Écriture et Incubation : Comment « Buud-Maasom » veut révolutionner la série burkinabè

Le samedi 28 février 2026, la ville de Koupéla a accueilli le lancement officiel de « Buud Massom » ou «L’héritage familial ancestral». Ce projet de série télévisée, porté par Sentinelle Production, ambitionne de renouveler la fiction burkinabè en se focalisant sur les réalités et les langues du terroir.
« Buud Massom » est une chronique sociale de 26 épisodes, de 26 minutes chacun, entièrement conçue en milieu rural. Filmée originellement en langue mooré, elle sera doublée en français, dioula et peul. L’intrigue suit le combat de Yamdaaré, une jeune femme de 30 ans luttant pour préserver les terres de son clan face à la pression immobilière.

Le projet bénéficie de soutiens institutionnels majeurs, notamment le Ministère de la Communication, le Fonds de Développement Culturel et Touristique (FDCT) et la Coopération Suisse.
Contrairement à de nombreuses productions rapides, ce projet mise sur une phase de développement rigoureuse. Avant le tournage, deux résidences d’écriture et un suivi de plusieurs mois sont prévus pour affiner les scénarios et la « bible » artistique (décors, costumes, musique).

Guy Désiré Yaméogo, coordinateur artistique du projet, a souligné l’importance de cet ancrage lors de la cérémonie de lancement. « Si nous sommes réunis ici, ce n’est pas seulement pour écrire une série télé ou raconter des histoires, mais pour redonner une voix et un visage à ce que nous avons de plus précieux, c’est-à-dire à notre terre et à nos racines », a-t-il laissé entendre.

Au-delà du divertissement, la série se veut un outil de formation et de dialogue. Cinq étudiants en cinéma sont incubés dans le processus de création aux côtés de professionnels confirmés et de scénaristes venus du Sénégal, du Bénin ou du Maroc. Les thématiques traitées, comme la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs, visent à renforcer le vivre-ensemble.

Sa Majesté le Naaba Yemdé, Kourit-Yir Soaba, chef de Koupéla, présent lors du lancement, a salué cette démarche. « Cette initiative est salutaire. Cela permet de perpétuer nos valeurs traditionnelles et de les pérenniser. Nous serons fiers de voir nos œuvres être présentées et suivies à l’international », a-t-il salué.

Le projet cible prioritairement les populations rurales burkinabè et la diaspora, souvent en quête de programmes reflétant leur identité. Des discussions sont déjà engagées avec des chaînes comme la RTB 3 et le réseau international A+ pour assurer une large visibilité à cette œuvre qui se veut à la fois authentique et universelle.

Le projet, porté par Sentinelle Production, fait le pari de l’authenticité géographique et linguistique. La série sera entièrement tournée en milieu rural dans la province du Kouritenga, avec le Mooré comme langue originale de travail. Cette approche vise à offrir un miroir fidèle aux populations locales tout en valorisant le patrimoine culturel burkinabè.
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Akim KY
Burkina 24




