissances vivantes, loin de la cible des Objectifs de développement durable (ODD) fixée à moins de 70 d’ici 2030.
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« On ne peut pas dire qu’un pays est développé tant qu’il enregistre des taux élevés de mortalité maternelle », a rappelé le Pr Charlemagne Ouédraogo, président de la SOGOB. Selon lui, le Burkina Faso a certes réduit la mortalité maternelle au tiers sur les 30 à 40 dernières années, mais beaucoup reste à faire, notamment en matière d’innovation et de prise de décision politique.
À travers cet atelier, la SOGOB entend faire des professionnels des médias de véritables ambassadeurs du plaidoyer. L’objectif est de leur permettre de mieux comprendre les déterminants de la mortalité maternelle liée aux HPP et de porter ce combat auprès des décideurs publics.

« Nous avons souhaité que les hommes et femmes de médias soient à nos côtés pour porter la voix très haut auprès des autorités, afin que des décisions fortes soient prises pour accompagner le ministère de la Santé », a expliqué le Pr Ouédraogo. L’ambition affichée est claire. Il s’agit d’accélérer la réduction de la mortalité maternelle et tenir l’engagement de 2030.
En effet, les hémorragies du post-partum sont des saignements abondants survenant après l’accouchement. Elles peuvent être liées à plusieurs facteurs à savoir un utérus affaibli par des grossesses répétées, un accouchement difficile avec un gros bébé, des déchirures des voies génitales ou encore des complications lors de la délivrance, notamment au niveau de l’insertion du placenta.
Face à cette réalité, la prévention passe par des consultations prénatales de qualité, mais aussi par une prise en charge efficace et rapide au moment de l’accouchement, avec des médicaments adaptés.
La carbétocine thermostable, une innovation clé
Au centre du plaidoyer de la SOGOB figure l’introduction de la carbétocine thermostable, un médicament plus efficace et surtout résistant à la chaleur, contrairement à l’ocytocine actuellement utilisée, qui nécessite une chaîne de froid stricte.
« Dans certaines zones du pays, notamment celles confrontées à des défis sécuritaires, la chaîne de froid est difficile à maintenir, ce qui réduit l’efficacité de l’ocytocine », a souligné le président de la SOGOB. La carbétocine, qui ne nécessite pas de conservation au froid, apparaît ainsi comme une solution adaptée aux réalités du terrain, capable de réduire les évacuations sanitaires et de sauver des vies.
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« Il n’existe aucune maternité au Burkina Faso qui ne soit confrontée à l’hémorragie du post-partum », a insisté le Pr Charlemagne Ouédraogo. Cette omniprésence fait de la HPP un véritable problème de santé publique, appelant une mobilisation collective et des réponses structurelles.
À travers ce plaidoyer, la SOGOB espère non seulement influencer les politiques publiques en faveur de l’introduction de la carbétocine, mais aussi inscrire durablement la lutte contre la mortalité maternelle au cœur des priorités nationales. Car, comme l’ont rappelé les participants, aucune femme ne devrait perdre la vie en donnant la vie.




