Royaume-Uni : L’Université de Cambridge restitue 116 œuvres africaines pillées au Bénin et au Nigeria

Le Royaume-Uni franchit une étape majeure dans le processus de restitution du patrimoine africain. L’Université de Cambridge a officiellement transféré au Nigeria la propriété de 116 œuvres d’art africaines pillées à la fin du XIXᵉ siècle, sous apprend Africanews.
Ces objets, connus sous le nom de Bronzes du Bénin, avaient été saisis lors de l’expédition militaire britannique de 1897 à Benin City, dans l’actuel État d’Edo.
L’annonce a été faite conjointement par l’université britannique et la Commission nationale nigériane des musées et monuments (NCMM). Le retour physique des artefacts pourrait intervenir avant la fin de l’année 2026.
Les pièces concernées, sculptures, têtes commémoratives, plaques et bijoux en métal, sont conservées au Musée d’archéologie et d’anthropologie de Cambridge. Elles faisaient partie d’un ensemble d’œuvres réalisées entre les XVe et XIXe siècles dans l’ancien royaume du Bénin, reconnu pour la richesse artistique et spirituelle de son héritage.
Au-delà de leur valeur esthétique, ces œuvres représentent un symbole identitaire fort pour les communautés locales.
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La restitution fait suite à une demande officielle du Nigeria déposée en janvier 2022, soutenue par l’université puis validée par la Commission britannique des œuvres caritatives.
Si la majorité des pièces sera renvoyée au Nigeria, 17 œuvres resteront temporairement à Cambridge sous forme de prêt pour une durée initiale de trois ans, afin de demeurer accessibles aux chercheurs et au public.
Les autorités nigérianes prévoient d’exposer les artefacts dans des musées à Lagos et à Benin City, avec la perspective d’une exposition permanente. Pour Olugbile Holloway, directeur général de la NCMM, il s’agit d’un acte symbolique fort. « Ce n’est pas seulement la récupération d’objets, mais la restauration d’une part de dignité et de fierté », a-t-il indiqué
De son côté, Nicholas Thomas, directeur du musée de Cambridge, évoque un mouvement international croissant en faveur du retour des biens culturels acquis dans un contexte de violence coloniale.




